‹ Les engrais, les ferments de la terreChapitre 42 sur 51 · NITRIFICATIOX DANS LE SOL · texte numérisé non relu

NITRIFICATIOX DANS LE SOL

Ces conditions sont nombreuses, toutes doivent être remplies pour que la nitrification se produise; et, tout d'abord, il faut que le sol renferme la matière azotée à transformer. Or, dans les terres qui ne reçoivent pas d*engrais, cette matière est l'humus dont la résistance à l'action des ferments explique l'abondance dans la plupart des terres; cette résistance est telle que très souvent la quantité de nitrates formée en temps utile n'est capable d'alimenter que de faibles récoltes. Pour qu'elles deviennent plus abondantes, il faut apporter des matières plus attaquables que l'humus, le fumier notamment, dont les sels ammoniacaux se transforment rapidement, tandis que ses matières organiques n'entrent en jeu que plus lentement.

Les transformations de ces matières complexes n'ont lieu, nous l'avons dit, que sous l'influence des ferments nitriques; ceux-ci sont très répandus, MM. Muntz et Aubin ont pu constater leur présence non seulement dans toutes les terres cultivées qu'ils ont examinées, mais encore dans des lieux déserts et même des stations élevées telles que le pic du Midi ; en revanche, les ferments nitriques paraissent être cantonnés dans les couches superficielles du sol ; à une certaine profondeur, ils deviennent rares, puis, plus bas, disparaissent.

Les ferments nitriques sont des agents d'oxydation ; par suite, on conçoit qu'ils ne travaillent qu'autant qu'ils se trouvent dans une atmosphère oxygénée. Cette condition est bien loin d'être toujours remplie ; si Tair circule aisément dans une terre ameublie par les

instruments, assainie par un sous-sol perméable, par des fossés d'écoulement ou par le drainage, il n*en est plus de môme dans une terre plate, à sous-§ol imperméable, non drainée. Un sol semblable se gorge d'eau pendant Thiver, l'air n'y circule pas, la nitrification s'arrête. — Dans les terres fortes, argileuses, elle est parfois difficile à cause de leur compacité, elle est plus facile dans les terres légères et humides; cet avantage des terres sablonneuses est compensé par leur facile dessiccation ; or, l'humidité n'est pas moins nécessaire k révolution des ferments que l'air lui-même ; dans une terre sèche, tout s'arrête, l'ammoniaque introduite persiste.

A ces conditions : présence des ferments, d'une matière nitriiiable, de l'air et de l'eau, s'en ajoutent d'autres encore. La nitrification ne se produit qu'entre des limites de températures comprises entre iO<* et 45» ; quand, en hiver, le froid sévit, les ferments nitriques ne fonctionnent pas, ils ne travaillent pas davantage dans les terres brûlées par les radiations solaires; enfin, la production des nitrates n'est abondante que dans les terres où il existe du calcaire. Il arrive très souvent qu'un ferment vit mal dans un milieu renfermant en quantité sensible les produits qu'il a formés ; l'activité des ferments alcooliques s'atténue dans un liquide chargé d'alcool; les ferments qui transforment le sucre en acide lactique on en acide butyrique cessent de travailler si le liquide, dans lequel ils ont été ensemencés, ne renferme pas de

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