LA VIE ET LA MORT DU SOLEIL
lYtat d'exaspération des réactions chimiques dont ils sont le srèg^e incessant.
Pendant longtemps l'humanité pensante a cru en effet à l'existence d'un Soleil sans défaillance et d'une admirable sérénité. Aujourd'liui, nous savons qu'il rentre dans la catégorie des étoiles variables.
Tous les onze ans, à peu près, cette dépense formidable d'énerçie, dont nous avons donné l'idée, semble avoir épuisé les forces du monstre ; le calme renaît, les vag^ues de -feu abaissent leurs sommets étincelants, la chaleur diminue.
Toutefois, ce calme relatif n'est que le précurseur d'orag'es terribles ; sous la ])uissante étreinte des vapeurs lourdes précipitées de la haute atmosphère solaire, les g'az internes emprisonnés ont acquis de formidables pressions. Entre la masse intérieure bouillonnante et les couches élevées, d'est un combat sans trêve. Mais la lutte est inéçale ; peu à peu la chaleur, s'accroît, l'enveloppe se déchire, des taches sombres apparaissent où tous les éléments sont volatilisés ; pendant quatre années et demie, ces taches augmentent en nombre comme m étendue ; tempêtes effrayantes qui submergeraient en quelques secondes toutes les planètes de notre système, où mille Terres comme la nôtre feraient naufrage ; creusets sans fond où les granits et les métaux les plus durs seraient instantanément volatilisés.
Tout ceci n'empêche pas le Soleil d'avoir en gros ime constance calorifique remarquable et c'est préci-
sèment là qu'il faut chercher la cause de l'invariabilité de nos climats depuis les temps historiques. Aussi loin, en effet, que nous pouxons remonter dans les annales de l'humanité, nous voyons (|ue, sur la Terre, il existe des limites que chaque espèce vég'étale ne franchit pas. " La culture de l'olivier, comme arbre de rapport, est restée conlinée aujourd'hui i-n France entre les ymêmes limites qu'aux temps où |ules C"t''sar t^uerrovait dans les (iaules. I'"n Ro-ypte, en Palestine, la culture du dattier donne des fruits man!4eables ; mais un detjré de moins dans la température d(> l'étt'' ferait rejeter ces fruits. La vig'ne v donne encore du \in, mais un det;'ré de plus fefait abandonner celle iMdlure. \\h bien, les choses en étaient au menu- point <hi temps des IMiaraons. Conclusion : aussi loin (|ue remontent les témoig"nag"es historiques, la (Mialeur du Soleil n'a pas varié. »
Mais alors, par (|uel inécanisme le .Soleil arrivc-t-il à maintenir constante sa température? M. Faye, auquel nous empruntons ces lignes, a tenté de nous en fournir l'explication. '
On pourrait tout d'abord imagfiner un Soleil construit sur le modèle de nos fovers terrestres et se consumant h notre profit, un Soleil formé de matériaux combustibles, comme de l'anthracite par exemple ; mais dans ces conditions, il est facile de montrer que semblable fournaise, malg-ré son énorme volume, durerait :\ peine 5 600 ans.
L'explication est moins simple : à l'intérieur du .Soleil, en raison des hauti's températures, les substances ne peuvent subsister qu'à l'état gazeux, et chaque composé est dissocié en ses principes consti-