Ibidem
SOCIÉTÉ DU XYII* SIËGLE. 61
cette pièce pour rabattre Torgueil des partisans de Racine et pour la venger du « bruit importun de Bajazet * » I a II nous donnera encore PulchériSy où Ton
reverra
La main qui crayonna La mort du grand Pompée et l'âme de Ginna. •
Cette pièce, elle l'entend lire par lui chez M. de la Rochefoucauld : « Il nous lut, dit-elle, l'autre jour une comédie qui fait souvenir de sa défunte veine*. » Cependant, peu de temps après, elle est forcée d'avouer à sa fille que ses prévisions ont été trompées. Elle se borne à une courte phrase qui laisse voir son désappointement : « Pulchérie n'a pas réussi. » Sans doute, ce qui irrite encore son chagrin, c'est le triomphe de Mithridate. Avec quelle froideur elle dut accueillir, dans sa retraite des Rochers, Téloge que M""' de Coulanges lui adressa de cette pièce' 1 Que de réserves elle dut faire en elle-même, en lisant Tappréciation enthousiaste de sa cousine, qui appartient tout à fait à la nouvelle cour, et est toute gagnée au nouveau goût et aux nouveaux poètes I
Mais M™ de Sévigné, plus âgée que M"* de Coulanges 4, avait eu une autre éducation littéraire. Bien jeune encore, elle avait entendu Corneille lire ses tragédies à rhôtel de Rambouillet; de bonne heure, elle s'était habituée à ne rien concevoir au-dessus de lui. Il