TOURTEAUX
sagement de distribuer une petite fumure de fumier à toute cette surface et de compléter avec des engrais chimiques, que de répandre tout son fumier sur un champ et tous les engrais chimiques sur un autre; les fumures mixtes sont chaque jour plus appréciées *.
1 V Engrais végétaux, — Tourteaux. — Engrais verts.
Les engrais d'origine animale que nous venons de longuement énumérer, et particulièrement le sulfate d'ammoniaque et le nitrate de soude, dont la consom-
4. On s'est préoccupé, dans ces derniers temps, d'expériences exécutées en Allemagne par M. Wagner, qui montreraient que les nitrates donnés à un sol en même temps que du fumier de ferme seraient décomposés et par suite perdus.
Il est certain que, dans nombre de circonstances, les nitrates sont réduits; il suffit, par exemple, de maintenir une terre renfermant des nitrates, très humide, pour voir ces nitrates disparaître, et il est vraisemblable que les expériences de M. Wagner ont été faites dans des terres fortes peu accessibles à Tair; mais, si intéressants que soient ces travaux, il ne faudrait pas en conclure que les fumures mixtes : fumier, nitatres, doivent être proscrites.
A Grignon, où je cultive une terre, légère il est vrai, j'emploie depuis nombre d'années avec grand avantage, ces fumures mixtes, mais je ne me suis jamais placé dans les conditions où M. Wagner a opéré ; le fumier est distribué à l'automne et le nitrate au printemps ; je crois qu'en opérant ainsi on n'a nullement à craindre la réduction des nitrates, si les terres sont bien travaillées et aérées. A l'abri de l'air au contraire la réduction des nitrates est certaine, ainsi que l'ont montré les travaux de MM. Gayon et Dupetit et ceux que j'ai exécutés en même temps (1881) avec la collaboration de M. Maquenne.
mation s'accroît chaque année, sont donc des engrais complémentaires. Leur action fertilisante vient s'ajouter à celle du fumier de ferme, qui dans la majeure partie de notre pays reste l'engrais fondamental. Toutefois, si dans le nord et le centre de la France, les pluies abondantes favorisent l'établissement des prairies, par suite Tentretien du bétail, et naturellement la production du fumier, il n'en est plus ainsi dans le sud-est et notamment en Provence. A Taide des irrigations, on y obtient cependant d'admirables récoltes de foin et de luzerne, mais on trouve plus avantageux de les vendre que de les employer à l'alimentation des animaux. Si rindustrie laitière s'était établie en Provence comme dans le Milanais, il n'en serait pas ainsi, car si les prairies des environs de Milan régulièrement arrosées fournissent des rendements tels qu'elles se louent 500 francs l'hectare, celles de Provence, partout où l'eau arrive, ne sont pas moins belles. Je ne crois pas qu'il soit possible de voir ailleurs une démonstration plus saisissante de la transformation qu'amène dans une contrée Tarrivée des eaux d'irrigation. Aux environs de Marseille, on parcourt au printemps des prairies dont l'herbe bien verte, toulYue, épaisse, est ombragée par des pommiers en fleurs, et si, à l'horizon, on ne voyait miroiter la mer de ce bleu sombre, violent, inconnu à la Manche, on se croirait en Normandie ; puis, on s'élève de quelques mètres et au-dessus des pentes verdoyantes qu'on vient de quitter, là où Teau n'arrive plus, on retrouve la colline grise, sèche,