Acte m, se
.*?. Acte IV, se. 5.
La Phèdre de Pradon exprime un sentiment différent
avec le même vers :
Si son cœur est sensible, il peut l'être pour moi.
Si cette rencontre est fortuite, il faut avouer qu'elle est merveilleuse, surtout rapprochée de tant d'autres. Voltaire a déjà comparé ' la déclaration d'IIippolyte à Aricie dans les deux pièces, pour faire remar(iuer le contraste du style. Mais si le langage de l'Ilippolyte de Pradon est aussi plat que celui de l'Ilippolyte de llacine est élégant et délicat, la situation, l'idée, le sentiment, ont une ressemblance difiicile à expliquer sans un plagiat. On connaît les vers de Racine :
Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importunf^ ; Je ne me souviens plus des leçons de Neptune ; Mes seuls gémissements font retentir les bois, Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.
Pradon traduit dans le style le plus nu et le plus commun ces nobles images :
Depuis que je vous vois, j'abandonne la chasse;
Elle fit autrefois mes plaisirs les plus doux,
Et quand j'y vais, ce n'est que pour penser à vous.
Le souvenir de Racine est encore plus sensible dans un autre passage. Racine, on se le rappelle, dans la scène où Ilippolyte demande à son père la permission de ([uitter Trézène -, faisait dire au jeune homme :
Assez dans les forêts mon oisive jeunesse Sur de vils ennemis a montré mon adresse ; Ne pourrai-je en fuyant un indigne repos, D'un sang plus glorieux teindre mes javelots?