Dmer talion sur Alexandre
2. Ihid. « Rejeter l'amour de nos tragédies comme indignes des
et les veuves au théâtre était éloquemment réfutée par la nouvelle tragédie. Ândromaque^ sans avoir une douleur tendre et précieuse, était aussi touchante et aussi tragique comme veuve et comme mère qu*IIermione comme amante. Et ne pouvait-on pas déjà opposer à Saint-Évremond TAndromaque dllomère et celle de Virgile, la mère d*Eui7ale chez le môme poète, la douleur déchirante de pères infortunés comme Priam, ou Évanc^re, ou Mézence? Non sans doute, ce n'est pas là une critique large et libérale, réfléchie et profonde. L'auteur n'est pas descendu en lui-même ; il n'a pas interrogé avec calme et impartialité sa raison et son cœur. Il a jeté quelques traits brillants ; il s'est payé de quelques grandes phrases; mais il ne nous a rien appris sur les qualités, rien sur les défauts de la tragédie qu'il juge ; et sa conclusion n'est guère moins embarrassée que tout le reste : « A » tout prendre, Racine doit avoir plus de réputation » qu'aucun autre, excepté Corneille. » A la bonne heure; mais le critique ne paraît pas y tenir beaucoup; le mot à tout prendre ne rend pas l'aveu bien flatteur pour Racine ; les adversaires du nouveau poète ne pourront
• héros, c*est ôter ce qui nous fait tenir encore à eux par un secret j» rapport. J'avouerai qu*il n'y a point de sujet où une passion générale que la nature a mêlée à tout ne puisse entrer sans peine et » ' sans violence. D'ailleurs, comme les f<ïmmes sont aussi nécessaires » à la représentation que les hommes, il est à propos de les faire » parler autant qu'on peut de ce qui leur est le plus naturel et dont » elles parlent mieux que d'aucune chose. Otez aux unes l'expression » des sentiments amoureux, et aux autres l'entretien secret où les » fait entrer la confidence, vous les réduisez «rdinairement à des » conversations fort ennuyeuses. Presque tous leurs mouvements, » leurs discours, doivent être des effets de leur passion : leurs joies » leurs tristesses, leurs craintes, leurs désirs, doivent sentir un peu ). d'amour pour nous plaire. » Peut-on mieux justifier le théâtre de Racine?
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pas en prendre ombrage et accuser Saint-Évremond de trahir leur cause.
La critique la plus étendue et la plus complète sur Andromaque est celle de Subligny. L'auteur Ta méditée à loisir, puisqu'elle ne parut qu'en mai 1668, et il a pu facilement pendant six mois la grossir de toutes les observations, de toutes les attaques dirigées contre la tragédie. La Folle Querelle, comédie en trois actes et en prose, représentée sur le théâtre du Palais-Royal le 18 mai 1668, fit grand plaisir à tous les ennemis de Racine; elle fut une douce consolation pour ceux qu'avait affligés ou alarmés le succès populaire d'Andromaque, Robinet se hâta d'annoncer la pièce, et, six jours avant la première représentation, il écrivait :
Or, une plume fine et bollc, Sous le nom de Folle Quei-elle, En^ a fait même le sujet, Qu*on dit bien tourné toul à fait, D*une petite comédie Aussi plaisante que hardie, Et qu'enfin la troupe du roi Donnera vendredi, je crois.
Il revint à la charge, à l'époque où la Folle Querelle^ complétée par une longue préface, fut publiée, a au » Palais, chez Joli, au coin de la galerie des prisonniers », comme Robinet a soin de l'indiquer à ses lecteurs. Nous voyons par ces vers, où l'on sent l'accent du triomphe, que l'ouvrage leivait fait du bruit et causé une sensible douleur à Racine *. Apparemment, ce qui affligea surtout
1. Il vient de parler du poème ^'Andromaque. (Lettre du 12 mai 1668.)