‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 101 sur 146 · I. Paragraplu; 5 do la Préfacp · texte numérisé non relu

I. Paragraplu; 5 do la Préfacp

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pour alléguer ses autorités ^ Le caractère de Monime lui a été fourni par Plutarque, et Racine justifie par une citation de cet auteur les traits nobles et touchants qu'il a donnés à son héroïne. Il est vrai que ce passage même, où la triste mort de Monime est racontée, dépose contre la fidélité historique du dénoûment, et confirme, au moins sur un point, la critique de Visé : depuis longtemps, à l'époque où Racine place son action, Monime avait péri victime de la féroce jalousie de son époux.

Racine prouve ensuite l'existence historique de Xipharès et de sa mère Stratonice, qui livra à Pompée les trésors de Mithridate. Mais a-t-ii eu le droit de prolonger la vie du prince qui, suivant le témoignage de quelques auteurs, fut enveloppé dans le châtiment de sa mère? Racine se borne à cette phrase : « Il y a des historiens » qui prétendent que Mithridate fit mourir ce jeune « prince pour se venger de la perfidie de sa mère. » Mais il ne cite pas, sans doute faute de les avoir trouvés, ceux qui s'écartent de cette opinion. 11 est plus fort en parlant de Pharnace ; il prouve facilement que le caractère de ce personnage et son rôle dans la tragédie sont conformes aux récits des historiens.

Restent donc deux points où l'histoire, de l'aveu plus ou moins formel de Racine, a été changée : l'existence de Monime et sans doute celle de Xipharès à l'époque de la mort de Mithridate; leur place au milieu des événements qui accompagnent et précipitent le dénoûment. Il s'agit de voir si cette altération de l'histoire est une grande faute, et si elle n'est pas autorisée par ce que Racine appelle le droit de la poésie. Or le but de sa tragédie, c'est de retracer le caractère de Mithridate, c'est de nous dépeindre sa mort. Sur ces deux points

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