I. Deuxième partie
"2. C'est au marquis de Créqui que Saint-Évremond adressait la fameuse lettre qui amena sa disgrâce. En 1650, il dédiait au comte d'Olonne sa satire du Cercle.
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relie provotiuéc ' par rarrogance du noble seigneur :
Créqiii priUond qu'Ornste est un puiivro lioiniiic, Qui soutiiMit mal le rang d'ainbassadeur, Et (".léqui lie ce rang connaît bien la splendeur! Si quelqu'un l'entend mieux, je lirai dire à Rome.
Le ])oète, en composant ces épigrammes, ét«iit dans toute l'ardeur de r;\ge et de la passion ; mais c'est après sa conversion qu'il attaqua VAspar de Fonlcnelle, la Judith de Boyer, le Sésostris de Longepierre, la Troade et le Germanicus de Pradon. 11 ne se guérit donc jamais complètement de cette malignité, dont on trouve encore des traces dans sa correspondance avec Boileau, et il donna ainsi prétexte à ce mot envenimé de Fontenelle : «Boileau était dévot et méchant, Racine était plus dévot et plus méchant. » Remarquons toutefois que ces épigrammes n'étaient que des représailles: Créqui et d'Olonne n'avaient-ils pas attaqué Andromaque?¥ontenelle, dès son arrivée à Paris, n'avait-il pas mis sa plume au service du Mercure galant? Enfin, Le Clerc et Coras par leur Ipliigênie, et Pradon |)ar sa Phèdre, ne s'étaientils pas donné des torts graves ciivers Racine? Rien longtemps après cette affaire, Pradon, dans ses pamphlets eh prose et en vers contre Boileau, dans les préfaces de ses tragédies, ne saisissait-il pas toutes les occasions de dénigrer le poète ([u'il avait si lâchement olîensé? Quand les agresseurs étaient si ardents et si injustes et ne rougissaient pas d'employer des moyens si misérables, peut-on faire un crime à Racine de s'être défendu avec vivacité, et d'avoir retourné contre ses adversaires celte arme du ridicule bien plus puissante dans sa main que dans la leur?