Mémoires
ESTHER FT ÂTHÂLIE. 831
» sérieuse de la cour ». M""' de Maintenon et le roi prirent plaisir à donner aux jeunes actrices Fauditoire le plus brillant : ce fut une faveur avidement recherchée d'être admis aux représentations de Saint-Cyr ; on ne put faire sa cour sans prodiguer les éloges à la pièce et à ses interprètes, et la froideur et TindifiFérence eurent leurs dangers. Un jour, M"* de Coulanges avait remarqué avec peine le silence d*une spectatrice, la maréchale d'Ëstrées. « Il faut, lui dit-elle, que madame la mare- » chale ait renoncé à louer jamais rien, puisqu'elle ne » loue pas cette pièce. » La maréchale se plaignit que M"' de Coulanges « voulait lui faire une affaire ».
Nous connaissons ce détail par une dame que nous n'avons pas trouvée très-disposée à l'admiration pour Racine, par M"*® de Sévigné. Dès l'époque des répétitions, elle donne à sa fille des nouvelles de la pièce qui faisait déjà du bruit, a M""* de Maintenon est fort occupée » de la comédie qu'elle fait jouer par ses petites filles ; ce » sera une fort belle chose, à ce que Ton dit * » Deux jours plus tard, le 26 janvier, les représentations commencèrent ; M'"'' de Sévigné l'annonce à sa fille dans sa lettre du 28 : a On a déjà représenté à Saint-Cyr la » comédie ou tragédie d'Esther. Le roi Ta trouvée admi- » rable ; M. le Prince a pleuré. Racine n'a rien fait de plus » beau ni de plus touchant ; il y a une prière d'Ësther » pour Assuérus qui enlève. » Plus tard, elle en parle d'après son ami, M. de Pomponne, qui a été invité à Saint-Cyr a comme un homme d'une profonde sagesse». « M. de Pomponne fut content au dernier point. Racine > s'est surpassé ; il aime Dieu comme il aimait ses matn tresses ; il est pour les choses saintes comme il était » pour les profanes.La sainte Écriture est suivie exactement