‹ Les ennemis de Racine au XVII. siècleChapitre 115 sur 151 · Acte IV, se · texte numérisé non relu

Acte IV, se

aïO PUÊDRË.

La Phèdre de Pradon exprime un sentiment différent avec le même if as:

Si son cobur est sensible, il peut Tétre pour moi.

Si cette rencontre est fortuite, il faut avouer qu'elle est' merveilleuse, surtout rapprochée de tant d'autres. Voltaire a déjà comparé ^ la déclaration d'Hippolyte à Aricie dans les deux pièces, pour faire remarquer le contraste du style. Mais si le langage de l'Hippolyte de Pradon est aussi plat que celui de l'Hippolyte de Racine est élégant et délicat, la situation, Tidée, le sentiment, ont une ressemblance difficile à expliquer sans un plagiat. On connaît les vers de Racine :

Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune ; Je ne me souviens plus des leçons de Neptune ; Mes seuls gémissements font retentir les bois, Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix.

Pradon traduit dans le style le plus nu et le plus commun ces nobles images :

Depuis que je vous vois, j'abandonne la chasse;

Elle fit autrefois mes plaisirs les plus doux.

Et quand j*y vais, ce n*est que pour penser à vous.

Le souvenir de Racine est encore plus sensible dans un autre passage. Racine, on se le rappelle, dans la scène où Hippolyte demande à son père la permission de Quitter Trézène *, faisait dire au jeune homme :

Assez dans le forêts mon oisive jeunesse Sur de vils ennemis a montré mon adresse ; Ne pourrai-je en fuyant un indigne ropos, D'un sang plus glorieux teindre mes javelots?

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