QUELQUES MOTS SUR L’APPENDICITE
’ -— est une maladie « salonnière
affections dont chacun discute
volontiers dans le monde, et la plupart du temps avec une sereine incompétence. Il n’est pas de mauvais ton, en outre, d’en avoir été atteint et de res ter, grâce à elle, un intéressant sinon glorieux balafré. C’est par centaines, en effet, que se comptent ceux ou celles qu’elle a forcés à passer par les fourches caudines de la chirurgie. Combien, parmi ceux qui en parlent, auront été embarrassés pour expliquer le destin inégal de deux hommes, sensiblement du même âge, simultanément frappés,
opérés dans les mêmes conditions apparentes et,
qui plus est, par le même chirurgien. Quelques jours plus tard, l’un d’eux était en pleine convalescence et l’autre avait succombé.
Pour dissiper ce mince mais angoissant mystère,
11 est indispensable de rappeler quelques notions sur l’appendicite en général. L’appendice vermiculaire est appendu, on le sait, à la première partie du gros intestin, le cæcum. C’est un petit organe creux de quelques centimètres de longueur et du diamètre d’un crayon, sur la raison d’être duquel on a beaucoup discuté. Les uns ont résolu le problème d’une façon très simple, en déclarant qu’il ne sert absolument à rien et représente un organe en voie de disparition. Malgré l’autorité invoquée de Lamarck, c’est là une explication que l’on a de la peine à faire admettre, d’autant que les études faites sur la structure de ce prétendu déchet ont orienté tout autrement les idées. On a trouvé, en effet, dans les parois de cet organe, et en grande quantité, un tissu spécial, dit lymphoïde, et qui est celui dont sont faites en grande partie les amygdales et bien d’autres glandes de notre corps. De là à faire de l’appendice l’amygdale du ventre; il n’y avait pas loin. Faut-il avouer que la question n’est pas pleinement résolue pour cela? Nous ignorons, en effet, quelle est exactement l’utilité des amygdales, et beaucoup en restent sur ce point à l’opinion de Mackensie, lequel déclarait : « Je ne sais à quoi elles servent, mais certainement elles servent à quelque chose. »
L’appendice présente avec l’amygdale cette ressemblance d’être facilement infôcté. L’amygdalite, personne ne l’ignore, est extraordinairement fréquente; elle nous apparaît comme une maladie banale et bénigne qui ne donne jamais de bien grandes inquiétudes. L’appendicite, au contraire, a une mauvaise réputation, dont il faut reconnaître qu’elle est justifiée. C’est qu’à côté des analogies,