‹ Les ennemis de la maison comedie en trois actes, en versChapitre 15 sur 57 · MAU II ICE · texte numérisé non relu

MAU II ICE

Uans Ion ménage, ainsi qu’autrefois dans le sien, S’occupant de tout?

HEVNAL.

Non, ne s’occupant de rien.

MAURICE

Sotte ?

BEYNAI..

Non, bel esprit.

MAURICE

C’est plus désagréable.

KEYiSAL.

Non .. véritablement, elle est assez aimable.

MAURICE

Est ce qu’elle joùrait à la bouillotte?

Au contraire...

RE YNA L.

Non !

MAURICE

En ce cas, de quoi te plains-tu donc?

A tout ce que je dis tu réponds ; au contraire.

Est-elle avare?

Non... elle est., ma belle-mère !...

Je n’en dis pas de mal, du reste, tant s’en faut !

Elle a d’autres vertus .. mais elle a ce défaut.

— Fidèle à ses devoirs de mère de famille.

Elle a bien élevé, bien marié sa fille ;

■>'ais, depuis!... en mes mains abdiquant le pouvoir,

ACTK 1.

Un dirait qu’elle fait semblant de ne rien voir.

Sans être tout à fait légère, elle est frivole ;

Elle aime ce niais de comte... elle en raffole.

Jadis, elle eût compris que chez soi, sans danger.

On ne peut recevoir toujours un étranger;

Elle eût habilement su le mettre en demeure D’épouser, ou sinon de déguerpir sur l'heure... Maintenant, ma maison livrée aux ennemis.

Semble une auberge ouverte où chacun est admis.

Ma belle-mère est loin de vouloir me déplaire ;

Mais... mais, je te l’ai dit, elle est ma belle-mère !

De même que le comte est mon ami... mortel!

Quand tu te mariras, aux deux coins de l’autel.

Tu verras là, les yeux et le cœur pleins de joie.

Deux cires... deux vautours inclinés sur leur proie Qui, depuis ce moment, sans trêve, sans pitié,

Te feront repentir de t’être marié !

De ta femme et de toi maîtres plus que toi-même.

Ils prendront ton repos, ton temps, tout ce qu’on aime, Ta liberté d’esprit, ta liberté de cœur.

Ta gaîté, ton amour... peut-être ton honneur!

Ta vie était heureuse, ils la rendront amère :

L’un sera ton ami, l’autre ta belle-mère.

Épouse une orpheline et ferme ta maison.

Tu ne risqueras rien... Si fait! reste garçon !

MAURICE

C’est probable. Mais toi, ta souffrance m'afllige. .

Ce que tu dis...

n EYNA L.

Est vrai.

M A U lU C K.

Pourtant...

REYNAL

C’est vrai, to dis-je.

Ris tant que tu voudras de mes préventions ;

C’est de la vérité que toujours nous rions.

Jusques à ce malin, confiant et sincère,

J’étais mari facile et gendre débonnaire;

Je croyais, pauvre sot!... je ne sais pas pourquoi.

Faire une exception à la commune loi !

Je vivais... ennuyé; mais tranquille, sans crainje .Du coup dont mon bonheur a ressenti l’atteinte...

Je n’accusais personne, et traitais en amis

(!eux qui devaient m’aimer, qui me l’avaient promis.

J’étais fou .. Des amis!

MAURICE, à part.

Il est toujours le même !

Haut.

Reynal, écoute-moi : tu sais combien Je t’aime ;

Au collège, jadis, et jusque dans nos jeux.

On te reprochait d’étre inquiet, ombrageux...

REYNAL

Moi!...

H AURICE

Crains...

REYNAL

Je ne crains rien. Tout ce que je désire, Puisque contre moi seul ici chacun conspire.

Puisque le Comte plaît à madame Reynal,

Puisque ma belle-mère ap|)rouve mon rival...

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