‹ Les ennemis de Racine au XVII. siècleChapitre 7 sur 151 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

justice dans les critiques qu'on lui adressait, tant de malveillance et de fiel dans le ton de ses censeurs, qu'ils auront compris et excusé avec nous la douleur et Tirritation du jeune poète.

Celte animosité évidente de Fontenelle, de Segrais. de Visé, de Barbier d*Aucour, du critique anonyme des deux Iphigénies^ cette mauvaise foi de Leclerc et de Pradon dans leur rivalité, toutes les imputations injurieuses des chansons que nous avons citées, expliquent surabondamment, ce nous semble, les dégoûts de Racine; peut-être aussi légitiment-elles le titre de ce volume. Quelques juges d'une autorité considérable Font accusé d'exagération ; ils ont craint qu'on ne nous reprochât, par exemple, d'avoir placé parmi les ennemis de Baci7ie M"' de Sévigné et Saint-Évremond, critique beaucoup plus équitable que la plupart de ses contemporains. Mais nous avoiis déclaré plusieurs fois dans notre Etude que M"*® de Sévigné n'était point une * ennemie de Racine; nous avons montré qu'elle est toujours restée en dehors des cabales qui ont affligé le poète, qu'elle n'a jamais loué ses indignes rivaux; nous l'avons même justifiée, après Suard et d'autres critiques*, du mot qu'on s'obstine à lui prêter : Racine passera comme le café. Nous avons expliqué les raisons très-légitimes de ses préférences et de celles de Saint- Évremond pour leur vieil ami Corneille. L'erreur ne nous semble donc pas possible. En outre, la petite no-

1. Par exemple notre ancien maître, M. Géruzèz, dans sa Notice tur Racine,

DE LÀ DEUXIÈME ÉDITION. xv

toriété acquise aujourd'hui à cet ouvrage rendait difficile une désignation nouvelle. Nos juges mêmes ont bien voulu nous engager à conserver l'ancienne; nous osons espérer que le public ne sera pas moins indulgent pour un titre que sa bienveillance, jointe aux suffrages de la Faculté des lettres et de TAcadémie française, a, en quelque sorte, consacré.

-Avril 1865.

PREFACE

DE LxV PREMIÈRE ÉDITION

Racine est par excellence le poète de Tûge de Louis XIV : sa carrière dramatique, si tôt interrompue, est renfermée tout <^ntière dans la partie la plus brillante du règne personnel du grand roi, dans cette seconde moitié du xvir siècle qu'on a si justement distinguée de la première. Parmi les grands écrivains du temps, il n'en est pas qui ait eu plus de part aux encouragements et à la faveur de Louis XIV, et dont le génie ait plus de conformité avec le caractère et les goûts du maître et de la cour qui se réglait sur le maître. Il semble que ses œuvres, par leurs qualités comme par les taches qu'on y peut relever, soient l'image la plus fidèle et la plus complète de cet âge politique et littéraire. A ne consulter que la vraisemblance, on croirait donc que les tragédies de Racine ont triomphé sans effortis et sans luttes, et qu'aucune protestation no s'est mêlé& aux suffrages des conteropo-

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