‹ Les engrais chimiquesChapitre 100 sur 154 · RÉSULTATS OBTENUS AU MOYEN DES ENGRAIS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

RÉSULTATS OBTENUS AU MOYEN DES ENGRAIS CHIMIQUES

l’agriculture favorisera le mouvement de baisse qui a commencé à se manifester sur ce produit.

Dernière observation : lorsqu’une culture de céréales, froment, orge ou avoine, est en mauvais état au mois d’avril, la terre ayant reçu cependant une bonne fumure à l’automne, avec 50 ou 100 kilogrammes au plus de sulfate d’ammoniaque, on peut encore la relever.il suffit d’une impulsion soudaine donnée à la plante, pour que l’engrais de l’automne, paralysé par une saison défavorable, produise son effet: mais plus la saison est avancée, plus il faut employer des doses modérées de matière azotée. A partir du 20 avril, il ne faut pas dépasser 100 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque ou 120 kilogrammes de nitrate de soude ; la moitié de ces doses est même le plus souvent suffisante.

Je dois ces indications, dont j’ai vérifié le bien fondé, au regrettable M. Schattenmann, qui avait une longue expérience de l’emploi de ces matières.

Lorsqu’on débute dans l’emploi des engrais chimiques, il est bien difficile de résister à la tentation d’outrepasser les doses que je prescris; leur effet est si rapide, les rendements si élevés, que malgré soi on est entraîné à ne recourir qu’aux formules intensives. Il n’y faut pourtant céder que dans une juste mesure.

Si on se reporte au répertoire général des résultats, on trouvera qu’à part quelques exceptions, les engrais modérés l’ont décidément emporté sur les formules intensives, pour la betterave, la pomme de terre, l’orge et la prairie. Pourquoi cette supériorité en faveur des engrais modérés? A cause de la sécheresse exceptionnelle qui a régné en 1868, pendant les mois de juillet et d’août.

Dans une année humide, les engrais intensifs produisent des rendements vraiment énormes ; mais si la sécheresse sévit et se prolonge trop longtemps, ils perdent une partie de leurs avantages et peuvent avoir même une action décidément nuisible.

Pour qu’une plante prospère, il ne suffit pas qu’elle trouve dans le sol tous les éléments qui lui sont nécessaires ; il faut encore qu’elle puisse les absorber tous dans les proportions du mélange primitif. Or, la sécheresse rompt cet équilibre. Les

diverses substances dont l’engrais se compose n’étant pas douées de la même soluJ)ilité , les sels ammoniacaux, notamment, l’étant plus que les phosphates, il se fait un véritable départ au sein de la terre, et les matières azotées sont absorbées de préférence aux autres termes de l’engrais. Or si, à la suite d’une sécheresse trop longtemps prolongée, l’exclusion des phosphates va au-delà d’une certaine, limite, les plantes peuvent en recevoir une atteinte mortelle. Pendant les années humides, les engrais intensifs reprennent l’avantage. Les rendements de 80,000 kilogrammes de betteraves par hectare, et de 25 à 30,000 pour la pomme de terre, n’ont rien que de très-ordinaire. Pour équilibrer les chances, le mieux est d’employer pour une part égale les engrais intensifs et jes engrais modérés ; on prévient ainsi tout événement, et la moyenne générale atteint le niveau le plus élevé.

J’ai dit au début de cet article que je me bornerais à comparer l’action du fumier et des engrais chimiques, voulant laisser la parole aux faits et ne pas anticiper sur leur conclusion légitime. Le résultat de cette comparaison est tout en faveur des derniers : leur action accuse une supériorité, une constance qu’il est impossible de méconnaître sans nier l’évidence ou manquer de bonne foi.

La question du rendement se trouvant donc résolue, faisons* un nouveau pas en avant : comparons cette fois le fumier et les engrais chimiques sous le rapport de la dépense.

LE PRIX DU FUMIER

J’ai cherché, dans mes Entretiens de 1867, à fixer avec exactitude le prix du fumier de ferme, et ce qui était plus difficile, à poser les principes d’après lesquels il doit être établi.

Trompé par l’antique croyance que la culture est tenue d’avoir pour point de départ l’élève du bétail et la production du

LE PRIX DU FUMIER

fumier de ferme, afin de masquer le côté onéreux du système, on a introduit dans la comptabilité agricole deux éléments contradictoires. Une denrée est-elle consommée dans la ferme, on Testime au prix de revient; est-elle portée au marché, on l’évalue au prix de vente. Quelle incroyable contradiction ! Fixer la valeur des produits, non d’après leur nature ou leur qualité, mais d’après la destination qu’ils reçoivent! Dans le meme bilan, la paille, la luzerne, l’avoine, sont cotées à un taux dilférent suivant la spécialité des comptes. N’y eût-il, entre l’étable et le marché, que la largeur de la route, la luzerne vaudra 60 fr. les mille kilogrammes ou seulement 30 ! Cette manière de compter est-elle admissible? Non, car elle a pour résultat de fausser le prix réel du fumier et de tous les produits animaux. Les denrées doivent donc être comptées à leur valeur réelle, et leur prix cesser d’avoir pour régulateur la fantaisie, l’ignorance ou l’arbitraire d’un comptable. Pour ramener l’ordre et la lumière dans les comptes agricoles, il faut procéder comme on le fait avec tant d’intelligence et de sagacité dans l’industrie : il faut isoler chaque opération, lui ouvrir un compte séparé, débiter l’opération de tout ce qu’elle emploie ou consomme au prix de vente, déduction faite d’une bonification de 10 à 15 p. 100 pour compenser les frais de transport que leur vente au marché aurait entraînés et que l’on n’a point supportés. A cette condition, tout s’harmonise, et la vérité se dégage avec facilité jusque dans les moindres détails.

Trois comptes établis d’après ces données, dans nos Entretiens de 1867, ont fait ressortir le prix du fumier à

26 fr. )) la tonne, chez M. Schattenmann.

i l » — chez M. Cavallier, en donnant aux ani-

maux des joncs et de la paille de colza pour litière.

15 85 — chez M. Cavallier, les joncs étant rempla-

cés par de la paille de froment.

14 87 — chez M. Boussingault.

Depuis cette époque, j’ai cherché à contrôler ces prix par tous les moyens possibles, et je suis arrivé à la conviction que la

moyenne de 15 fr. la tonne que j’ai admise était dans la grande généralité des cas de 4 à 5 fr. au-dessous de la vérité.

Il est manifeste qu’on ne saurait poser à cet égard de règle absolue; le prix du fumier doit varier à l’infini, car il est affecté par tous les éléments qui entrent dans l’économie d’une exploitation. Pour obtenir une moyenne tant soit peu générale, il faut se fonder sur un grand nombre de comptes différents. Malheureusement ces documents sont rares et difficiles à se procurer. Je vais cependant en présenter cinq nouveaux qui se rapportent à deux exploitations différentes et ont été établis par spécialité d’animaux.

La question du fumier, à quelque point de vue qu’on l’envisage, est de celles qu’il faut traiter sans parti pris et sans idée préconçue. Je sens mieux que je ne saurais le dire combien ma position m’impose de réserve et de circonspection. Mon nom est trop étroitement lié au sort des engrais chimiques pour qu’on ne se tienne pas en défiance contre mes conclusions. Loin de m’en affliger, je m’en réjouis presque, parce que j’ai le ferme espoir qu’après m’avoir lu on sera forcé de revenir de celte prévention.

J’ai dans l’avenir du système agricole que je préconise une foi trop entière pour ne pas éviter tout ce qui pourrait ressembler à une exagération. A quoi sert-il de sortir des limites du vrai? N’est-ce pas aller au-devant d’une condamnation certaine? Je l’ai dit déjà et je tiens à le répéter, je n’estime les systèmes agricoles que par le profit qu’ils procurent (à la condition, bien entendu, qu’il n’est pas porté atteinte à la fertilité initiale du sol), et si j’attache tant d’importance à fixer avec exactitude le prix du fumier, c’est parce qu’il est le régulateur par excellence de tous les profits.

Qu’on me pardonne cette digression; elle m’était presque imposée par ma situation particulière. A défaut d’autre mérite, elle aura montré combien je suis pénétré du désir de contribuer à la solution de cette question primordiale qui réagit, en agriculture, sur toutes les autres.

Il y a dans la question du fumier deux choses qu’on ne saurait trop s’appliquer à ne pas confondre : sa valeur intrinsèque et son prix de revient.

LE PRIX PU FUMIER

Qu’appelons-nous la valeur intrinsèque du fumier? Son estimation déduite de sa richesse en acide phosphorique, potasse, chaux et matière azotée, estimés aux taux des produits chimiques correspondants. Si le prix de revient du fumier est inférieur à sa valeur effective, on doit s’efforcer d’en accroître la production; si, au contraire, il la dépasse, il faut réduire le nombre des animaux, et remplacer dans une certaine mesure le fumier par les engrais chimiques. A cette condition on est sûr de produire avec profit. Insistons sur ce point dont l’importance est capitale.

Quelle est, au prix du jour, la valeur du fumier déduite de sa richesse? 14 fr. la tonne. Mais ce taux doit subir une réduction d’au moins 2 fr. par tonne, ce qui donne 12 fr. comme expression de la valeur intrinsèque d’une tonne de fumier.

Pourquoi cette réduction de 2 fr. sur le prix déduit de la richesse? Parce que l’azote n'est pas dans le fumier sous une forme entièrement assimilable comme dans les engrais chimiques, qu’il s’en perd un grand tiers à l’état de gaz azote, par suite de la décomposition du fumier dans le sol; il y a donc là une perte dont il faut tenir compte.

La valeur utile du fumier se trouvant fixée à 12 fr. la tonne, quel est, au vrai, son prix de revient?

Le premier compte qui va nous occuper m’a été communiqué par M. Caillet, ingénieur civil, et provient d’une très-belle exploitation, la Normanderie^ située dans les environs d’Alençon, où l’on engraisse chaque année un grand nombre de bœufs avec la pulpe d’une distillerie annexée à la ferme.

extrait du compte des Bœufs à la Mormanderle (Orne).

Le mètre cube. Les 1,000 kil.

Le mètre cube (750 kil.) à 5 fr. à la

sortie de la fosse 5f. » 6f.66

Curage de la beuverie, arrosage des fumiers » 40 » 54

Chargement et transport par un homme

A reporter. 5f. 40 7 f. 20

Report

et les chevaux de la ferme (les chevaux à 3 fr. du collier)

Épandage

00 oc

Perte sur le compte de la beuverie 6,815 fr. 03:

Fumier produit : 1488"^ = 6,815 fr. 05 : 1418 = 4 fr. 8060

Totaux

11 f.'lB

Ainsi, dans une exploitation à laquelle est annexée une distillerie, le fumier revient à 14 fr. 89 les 1,000 kilog.

Mais ce que je n’ai pas dit et ce qu’il faut ajouter, c’est que les animaux recevaient pour litière de la bruyère, valant 20 fr. les 1,000 kil., tandis que la paille en vaut 43, et que s’ils avaient reçu de la paille, le prix du fumier aurait dépassé vingt francs LES 1,000 KILOGRAMMES.

Dans l’économie de ce compte, les fourrages, la paille et la pulpe sont comptés au prix de vente, avec déduction de 15 p. 100 pour compenser les frais de transport que la vente au marché aurait entraînés. Dernière remarque bien digne de n’être pas omise : les frais accessoires pour le curage des étables, le chargement, le transport et l’épandage du fumier à la surface des champs s’élèvent à 1 fr. 82 par 1,000 kilog., soit 109 fr. 20 pour une fumure de 60,000 kil. !

Je passe à l’examen de quatre comptes nouveaux divisés par catégories d’animaux, et se rapportant à une très-belle exploitation située dans le département des Ardennes, qui appartient à l’honorable M. Autier. Là, pour une production de 1,464,000 kilogr., la dépense s’est élevée, dit-on, à 21,537 fr. 54, ce qui porte le prix du fumier à 14 fr. 70 les 1,000 kil. L’examen détaillé de ces comptes va nous conduire à une conclusion bien différente. Nous allons trouver, en effet, qu’au lieu de 14 fr. 70, que suppose M. Autier, le fumier lui revient à plus de 23 fr. la tonne.

Gomment est-il possible, en partant des mêmes éléments, d’arriver à des conclusions si différentes? Parce que M. Autier, dont les comptes dénotent une rare intelligence commerciale, impute

LE PRIX DU FUMIER

au travail des animaux une partie de la dépense qui devrait peser sur le fumier. Il surélève arbitrairement le prix de la journée de travail, ce qui a pour conséquence de réduire d’autant le prix du fumier. Pour justifier mes critiques, je vais faire passer sous vos yeux chaque compte séparément, en commençant par les comptes les plus simples, de façon à poser chemin faisant les principes d’après lesquels les prix respectifs du travail des animaux et du fumier doivent être fixés dans les comptes plus complexes où ils figurent tous deux.

Je commence par les comptes des bêtes de rente, comprenant les porcs, les moutons, les vaches. Ici tout est simple. La dépense étant balancée par le produit des ventes, il n’y a pas de dissentiment possible. Tout est connu et défini avec la dernière rigueur :

Compte des Porcs (23 têtes).

DOIT

Dépenses du mars i868 au 28 février 1809.

Il existait, au ier mars 1868, 31 têtes estimées 1,585 fr. »

— — valeur du mobilier et outiU^ae. 1,578 65

Consommation. Farines diverses, 5,535 kil. à 30 fr. les

100 kil 1,060 50

— Sonetgruau, l,257kil.àl5fr. leslOOkil. 188 55

— Griblures, 2,647 kil. à 10 fr. les 100 kil. 264 70

— Seigle, 420 litres à 20 fr. les 100 litres.. 82 25

— Orge, 45 litres à 10 fr. les 100 litres ... 4 50

— Lait, 2,373 litres à 0 fr. 081e litre 189 84

— Lait écrémé, 3,995 litres, à 0 fr. 04 le lit. 172 30

— Eaux grasses et petit lait, 29,527 litres à

0 fr. 01 le litre 295 27

— Topinambours, 3,350 kil. à 20 fr. les

1,000 kil 67 »

» — Carottes, 250 kil. à 35 fr. les 1,000 kil. . 8 10

— Pommes de terre, 7,280 lit. à 4 fr. Thect. 291 20

— Glands, 968 litres à 2 fr. 25 l’hect 21 78

A reporter 6,409 fr. 64

Report 6,409 fr. 64

Consommation. Pulpes de distillerie, 11,575 kil. à 8 fr.

les 1,000 kil 92 60

Pulpes de sucrerie, 4,925 kil. à 16 fr. les

1,000 kil 78 80

— Pailles diverses, 26,756 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 936 46

— Trèfle vert, 13,260 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 198 88

Dravière d’été, 1,405 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 21 07

— Pâturage 40 27

Achat de 3 porcs craonnais 465 »

Transport (moitié) 49 35

Castration de porcs 24 50

Tuage 4 »

Gages et nourriture du porcher 559 15

Intérêts à 5 p. 100 portant sur 3,163 fr. 65, capital vivant et mobilier 158 18

Total 9,037 fr. 90

AVOIR

Produits du R'^mars i868 cm 28 février i869.

Fumier, 92,000 kil. à 6 fr. 50 les 1,000 kil 598 fr. »

Porcs tués pour la consommation du ménage, 880 kil. . 1,178 50

Porcs vendus, 101 2,631 60

Saillies • . 35 »

Travaux divers faits par le porcher 220 »

Au l®r mars 1869, valeur des 23 têtes existant 2,567 «

— valeur du mobilier et de l’outillage. . . 1,586 15

Total .t 8,816 fr. 25

Dépenses 9,037 fr . 90

Produits 8,816 25

Perte

LE PRIX DU FUMIER

La perte de 221 fr. 65, répartie sur 92,000 kil. de fumier produit par la porcherie dans un an, donne par 1,000 kil.

une augmentation de 2 fr. 40

Prix du fumier arbitré dans le compte 6 50

Prix réel du 1,000 kil. de fumier de porc 8fr.90

Ici, pas d’hésitation : le fumier revient à im prix plus avantageux f|ue les engrais chimiques.

Compte des Moutons (819 têtes).

DOIT

Dépenses du mars 1868 au 28 février 1869.

Au l®r mars 1868, il existait 66J têtes estimées 23,016 fr. 40

— Mobilier et outils des bergeries 2,145 80

Consommation. Pulpes de distillerie, 127,890 kil. à

8 fr. les 1,000 kil 1,023 12

Pulpes de sucrerie, 56,930 kil. à 16 fr.

les 1,000 kil 964 88

— Menues pailles, 22,966 kil. à 35 fr. les

— Dravière d’hiver, 3,607 gerbes à 0 fr. 32. 1,264 67

— Dravière d’été, 21,250 gerbes à 0 fr. 015. 318 75

— Avoine en grains, 7,179 kil. 500 à 20 fr.

les 100 kil 1,427 90

— Avoine en gerbes, 550 gerbes 207 40

— Trèfle blanc, 5,280 kil. à 40 fr. les

1,000 kil 208 15

— Trèfle blanc, 46,110 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 691 65

— Trèfle sec, 51 ,650 kil. à 40 fr. les 1,000 kil. 2,066 »

— » Foin de pré, 13,173 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 658 70

— Regain, 4,179 kil. à 40 fr. les 1,000 kil. 167 16

Tremois en grains, 3,668 litres 391 25

— Tourteaux, 12,491 kil. à 15 fr. les

100 kil 1,873 80

— Son et gruau, 895 kil . à 15 fr . les 100 kil. 134 25

 reporter. 37,408 fr. 45

LES ENGRAIS GIIIMiaUES.

Report 37,408 fr. if)

l^onsomrnation. Farine de tremois, 250 kil. à 30 fr. les

100 k il 75 »

— Blé de mars, 630 kil. à 40 fr. les

1,000 kil 25 20

Luzerne sèche, 12,977 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 648 87

— Ratellures diverses, 3,300 kil. à 35 fr.

les 1,000 kil 115 50

— Pailles diverses, 88,825 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 3,108 87

— Pailles de colza, 9,925 kil. à 30 fr. les

1,000 kil 297 50

— Pâturage à prairies 1,703 95

— Nourriture des chiens 252 »

Lavage des moutons et tonte 234 87

Travaux divers (sortir et rentrer terres et marne, sortir

fumier des bergeries) 512 85

Gages et nourriture des bergers 1,439 43

Achat de tabac 3 75

Achat de brebis (frais de courses et transport) 3,977 40

Achat d’un bélier southdown 340 30

Intérêts à 5 p. 0/0 po liant sur 25,162 fr. 20, capital vivant et mobilier 1,258 11

Total 51,401 fr. 05

AVOIR

Produits du fer y)uvrs 1808 au 28 février 1860,

Fumier, 440,000 kih à 6 fr . 50 2,860 fr. »

Moutons tués pour le ménage, 2I4 kil. à 1 fr. le kil. . . 214 »

Moutons vendus 6,912 »

Laine vendue 5,391 82

Peaux de moutons vendues 109 50

Valeur du troupeau au lef mars 1869 24,932 30

Valeur du mobilier et de l’outillage 2,203 97

Total 42,623 59

LE PRIX DU FUMIER

Dépenses 51 , 401 fr . 05

Produits 42,623 59

Perte 8,777 fr. 46

La perte de 8,777 fr. 46, répartie sur 440,000 kil. de fumier produit par les moutons dans un an, donne par

1,000 kil. une augmentation de 21 fr. 86

Prix du fumier arbitré dans le compte 6 50

Prix réel de 1,000 kil. de fumier de mouton 28 fr. 36

Cette fois la différence est tout en faveur des engrais chimiques. Ce résultat s’explique par la baisse du prix des laines, produite par les importations de jour en jour plus considérables des laines d’Australie.

Compte des Vaches (48 têtes).

DOIT

Dépenses du mars i868 au 28 février i869.

Au leï" mars 1868, il existait 40 têtes, pesant 16,220 kil.,

estimées 11 ,401 fr. 60

— Mobilier et outils des écuries estimés. 772 45

Consommation. Pulpes de distillerie, 188,487 kil. à 8 fr.

les 1,000 kil 1,507 89

— Menue paille, 21,254 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 743 87

— Foin de prés, 18,749 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 937 40

— Regain, 9,523 kil. à 40 fr. les 1,000 kil. 380 92

— Trèfle sec, 100 kil. à 40 fr. les 1,000 kil. *4 »

— Trèfle vert, 42,100 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 631 50

— Luzerne verte, 1,855 kil. à 15 fr. les

— Herbes diverses, 14,335 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 215 02

16,622 fr. 47

A reporter

Report 16,622 fr. 47

Consommation. Dravière d’été, 39,345 kil. à 15 fr. les

1,000 k il 590 17

-- Millet, 9,725 kil. à 15 fr. les 1,000 kil. 145 87

— Moutarde, 12,810 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 192 15

— Feuilles de navet, 6,300 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 94 50

Pailles diverses, 83,975 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 3,114 17

— Pailles de colza, 7,000 kil. à 30 fr. les

1,000 kil 210 »

— * Topinambours, 10,490 kil. à 20 fr. les

1,000 kil 209 80

— Carottes, 448 kil. à 30 fr. les 1,000 kil. 13 44

~ Avoine en grains, 927 kil. 500 à 20 fr.

les 100 kil 185 50

— Orge, 122 kil. à 20 fr. les 100 kil 24 40

— Farines diverses, 1,600 kil. à 30 fr. les

100 kil 480 »

“* Son et gruau, 649 kil. à 15 fr. les 100 kil. 97 35

— Tourteaux, 6,503 kil. à 15 fr. les 100 kil. 975 45

— Lait donné aux veaux, 9,301 litres à

0 fr. 08 le litre 744 08

— Lait écrémé, 8,606 lit., à 0 fr. 04 le lit. 344 24

— Œufs, 19 à 0 fr. 05 95

— Pâturages à prairies 437 50

Achat de 6 vaches femelines et 1 taureau (transport

compris) 2,847 75

Achat de 1 taureau femelin à Apremont 250 »

Frais de transport du taureau 24 80

Achat de 2 petits bœufs 101 »

Gages et nourriture des vachers 1,160 08

Intérêts à 5 p. 100 sur 12,174 fr. 05, capital vivant et mobilier 608 70

Totai 29,474 fr. 37

LE PRIX DU FUMÎRR

WJ

AVOIR

Produits du mars 1868 au 28 février 1869,

Lait, 37,806 litres à 0 fr. 08 le litre 3,024 fr. 48

Fumier, 474,050 kil. à 6 fr. 50 les 1,000 kil 3,081 32

Saillies 8 »

Vente des vaches nos 18 et 19 583 »

— ” de 2 veaux 88 »

— de 2 bœufs nos 08 et 69 1,141 »

— à récurie des bœufs de trait, 5 bœufs pesant

1 ,830 kil. à 70 fr. les 100 kil 1,281 »

— 1 veau 36 »

1 vache no 11 403 20

— • 2 bœufs nos 40 et 43 1,170 »

— à l’écurie des bœufs de trait, 3 bœufs pesant

940 kil. à 70 fr. les 100 kil 658 »

— 3 vaches nos 10, 20 et 16 870 »

Il existe au l®'^ mars 1869 48 têtes, pesant 18,980 kil.,

*—• — Mobilier et outils des écuries. 806 30

Bénéfice produit par la laiterie 317 93

Total 26,400 fr. 73

Dépenses 29, 474 fr. 37

Produits 26,400 73

Perte 3,073 fr. 61

La perte de 3,073 fr. 64, répartie sur 474,000 kil.

de fumier produit par la vacherie dans un an,

donne par 1,000 kil. une augmentation de 6fr. 48

Prix du fumier arbitré dans le compte 6 50

Prix réel de 1,000 kil. de fumier de vache 12 fr. 98

Cette fois, il y a équilibre : le fumier est à son prix. Pour être tout à fait rigoureux, il eût fallu déterminer par des analyses séparées la composition de chaque nature de fumier. Mais ces appréciations, parfaitement judicieuses et fondées en principe,

270 LESy ENGRAIS CHIMIQUES.

nous feraient tomber dans des minuties auxquelles la pratique ne peut pas descendre.

J’arrive aux comptes des bêtes de trait.

Ici le problème se complique. A quel taux faut-il compter le travail des animaux? 11 est manifeste que si on distrait du compte le travail et le fumier, il se solde en perte, et que, suivant le prix attribué au travail, le fumier ressortira ou trèscher ou très-bon marché. En réalité, ce compte est l’équivalent d’une équation à deux inconnues. La valeur de l’un de ces termes, travail et fumier, dépend de la valeur que l’on assigne à l’autre.

D’après quelles données lixera-t-on le prix du travail? Il y a deux solutions.

On peut prendre pour prix de la journée des chevaux celui qu’on paye dans la localité aux tâcherons qui vont à la journée avec leur attelage. — Dans ce cas les attelages sont assimilés à un atelier indépendant devant produire son profit.

Deuxième solution. Les denrées de consommation étant livrées aux écuries au prix du marché, ce qui assure à la culture le bénéfice qui lui est dû, on peut donner pour prix du travail les frais de nourriture et d’entretien, comprenant les gages des domestiques, l’usure du matériel et l’intérêt du capital employé. Dans ce cas le travail ne donne pas par lui-même de bénéfice : on l’assimile à un débouché sur place.

Laquelle de ces deux solutions doit-on préférer? Au lieu de choisir, en me fondant sur des considérations théoriques, je trouve préférable de procéder par analogie, et d’amener le lecteur à décider lui-même sous la pression des exemples que j’aurai rapportés.

Supposons donc une affaire par action, très-complexe, comprenant un charbonnage, une ferme et une sucrérie.

La ferme livre des betteraves à la sucrerie. — A quel prix doit-elle les lui compter? A celui que la sucrerie paye à ses autres fournisseurs. Ceci est élémentaire. Pour savoir d’où viennent les dividendes distribués chaque année aux actionnaires, il faut que chacune des trois opérations agisse et se meuve d’une vie propre.

r LE PRIX DU FUMIER. 271

Si donc le charbonnage livre de la houille à la ferme et à la sucrerie, il doit la leur vendre au cours.

Ceci continue à rallier tous les suffrages par son évidence.

La sucrerie absorbe, pour le râpage des betteraves, le travail des presses et celui des turbines, une force de 80 chevaux vapeur. Gomment établit-on le compte de la force motrice ?

En débitant le compte de la consommation de la houille des frais de manœuvres, entretiens, réparations, de l’intérêt du capital représenté par les machines et les constructions, plus d’un amortissement destiné à reconstituer ce capital dans une période de dix ou quinze années. — Le crédit de compte se balance par le travail défini numériquement en chevaux vapeur. Personne n’a jamais eu l’idée de vouloir fixer le prix du travail par celui d’un entrepreneur à forfait. Quel avantage y aurait-il à faire une opération à part du travail des machines et à l’affecter d’un bénéfice qui viendrait en déduction de celui produit par la sucrerie dont la machine est un simple rouage ? Ici encore l’évidence des faits emporte la conclusion.

Nous admettrons donc que le travail des attelages ne doit figurer dans les comptes que pour mesure d’ordre, et qu’en fait il n’est et ne peut être qu’une simple transformation de valeur.

Le prix du travail aura donc pour expression les frais d’entretien, dans lesquels les fourrages et la paille ayant été cotés au prix du marché, ont sauvegardé le profit qui appartenait à la culture.

Le compte des bêtes de trait se trouvant fixé par ces explications, efforçons-nous d’en dégager la véritable signification.

Voici d’abord le compte des chevaux, tel que M. Autier l’établit.

Compte des Chevaux (16 têtes).

DOIT

Dépenses du mars 1868 au 28 février 1869.

Il existait au 1®^’ mars 1868 19 têtes estimées 8,100 fr. »

— — Mobilier et outils des écuries. 2,180 »

Consommation. Avoine en grains, 23,122 kil. 500 à

20 fr. les 100 kil 4,624 50

— Seigle, 80 litres à 20 fr. les 100 litres. 16 »

— Blé, 120 litres à 25 fr. les 100 litres. . . 30 »

— = Farines diverses, 2,088 kil. à 30 fr. les

100 kil 626 40

Son et gruau, 801 kil. à 15 fr. les 100 kil. 120 15

~ Carottes, 5,325 kil. à 30 fr. les 1,000 kil. 159 75

Paille hachée, 2,605 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 91 17

— Foin de prés, 43,393 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 2,169 65

=— Luzerne, l^*® coupe, 9,359 kil. à 50 fr.

les 1,000 kil 467 95

— Trèfle vert, 6,985 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 104 77

— Pailles diverses, 46,260 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 1,619 10

— Pailles de colza, 2,000 kil. à 30 fr. les

1,000 kil 60 »

— Pâturage à prairies 122 50

— Tabac 3 75

Frais d’annonce pour l’étalon Houp-là 4 80

Gages et nourriture des charretiers 2,815 06

Charretiers supplémentaires 274 35

Frais d’entretien des équipages, ferrage, vétérinaire,

éclairage, etc 1,925 »

Intérêts à 5 p. 100 sur 10,280 fr., chevaux et matériel . 514 »

Total 26,028 fr. 90

LE PRIX Dü FUMIER.

xvoiR :

Produits du mars i808 au 58 février i869.

Fumier, 186,000 kil. à 6 fr. 50 1,209 »

Journées de travail, 3,676 1/2 à 4 fr 14,706 »

Vente de la jument Duchesse 425 »

Chevaux morts ou abattus, 3 à 15 fr 45 »

Saillies, 10, dont 9 à 15 fr. et 1 à 10 fr 145 »

Travaux supplémentaires des charretiers 96 12

Valeur des chevaux existant au mars 1869 6,800 »

Valeur du mobilier et de l'outillage des écuries 2,162 Ib

Total 25,588 fr. 87

Dépenses 26, 028 fr . 1 10

Recettes 25,588 87

Perte 440 fr. 03

La perte de 440 fr. 03, répartie sur 186,000 kil. de fumier produit dans un an, donne par 1,000 kil. une

augmentation de

Prix du fumier arbitré dans ce compte

2fr.41p.l,0(Xl'‘ 6 50 —

Prix réel de 1,000 kil. de fumier de cheval 8fr. 91

8 fr. 91 ! On va voir que ce prix est inférieur de 23 fr. 98 au prix réel, qui est de 32 fr. 59 la tonne.

Comment un pareil écart est-il possible en se fondant sur les mêmes données? Je vous l’ai dit: parce que M. Autier impute aux journées de travail les frais de nourriture et d’entretien pendant toute la durée de l’exercice. Il fait supporter aux journées de travail la dépense effectuée pendant les journées de repos et de chômage. Moi, au contraire, je répartis la totalité de la dépense sur le nombre des journées compris dans l’exercice, sans distinction de leur affectation au travail et au repos. C’est ainsi qu’au lieu de 4 fr. admis par M. Autier, je suis amené à fixer le

prix (le la journée à 2 fr. 80 (1). Celte somme représente la dépense réelle d’une journée, tout compris, nourriture, entretien, gages de domestiques, intérêts des capitaux, etc.

Les chevaux sont-ils occupés? Les frais sont balancés par le travail, et le fumier ressort en bénéfice.

Au contraire, sont-ils au repos? On les assimile aux bêtes de rente. Cette fois les frais de nourriture et d’entretien n’ayant plus pour contre-valeur que le fumier, le fumier ressort à un prix très-élevé. ■

Dans le premier cas il y a gain, et perte dans le second ; le prix réel du fumier résultant de la fusion de ces deux éléments a pour expression le montant des frais pendant la période de repos, et n’étant qu’une contre-valeur, le compte précédent doit revêtir cette nouvelle forme.

DOIT

Valeur des animaux 8,100 fr. »

Mobilier des écuries 2,180 »

Frais de nourriture 10,220 59

Frais d’entretien * * * . 1,925 »

Gages des charretiers 3,089 31

Intérêts des capitaux à 5p. 100^ pour 11, 489Î 40. 514 n

26,028 fr. 90

AVOIR

Valeur des animaux 6,800 fr. »

Mobilier 2,162 75

3,676 journées de travail, à 2 fr. 80 10,292 80

Vente de la jument Duchesse 425 »

10 saillies de l’étalon 145 )>

Travaux divers par les charretiers 96 12

3 chevaux abattus à 15 fr. fun 45 »

186 tonnes de fumier, pour balance 6,062 23

6,062 fr. 23 186 t.

26,028 fr. 90

~ 32 fr. 59, prix de la tonne de fumier.

(1) Elle est de 3 fr. dans le compte de M. Caillet.

LE PRIX DU FUMIER

Préférez-vous conserver au compte la forme que M. Autier lui a donnée? Vous n’y gagnerez rien, car si le fumier y figure à un prix réduit, les frais de labours y atteignent des proportions inadmissibles.

S’il vous restait un doute sur la légitimité des rectifications que j’indique, pour les justifier, il me suffirait de vous présenter le compte des bœufs. Ici il n’est pas possible d’annuler la période de repos au profit de la période de travail ; le débit de chaque période est balancé par un produit différent: la viande et le travail, qui font tour à tour des bœufs des bêtes de rente ou des bêtes de trait.

Mais ne nous lassons pas, et pour faire la lumière ne craignons pas de remonter aux éléments les plus reculés de l’opération.

Lorsqu’on annexe une distillerie à une ferme, comme c’est le cas chez M. Autier, que se propose-t-on? De suppléer à l’insuffisance de la prairie et d’accroître la production du fumier au moyen de la pulpe de betterave. On fait plus : on exagère le nombre des bœufs que réclame l’exploitation, et l’on spécule sur leur engraissement.

De là deux périodes dans l’opération : les bœufs travaillent, leur travail paye leur entretien, le fumier ressort à 0 : c’est le bénéfice.

Les bœufs sont au repos : ils produisent de la viande et du fumier ; le produit de la viande étant fixé par la vente des animaux, le solde débiteur qui balance le compte a pour contre-valeur le fumier dont il fixe le prix.

Cette fois encore, la somme du fumier produit dans les deux périodes de travail et de repos a pour expression les frais d’entretien et de nourriture pendant la seule période de repos et d’engraissement.

Si on impute aux journées de travail la totalité de la dépense, on réduit à la fois le prix de revient de la viande et du fumier de tout ce qui charge arbitrairement celui du travail.

Pour mieux préciser ces remarques, voici d’abord le compte des bœufs dans la forme que M. Autier lui a donnée :

LES ENGKAIS CHIMIQUES.

Compte des Bœufs (31 têtes).

DOIT

Dépemses thi ier mars 1808 au ^8 février 1860.

Il existait au 1er mars 1868 26 têtes, pesant 15,170 kil.,

estimées 10,619 fr. »

Mobilier et outils des écuries. 870 40

Consommation. Menue paille et silique, 12,356 kil. à

35 fr. les 1,000 kil 432 46

— Pulpes de distillerie, 123,010 kil. à 8 fr.

les 1.000 kil 984 08

— Foin de prés, 49,370 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 2,468 50

Trèüe sec, 40,517 kil. à 40 fr. les

1,000 kil 1,620 68

— Trèfle vert, 48,615 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 729 22

Luzerne sèche, 850 kil. à 50 fr. les

1,000 kil 42 50

— Luzerne verte, 8,530 kil. à 15 fr. les

1,000 kil 127 95

Pailles diverses, 71,120 kil. à 35 fr.

les 1,000 kil 2,488 89

— Pailles de colza, 2,500 kil. à 35 fr. les

1,000 kil 87 50

— Pâturages 172 »

— Avoine en grains, 1,939 kil. à 20 fr. les

100 kil 387 80

— • Tourteaux, l,350kil.àl5fr. les 1,000 kil. 202 50

— Farines diverses, 538 kil. à 30 fr. les

100 kil 161 40

Gages et nourriture des bouviers 3,203 32

Bouviers supplémentaires 108 45

Achat à la vacherie de 8 bœufs pesant 2,770 kil. à 70 fr.

les 100 kil 1.939 »

Achat d’un jeune bœuf de 18 mois 235 »

Achat de 12 paniers à nez 7 )>

Ferrage et entretien des équipages, éclairage, vétérin^p. 1 ,959 50

Intérêts à 5 p. 100 sur 11,489 fr. 40, capital vivant et mobilier 572 47

Total 29,419 fr. 74

LE l’RlX DU l UMlER.

AVOIR

Produits du mars iSOS au 28 février d869.

Fumier, 284,435 kil. à 6 fr. 50 les ^ ,000 kii 1,848 82

JOURÎ^ÉES DE TRAVAIL, 4,987 à 3 fr 14,961 »

Travaux divers faits par les bouviers 85 26

Il existe au l^r mars 1869 31 têtes, pesant 15,930 kil.,

estimées 11,165 j»

Valeur du mobilier et des outils des écuries 1,002 15

Total 29,062 fr. 23

Dépenses 29, 419 fr. 74

Produits 29,062 23

Perte 357fr. 51

La perte de 357 fr. 51 étant répartie sur 284,435 kil . de fumier produit par les bœufs dans un an, donne

par 1,000 kil. de fumier une augmentation de 1 fr.25p. 1,000*^

Prix fixé par arbitrage dans le compte 6 50 —

Prix réel de 1,000 kil. de fumier de bœuf 7 fr.75

Que dit ce compte? Que pendant les 4,987 journées de travai qui y figurent, on a dépensé 14,961 fr., ce que Ton balance en fixant la journée de travail à 3 fr. ; le fait est inexact ; la vérité, c’est que pour 11,315 journées que comprend l’exercice, on a dépensé 17,167 fr. 33, ce qui fixe les frais de toute nature pour une journée, et partant le prix du travail pour le même temps, à 1 fr. 517. Avec cette rectification, le fumier ressort à 33 fr. 80 la tonne, et le compte devient :

DOIT

Valeur des animaux 10,092 fr. »

Mobilier 870 40

Frais de nourriture 12,612 60

Areporler,., 23,.575 fr. >•

Report 23,575 fr. »

Frais d’entretien 1,959 50

Gages des bouviers 3,311 97

Intérêts des capitaux à 5 p. 100, pour 10,280^. 572 47

29,418 fr. 94

AVOIR

Valeur des animaux 11,165 fr. »

Mobilier 1,002 15

Travaux divers par les bouviers 85 26

4,987 journées de travail, à 1 fr. 517 l’une 7,565 28

284 tonnes de fumier, pour balance 9,602 05

29,419 fr. 74

9,602 fr. 05 284 t.

= 33 fr. 80, prix de la tonne de fumier.

D’où il suit qu’à la ferme de Saint-Denis, qui possède comme annexe une distillerie, un moulin à huile et un moulin à farine, de façon à n’exporter que de l’alcool, de l’huile, de la laine, de la viande et de la farine, tous les déchets de récolte faisant retour à la terre, le prix du fumier est de :

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