Bolœana
ment, et^ comme La Bruyère, il remet le verdict à ia postérité, mieux placée pour juger la question ; « car, » ajoute-t-il, je suis persuadé que les écrits de l'un et » de Tautre passeront aux siècles suivants, d On sait qu'il en avait déjà appelé à celte postérité pour Athalie^ et cette tragédie était une de celles dont il s'appuyait pour combattre les Perrault et les Fontenelle, et pour prouver que le galant et tendre Racine savait aussi s'élever à la sublimité de Corneille L
Peu de temps après Tépoque où Boileau écrivait ces lignes, Racine mourait. Cette mort dut être, dans les gazettes comme à TAcadémie, Toccasion de nouveaux jugements sur ses œuvres. Le Mercure galant fit bien les choses ; il s'étendit sur l'éloge du poète qu'il avait autrefois si amèrement critiqué, et il sembla, dans le morceau que nous allons citer, avoir oublié ses vieux ressentiments': « Nous avons perdu un des plus excel- I) lents hommes de ce siècle et qui méritait de vivre aussi
> longtemps que son nom, qu'il a rendu immortel par
> ses beaux ouvrages. Je parle de M. Racine, secrétaire w du roi, gentilhomme ordinaire de la maison de S. M.,
1. 12" Réflexion sur Longin. U cite comme modèle de sublime les vers d'Athalic :
Celui qui met un frein, etc.
U ajoute : « Tout ce qu'il peut y avoir de sublime paraît rassemblé » dans ces quatre vers, la grandeur de la pensée, la noblesse du sen- » timent, la magnificence des paroles et rharaionie de Texpressioa,
* si heureusement terminée par ce dernier vers :
» Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte.
• D'où je conclus que c'est avec très-peu de fondement que les admi« » ratcurs outrés de M. Corneille veulent insinuer que M. Racine lui y est de beaucoup inférieur pour le sublime. »