‹ Les engrais chimiquesChapitre 99 sur 154 · ANNONCÉS. OBTENUS · texte numérisé non relu

ANNONCÉS. OBTENUS

Pommes de terre 25,000 kil. 22,736 kil.

Froment 31 hect. 73

Avoine 45 — 42 60

Vit-on jamais un accord plus complet entre la théorie et l’expérience, la science et la pratique?

Mais là ne se borne pas le résultat de la campagne de 1868 ; nous lui devons encore d’avoir éclairé d’une lumière décisive certains points de pratique sur lesquels on pouvait avoir encore de l’hésitation.

J’avais signalé depuis longtemps les bons effets qu’on pouvait tirer des engrais chimiques employés en couverture au printemps. Des recherches nouvelles entreprises dans ce but spécial ont confirmé les premiers résultats, et je me demande très-sérieusement si cette méthode n’est pas appelée à devenir le procédé usuel. Cette année, au champ d’expériences de Vincennes, deux carrés qui n’ont cessé de produire du froment depuis 1860 étaient, au sortir de Fliiver, dans le plus piteux état. Au mois d’avril, le blé atait clair-semé, jaune, et ne promettait qu’une récolte insignifiante. Le 25 avril, une dose ordinaire d’engrais complet fut répandue en couverture sur l’un ; rien ne fut donné à l’autre. — En moins de quinze jours la végétation du premier avait éprouvé une véritable résurrection : favorisé par une pluie douce et fine qui avait suivi de quelques jours l’épandage de l’engrais, le blé changea de couleur et prit un essor dont l’activité contrastait avec ceux des carrés avoisinants qui avaient reçu la même dose d'engrais à l’automne.

Sur le carré qui n’avait pas reçu d’engrais supplémentaire, la récolte a été de 10 hectolitres 7 ; sur celui qui avait reçu l’engrais le 25 avril (ayez égard à la date), de 25 hectolitres 15 par hectare.

Chez les Trappistes de Notre-Dame des Dombes, le même fait a été observé. Un blé fumé à l’automne, qui était de toute beauté au mois d’avril, a moins rendu qu’un blé de très-pauvre apparence fumé en couverture au printemps.

Il est désirable que ces expériences soient reprises sur un assez grand nombre de points différents pour pouvoir prononcer avec une entière certitude sur le mérite respectif des deux méthodes.

Pour moi, éclairé par l’expérience de ces cinq dernières années, je n’hésite plus à conseiller d’employer le sulfate d’ammoniaque en deux fois, la moitié au printemps, et la moitié à l’automne; la division de la matière azotée permet de relever à la dernière heure les parties des cultures que l’hiver a le plus éprouvées. Je crois, en outre, qu’il y a toute sorte d’avantage à modérer pendant l’automne la formation des organes de nature herbacée.

Sur les terres où la verse est fréquente, la division de l’engrais est surtout de rigueur. Pour ces terres, le nitrate de soude doit même être préféré au sulfate d’ammoniaque; son action est moins brusque.

Les tremblements de terre qui se sont produits Tannée dernière sur les côtes du Pérou ont jeté le désarroi dans le commerce de ce produit. Tout le stock, et il était considérable, a été détruit ; la fièvre jaune qui a sévi sur le littoral a empêché les arrivages de l’intérieur. Pendant ce temps, les approvisionnements qui existaient en Europe se sont épuisés* et les premiers arrivages ont été littéralement enlevés par les fabricants de produits chimiques ; mais c’est là une situation transitoire qui ne peut se prolonger. L’exploitation des gisements qui existent au Pérou a été reprise avec plus d’activité que par le passé, et tout me porte à penser qu’au printemps prochain le prix du nitrate de soude sera vraisemblablement revenu à son cours primitif. En lui donnant la préférence sur le sulfate d’ammoniaque.

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