‹ Les ennemis de Racine au 17è siècleChapitre 95 sur 146 · Act. III, se · texte numérisé non relu

Act. III, se

ploie seulement aux^ jours des grands périls, et la porte sacrée

D'où les nouveaux sultans font leur première entrée';

et ces muets ^, exécuteurs des vengeances du maître, et le fatal lacel^ que Roxane fait préparer pourBajazet? Nous tenons peu à ces traits et à beaucoup d'autres que nous pourrions citer : à nos yeux, le mérite de la tragédie n'est pas là. Mais comment dire que Racine est resté en dehors de l'histoire et de la vie du peuple auquel il empruntait son sujet et ses personnages, comment soutenir quil en a complètement négligé la physionomie?

Sans doute, celte vérité de détail ne compenserait pas l'anachronisme flagrant des caractères; et s'il était vrai que tous les personnages de la tragédie fussent français, le souvenir du sérail, des muets, des janissaires, de la politique des sultans, n'en ferait pas de véritables Turcs. Mais à cette vérité générale, la plus importante de toutes^ le caractère d'Acomat n'unit-il pas merveilleusement la vérité locale? Quoi de plus conforme à la vraisemblance historique que ce visir conspirant pour se prémunir contre les dangers que lui font sa gloire et l'amour des soldats, politique habile et sans scrupule, peu soucieux de la foi jurée dont les sultans lui ont appris à ne pas être esclave*, hardi, résolu, flegmatique, habile à mettre en jeu les passions qui l'entourent et qu'il méprise, et trouvant jusqu'au bout des ressources dans son énergie? Et Roxane, cette femme violente et cruelle, qui use si despoliquement de sa puissance, qui sans cesse mêle la

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