‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 61 sur 146 · CARACTÈRE IRRITARLE DE RACINE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE IRRITARLE DE RACINE

(l'esprit. On peut croire, d'après un passage des Mémoires (Je son fils *, que dans ce portefeuille brûlé peu de temps avant sa mort, il se trouvait beaucoup d'épigrammes. Celles que nous possédons prouvent qu'il y excellait. Elles sont bien plus vives et plus acérées que celles de Boileau, (it il a dû quelquefois les payer bien cher. L'épigramme sur YAspar fut pour beaucoup dans l'implacable haine de Fontenelle ; Le Clerc, Coras, Boyer, ne durent pas être moins blessés de celles qu'il lança contre eux. La défense d'Andromaque lui en inspira deux fort piquantes contre le maréchal de Créqui et le comte d'Olonne, amis de Saint-Evrcmond ^ et comme lui, il ce qu'il paraît, mal disposés pour le nouveau poète tragique :

La vraisemblance est peu dans cette pièce, Si l'on en croit et d'Olonne et Créqui, Créqui dit que Pyrrhus aime trop sa mailresse, D'Olonne qu'Andromaquc aime trop son mari.

Le poète, pour venger son injure, ne reculait pas devant une allusion directe aux mœurs et à la famille des deux personnages. En effet, suivant un commentateur : « Le maréchal de Créqui n'avait pas la réputation » d'aimer trop les femmes ; et quant à M. d'Olonne, il » n'avait pas lieu de se plaindre d'être trop aimé de la » sienne. » L'autre épigramme ne portait pas un coup moins sensible à M. de Créqui, dont on n'avait pas oublié la malencontreuse ambassade à Bome. Racine rappelle, avec une hardiesse qui étonne, la fameuse que

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