RÉVÉLATIONS DE LA GRANDE PYRAMIDE
hauteur verticale égalait très exactement la surface de chacune des laces triangulaires, et c'est bien, en effet, ce qu'ont vérifié les mesures modernes. Cette indication montre au reste que de tout temps" la pyramide de Khéops a passé pour être un monument dont les proportions ont été calculées à l'origine en vue de relations mathématiques.
En voici une nouvelle preuve : on sait qu'entre une circonférence et son diamètre, il y a un rapport constant bien connu actuellement des enfants de nos écoles. Pour calculer la longueur d'une circonférence, il suffit de multiplier le diamètre par 3,1416.
Les géomètres de l'antiquité connaissaient ce rapr port d'une façon approchée seulement.
Or, en additionnaul, les quatre côtés de la base de la pyramide dont la valeur était primitivement, pour un côté, de 232 m. 805, on trouve pour le périmètre, c'est-à-dire pour le contour entier, 931 m. 22.
Divisons maintenant ce nombre par deux fois la hauteur de la pyramide, ou 148 m. 208, nous trouvons exactement 3,1416, c'est-à-dire le rapport de la circonférence au diamètre.
Ce monument unique au monde est donc la consécration matérielle du nombre Pi qui a joué un rôle si important dans l'histoire des mathématiques. Les prêtres égyptiens avaient donc des notions extrêmement précises sur une foule de questions que les savants des siècles postérieurs ont cru découvrir. Connaissaient-ils nos instruments d'optique? 11 est permis de se le demander après la constatation que j'ai faite ces années dernières.
C'était au mois d'août 1905. Après être allé étu-
lO LES ENIGMES DE LA SCIENCE
dier l'éclipsé totale de soleil visible h Sfax, ma mission avait résolu de visiter la Tunisie. Un pèlerinage à Carthagc, si célèbre dans l'histoire, s'imposait forcément. De l'ancienne nécropole, il ne reste plus rien d'ailleurs qu'un village de blanches demeures assis devant l'emplacement de ce qui fut autrefois le port abritant les terribles vaisseaux carthaginois. C'est là que les Pères blancs ont établi leur séminaire et bâti la belle cathédrale dont les murs ensoleillés se détachent en tons crus sur le fond bleu du ciel. La vieille Carthage n'existe plus, mais des mains pieuses pour totit ce qui regarde l'antique civilisation disparue ont entrepris des fouilles et ressuscité ces temps de la lointaine histoire.
Le Père Delattre nous ht les honneurs de son merveilleux musée el j'avoue que cette visite a été pour nous tous une véritable révélation. Comme je m'extasiais devant un camée linement gravé et qui représentait un cheval se grattant l'oreille, je ne pus m 'empêcher de faire tout haut cette réflexion :
— Les graveurs de cette époque ne pouvaient avoir des yeux meilleurs que les nôtres ; alors comment dans un si petit espace a-t-on pu représenter tant de détails, donnez-moi une loupe pour examiner cette crinière...
Et tout le monde fut forcé d'admettre que, même à cette époque, on connaissait le travail du verre et les propriétés des lentilles.
— N'avez-vous jamais trouvé, ajoutai-je en me tournant vers le Père Delattre, quelque objet rappelant les loupes de nos horlogers ?
RÉVÉI.ATÏONS DF, l.A GRANDE PYRAMIDF 1 1
Mais d<^j^ le relig'ieiix avait compris et, une minute après il tenait à la main, une véritable loupe, plan convexe, de la ^-randeur d'un bouton de pardessus. AIalli;eureusement, la lentille était opaque : recueillie dans un tombeau, après des siècles de séjour, il n'y avait rien d'étonnant h ce qu'un lent travail se fut effectué pour opaliser ce verre, autrefois transparent peut-être.
L'objection eût été série\ise cependant, si le Père Delattre ne nous eût montré une pièce du même gfenre, en cristal de rtx^he cette fois, taillée d'une façon parfaite. Et ce fut la loupe dont nous nous servîmes pour étudier le camée.
Les peuples anciens connaissaient donc les propriétés des lentilles.
J'ai rappelé cette histoire pour corroborer les tlires analosfues d'Arag-o, dans son Astronomie populaire. Or, de la loupe au microscope et à la lunette, il n'y a qu'un pas, et nous allons voir que ce pas, les prêtres égyptiens l'avaient probablement franchi. Ce sera du moins la conclusion oblig-ée que nous imposeront les révélations astronomiques de la g-rande pyramide.
Il suffit de jeter un coup d'jpèil sur l'histoire de r Astronomie- pour se rendre compte des efforts dépensés depuis des siècles pour arriver à connaître la distance de la Terre au Soleil, Au début de leurs recherches, les Grecs imaginaient le .Soleil de la g"rosseur du Péloponèse et fixaient sa distance h 1^ kilomètres équivalemment. Arist arque de Samos le croyait plus éloig-né ; le nombre qu'il admettait — 8 millions de kilomètres — fut jugé exact par
Ptolémée, Copernic et même Tycho-Brahé. Kepler porta cette distance à 58 millions. Sous Louis XIV on l'évalua à 125 millions ; on était loin de la vérité. Il fallait arriver jusqu'en 1864 pour trouver un chiffre :\ peu près convenable. Dans ces dernières années, grâce au progfrès de la photog"raphie céleste, les astronomes ont pu déterminer d'une façon très rapprochée la distance qui nous sépare de l'astre central et, d'après les mesures récentes, il faut adopter le chiffre de T4Q400000 kilomètres en nombres ronds.
Eh bien, en jiiultipliant la hauteur de la Grande Pyramide par un million, on trouve la distance du Soleil à la Terre en kilomètres, soit 148208000 kilomètres. Cette mesure n'est évidemment qu'approchée, mais le chiffre obtenu constitue une approximation bien supérieure à celle que présentait la valeur officielle de cette distance avant 1860 et qui t'tait d'un peu plus de 154 millions de kilomètres.
Ainsi, alors que, pendant des siècles, les nations civilisées dépensaient des sommes fabuleuses, que des savants n'hésitaient pas à risquer leur vie dans des expéditions lointaines pour résoudre " le plus important problème astronomique ", n'est-il pas extraordinaire de penser que cette solution était symbolisée et monumentalisée pour ainsi <lire dans la Grande Pyramide depuis des milliers d'années ; qu'il eût suffi h nos astronomes modernes de savoir lire les symboles cachés dans ces dimensions et que les constructeurs de ce grand édifice étaient arrivés i"i une approximation dont nous aurions été fiers h bon droit h la fin du xix® siècle ?
ce -^
Les astronomes égyptiens n'avaient pas borné là leurs calculs, ils avaient dû mesurer la Terre et la coudée égyptienne paraît fondée sur les dimensions de notre globe. En ces derniers temps, le célèbre astronome Clarke a déduit des mesures récentes le ravon polaire de la Terre : on peut l'évaluer à 6356521 mètres. Or, ce n'est autre que la coudée pyramidale, soit 0,6356521 multipliée par 10 millions. Ainsi les Egyptiens auraient mesuré avec une extrême approximation différents degrés du méridien, seraient tombés d'accord avec nous sur les plus faibles décimales et auraient adopté, comme unité de mesure linéaire, la dix-millionième partie du ravon polaire terrestre, qui doit lestor invariable pendant des milliers d'années !
Avouons que ce sont \h d'étranges coïncidences !
Si nous passons maintenant aux données fournies sur le calendrier, nous obtiendrons des résultats d'une précision aussi déconcertante.
En divisant le côté de la Grande. Pyramide par la coudée employée dans sa construction, on trouve la longueur de l'année sidérale, c'est-à-dire le temps que le Soleil met à revenir au même point du ciel, soit 365 jours, 2563. Quant h la durée de l'année civile employée dans notre calendrier et que les Grecs et les Romains n'avaient pu déterminer exactement, nous la retrouvons en multipliant par 3,1416 la longueur de l'antichambre précédant la chambre du roi, et évaluée en pouces pyramidaux, ce qui nous donne très exactement 365 jours, 242.
Si, maintenant, nous multiplions le pouce pyramidal par 100 milliards, nous obtiendrons la l®ngueur