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QUELQUES MOTS SUR L 1 APPENDICITE

les différences surgissent. Tout d’abord, les amygdales sont aisément visibles à l’inspection directe, et il est facile, en conséquence, de surveiller tout ce qui s’y passe d’anormal, de porter sur elles tous les topiques voulus, ce qui est absolument interdit dans l’appendicite. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus grave, c’est la présence, au contact direct de l’appendice, de cette membrane ultra-sensible que l’on appelle le péritoine. C’est en cela que réside le grand danger appendiculaire, car la péritonite n’est pas une chose avec laquelle, nous le savons de reste, on puisse plaisanter. Combien de personnes sont mortes de péritonite, aux siècles passés, qui succombaient aux suites d’une appendicite méconnue, parce qu’on n’avait pas appris encore à la connaître!

Je ne veux pas insister sur l’origine de l’appendicite. Peut-être y trouverais-je, cependant, l’occasion de renforcer la comparaison et de dire que si l’amygdalite est déterminée par les microbes de la cavité buccale, l’appendicite est sous la dépendance de ceux qui foisonnent dans l’intestin. L’ombre de Metchnikoff reconnaîtrait là une conception chère qui fait de cette flore intestinale la source de nos maux, sinon de la vieillesse et de la mort elle-même. Toutefois, il faut une raison pour que ces germes, en temps ordinaire silencieux, prennent une attitude aussi agressive. Ici interviennent des motifs variés qui vont depuis la constipation jusqu’à la présence des vers intestinaux. N’entrons pas dans le détail, contentons-nous de cette esquisse fort peu poussée.

Nous abordons le drame au moment où les microbes en question prennent possession de l’organe. Leur lieu d’élection est justement ce tissu

lymphoïde dont j’ai parlé tout à l’heure. Ils y déterminent une inflammation qui se traduit rapidement par tout un cortège de symptômes où figure, au premier plan, la douleur perçue en un point assez localisé et que plusieurs auteurs se sont efforcés de préciser. On peut le situer de façon très imparfaite dans le flanc droit, un peu au-dessous de la ligne horizontale idéale qui passerait par l’ombilic. A cette douleur se joignent, si l’attaque est sérieuse, des nausées, des vomissements, des phénomènes généraux dont le plus banal est une certaine élévation de la température. L’appendicite est déclarée.

G’est à dater de ce moment qu’elle va évoluer, suivant les circonstances, de façon très différente. Il y a d’abord les cas où le mal n’ira pas plus loin. Sous l’influence d’un traitement fort simple et qui se montrera suffisant, tout va s’apaiser, la douleur disparaîtra, les signes généraux feront comme elle, et le sujet se retrouvera, un beau matin, sans fièvre, ayant échappé au danger et, somme toute, en excellent état. L’inflammation, chez lui, s’est éteinte d’elle-même. Est-il définitivement guéri? C’est autre chose. En géologie, on dit que là où la terre a tremblé, elle tremblera de nouveau. Les chirurgiens parleraient volontiers ainsi de l’appendicite. L’organe où elle est apparue une fois risque fort de la voir revenir. D’autres crises menacent peut-être, mais on comprend que l’ex-patient les néglige aisément. Faisons comme lui pour l’instant. Ce qui arrive le plus souvent, c’est que la maladie, de crises légères en crises non plus graves, tourne à l’appendicite chronique, qui est une entité au sujet de laquelle on n’a pas fini de discuter, et à son propos Hippocrate et Galien peuvent à leur aise reprendre leur séculaire querelle.

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