Mémoires de Louis Racine
nait près du satirique, et un peu plus loin on voyait la Fontaine, à qui celui-ci faisait signe d'avancer *.
 cette liste d'illustres dames, nous pouvons ajouter la spirituelle cousine de M"" de Sévigné, M"' de Coulanges, la fameuse duchesse de Mazarin, qui, en dépit de Saint- Evremondy proclamait en toute occasion ses préférences pour Racine, et refusait obstinément de se rendre au goût et aux raisonnements de son ami. Enfin, nous devons nommer surtout celle qui fut plus particulièrement Tamie de Racine, qui, pleine d'estime pour son caractère comme de sympathie pour son talent, le prit souvent pour conseil et pour confident de ses pensées et de ses chagrins, et dont l'influence fut pour beaucoup dans la faveur croissante du poète et dans ses relations fréquentes avec Louis XIV. Après la disgi'âce de M"" de Montespan, les lectures de l'histoire du roi continuèrent chez M"* de Maintenon : Racine, dans une de ses lettres à Boileau, témoigne qu'elle s'intéressait beaucoup à ce travail, et Tony voit en même temps avec quelle distinction l'historiographe est reçu par celte dame déjà toute-puissante^. Plus tard, les deux amis travaillèrent ensemble à revoir les constitutions de Saint-Cvr. C'est à la sollicitation de M"* de Maintenon et pour ses jeunes pensionnaires que Racine composa ces beaux cantiques' qui isavissaient Louis XIV et Fénelon. Enfin, qui ne le sait? ce fut pour M"* de Maintenon et pour Saint-Cyr que le poète reprit, après douze ans d'interruption, ses travaux dramatiques; et nous devons aux pressantes sollicitations de sa protectrice la pièce gracieuse d'Esther et le chef-d'œuvre d'Athalie.
1. Pris dans V Histoire de la vie et des ouvrages de la Fontaine, par Walckenaer.