SOI.IKTK DU XVII SIKC.LE. SI
à Ixaciiic le nom de maîlre; car, lors(iu'oii a le courage (le i)arcoui'ir les pièces de Pradon et parliciiliènniienl les deux premières, on reconnaît bien vile (ju'il esl non-seulement le très-indigne disciple, mais 1 imitateur continuel et le plagiaire de Racine. Celui-ci ne s'y était pas trompé, puis(|ue Pradon' reproche à ces messieurs « de s'abaisser » à crier (juand on leur imite une syllabe sur des choses I) (jui ne l'ont pgint de beauté, qui n'ont aucun brillant >) particulier, et dont tout le monde aurait été contraint I) de se servir nécessairement dans des incidents tirés » des entrailles du sujet, comme les vingt-quatre lettres » de l'alphabet, qui doivent être conuimnes à tous ceux »> qui se nuHenl d'écrire ». Mais, ([uoi ([n'en dise Pradon, ces imitations de syllabes, ou plutôt ces rencontres naturelles et inévitables, consistent dans remi)runt habituel de caractères et de situations importantes, de vers ou d'hémistiches maladroitement appliqués sur le style incorrect, plat, et en même temps prétentieux de l'auteur. Dans Pyrame et Thisbê, dans Tamcvlan, dans Phèdre et tlippolyte, l'intrigue est calquée sur celle d'Andromaque et de Bajazet; dans ces trois pièces, l'auteur (nnprunte des scènes entières à Racine. Ce sont les mêmes pensées, les mêmes sentiments, quelquefois, malgré un léger déguisement, les mêmes expressions. Rien ne manque à l'imitation, que ce qui ne peut être imité ou transporté, c'est-à-dire la pureté exquise, la délicatesse et le mouvement du style, la vérité du ton et de la couleur, en uq mot tout ce qui donne la vie aux ouvrages de l'art. Et quelle faiblesse dans les caractères ! qu'ils sont pâles, insigniliants, vulgaires ! Quelle distance de ces femmes, ambitieuses sans profondeur, sans énergie, sans grandeur, amantes