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j. .Mai 108i. lioilcau était à l'arniée avec le roi; il no put être reçu en nièuic temps que la Fontaine.
son nouveau confrère. Ainsi, de lOGO à 1084, pendant celte période si féconde pour les lettres françaises, l'esprit et le goût de l'Académie française n'ont pas changé ; elle est restée fidèle aux traditions et aux hommes de l'âge de Mazarin ; et si, vaincue par l'opinion et par la volonté du roi, elle a enfin admis la plupart des auteurs de l'âge nouveau, c'est aux autres qu'ont appartenu, jusqu'à la fin du siècle, les sympathies, les distinctions et la puissance.
Les mêmes personnages furent tous plus ou moins compromis dans la fameuse querelle qui, en définitive, tourna en lutte directe contre les nouveaux poètes. Boileau, Racine, la Fontaine, Iluet, llégnier-Desmarais, se faisaient les défenseurs ardents des anciens, attaqués par Desmarets Saint-Sorlin, puis par Perrault : tous les ennemis de Boilcau et de Racine durent à l'instant se ranger dans le camp des modernes. Sans insister sur cette question traitée récemment avec tant d'éclat par un critique spirituel et délicat *, rappelons seulement (|u'en dehors même de l'Académie la querelle était sou; tenue avec ardeur par M'"' Deshoulières, le duc de Nevers, les rédacteurs du Mercure. Pradon lui-même, dans un de ses ouvrages, déclare, avec une noble indépendance,,
t, M. II. Rigaull, Histoire de la querelle des anciens et des modeiiies. Paris, HaclicUe, 1856. — Depuis longtemps déjà ces lignes étaient écrites, quand un coup aussi affreux qu'imprévu est venu frapper cette noble intelligence et priver l'Université et la littérature d'un de ces plus beaux ornements. On permettra à un condisciple, ;• un collègue de M. UigauU, de payer ici à sa ménioiie un tribut de vive et douloureuse sympalhie. Je ne puis me rappeler sans émotion (ju'il avait reçu la confidence de ce travail, et que ses encouragements en pressaient vivement l'exécution. — M. Rigault, professeur de rhétorique au lycée Louis-le-drand, cliargé du cours d'éioquenci' latine au Collège de France, est mort le 21 décembre 1858. Celte noie a été imprimée en février 185',».
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«lu'il 110 se pique pas d'admirer toujours les sottise^ liéroKiues de 17iM(?iV/(' '. Rappelons encore (\ur Ilacino, dans la prélaee d'Ipliigénie, était entré incidemment, pour défendre Euripide, dans la querelle déjà soulevée. Pierre Perrault, IVère du fameux ennemi des anciens, avait frayé le chemin à son cadet par un parallèle entre r A /cesfe d'Euripide et l'opéra deQuinaull. Son intention avait été de venger le poète lyrique des épigrammes de Boileau; mais il s'avisait en même temps de critiquer la tragédie d'Euripide, et il avait commis des bévues qui donnaient heau jeu aux admirateurs des anciens. Racine ne pouvait maïujuer l'occasion de défendre son ami Boileau. En outre, la cause du poète grec était la sienne, et il avait bien le droit de dire : « Jai trop d'obligation à Euri- » pidepourne pas [irendrequebjue soin dosa mémoire, » Il releva donc sur le ton d'Une ironie line et mesurée les grossières erreurs de Perrault. Il railla la suflisance « de » ces messieurs qui ne voulaient tant de mal à Euripide «que faute de l'avoir bien lu »,et il termina en leur conseillant a de ne plus décider si légèrement sur les » ouvrages des anciens, et de commencer au moins par » examiner ce qu'ils ont envie de condamner. Il faut, » leur disait-il par la bouche de Quintilien, être extrême- » menl circonspect et retenu à prononcer sur les ouvrages » de ces grands hommes, de peur qu'il ne nous arrive, » comme à plusieurs, de condamner ce (jue nous n'en- » tendons pas -. » Celte dernière allusion était comme la pointe de l'épigramme ; elle enfonçait le trait dans la blessure. Les modernes ne pardonnèrent pas cette preliice à Racine, et Charles Perrault se chargea de venger son frère.