Mémoires
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« sérieuse de la cour ». M™* de Maintenon et le roi prirent ])laisir à donner aux jeunes actrices l'auditoire le plus brillant: ce fut une faveur avidement recherchée d'être admis aux représentations de Saint-Cyr; on ne put faire sa cour sans prodiguer les éloges à la pièce et à ses interprètes, et la froideur et l'indillérence eurent leurs dangers. Un jour, .M"" de Coulanges avait remarqué avec peine le silence d'une spectatrice, la maréchale d'Eslrées. « Il faut, lui dit-elle, que madame la maré- » chale ait renoncé à louer jamais rien, puisqu'elle ne » loue pas cette pièce. » La maréchale se plaignit que M'"" de Coulanges « voulait lui faire uneaflaire ».
Nous connaissons ce délail par une dame que nous n'avons pas trouvée très-disposée à l'admiration pour Racine, par M""" de Sévigné. Dès ré|)0(p>e des répétitions, elle donne à sa lille des nouvelles de la pièce (jui faisait déjà du bruit. « M"" de Maintenon est fort occupée » de la comédie qu'elle fait jouer par ses petites lilles ; ce » sera une fort belle chose, à ce (jue l'on dit ' » Deux jours plus tard, le ;2() janvier, les représentations commencèrent ; M'"" de Sévigné l'annonce à sa lille dans sa lettre du '28 : « On a déjà représenté à Saint-Cyr la 1) comédie ou tragédie d'Esther. Le roi l'a trouvée adini- » rable ; M. le Prince a pleuré. Uacine n'a rien fait de plus » beau ni de plus touchant ; il y a une prière d'Esther » pour Assuérus qui enlève. » Plus tard, elle en parle d'après son ami, M. de Pomponne, qui a été invité à Saint-Cyr « comme un homme d'une profonde sagesse». « M. de Pomponne fut content au dernier point. Racine » s'est surpassé; il aime Dieu comme il aimait ses maî- >> tresses; il est pour les choses saintes comme il était » pour les profanes. La sainte Écriture est suivie exactement