‹ Les engrais, les ferments de la terreChapitre 23 sur 51 · I.ES F.NGIÎATS · texte numérisé non relu

I.ES F.NGIÎATS

employer plus souvent les engrais verts; depuis que MM. Hellriegel et Wilfarth nous ont démontré que les légumineuses fixent l'azote de Tair, nous commençons à comprendre Timmense parti qu'on en peut tirer, non plus seulement comme ressource fourragère, mais <omme productrices d'engrais, soit que dans les terres à hou marché on consacre toute une saison à les cultiver pourles enfouira Tautomne. soit, ce qui est facile à pratiquer, même dans les pays où le prix de location est élevé, qu'on les sème seulement après la moisson, en cultures dérobées, pour les enterrer par les grands labours d'automne. Les engrais verts sont les succédanés du fumier, ils apportent comme lui, outre des ïuatières azotées, les principes végétaux qui se transforment en humus, et conservent au sol nn de ses plus précieux éléments.

Enfin, nous savons où trouver aujourd'hui les phosphates; le marché est bien garni, l'Europe, TAmérique, ex.ploitent régulièrement les gisements signalés; notre Algérie et notre Tunisie ajoutent leur contigent, et les découvertes de ces engrais se sont succédé si rapidement depuis trentre ans, que l'avenir nous réserve rerlainementdes ressources inépuisables. Nous n'avons donc aucune crainte que les phosphates fassent défaut : il en est de même de la potasse, dont au reste Tefficacité est moindre, car la plupart des sols argileux renferment d'assez larges approvisionnements pour que l'acquisition des sels de potasse soit souvent inutile.

Ainsi à l'aide du fumier de ferme un des enivrais verls

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RKRUMÉ ET CONrT.TTSTONS 121

nous assurons à nos sols Thumus et les matières organiques azotées nécessaires à la végétation ; les gisements de phosphates et de sels de potasse actuellement en exploitation nous fourniront pendant de longues années tous les engrais minéraux nécessaires... Tout cela cependant est encore insuffisant. Pour atteindre les hauts rendements, seules sources des bénéfices qui fuient devant nous, malgré la condescendance du législateur à remanier, à chaque crise, les tarifs de douane, il nous faut des engrais azotés à évolution rapide, et ici, il convient de s%arréter encore un instant.

En vingt-cinq ou trente ans Tagriculture européenne a épuisé le guano : elle exploite aujourd'hui avec une fiévreuse ardeur le nitrate de soude du Pérou; combien (le temps cette exploitation pourra-t-elle durer, nous l'ignorpns; mais ce nitrate a la même origine que le guano, il ne se reproduit pas... on en verra la fin: d'autre part les progrès de l'hygiène rendront bientôt impossible la préparation du sulfate d'ammoniaque: il faut donc prévoir le moment où nous serons privés de ces deux puissants agents de fertilité. A ce moment, que ferons-nous?

Leur rôle est parfaitement défini : nous avons besoin, pour pousser nos récoltes jusqu'à les rendre rémunératrices, de disposer, au printemps, de iOO kilospar hectare d'azote assimilable ; en général nos fumures de fumier de ferme, d'une lente évolution, ne les produisent pas, et c'est pour compenser leur insuffisance que nous

distribuons nitrate de soude ou sulfate d'ammoniaque.

La situation est singulière; d'innombrables analyses nous ont enseigné que nos terres cultivées renferment de un à deux millièmes d'azote combiné, c'est-à-dire par hectare, de 4000 à 8 000 kilos, par conséquent de 40 à 80 fois la quantité qui nous est nécessaire ; notre maladresse actuelle est telle que nous sommes incapables d'arracher à cette masse de matière inerte de quoi soutenir nos récoltes, et que nous sommes contraints d'envoyer voiliers sur vapeurs doubler le cap Horn pour aller nous chercher sur la côte du Pacifique l'azote combiné, qui est là, sous nos pieds, et que nous ne savons pas utiliser.

Est-il donc possible de tirer de notre sol lui-même les nitrates dont nous avons besoin?

Pendant l'année, mars i892-mars 1893, les eaux qui ont traversé une terre des cases de végétation de Grignon, qui venaient d'être construites, laissées en jachère sans fumure, ont entraîné la valeur de 221k''*,4 d'azote nitrique 4 Thectare ; c'est plus du double de ce qu'exige une récolte très abondante. Pendant l'année suivante : mars 1893-mars 1894, cette quantité d'azote nitrique est tombée à 79^»',198. Pourquoi cette différence? C'est que pendant la première année d'observations, les eaux traversaient une terre qui avait été remuée au moment de son extraction, aérée pendant la construction des cases, de nouveau au moment du remplissage, tandis que pendant l'année suivante elle

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