‹ Les ennemis de Racine au XVIIe siècleChapitre 54 sur 156 · Vie de Boileau · texte numérisé non relu

Vie de Boileau

rieuses qui furent répandues contre l'auteur. Racine retrouva, dans cette occasion, plus violents que jamais, les adversaires que nous avons nommés, et auxquels il faut joindre quelques autres ennemis plus obscurs, tels que Villars et Subligny.

Subligny, que Louis Racine donne à tort pour comédien, était avocat au parlement de Paris. Il fut de plus, suivant les biographes, maître en poésie de la comtesse de la Suze, femme célèbre par son esprit etses vers, et aussi par les nombreuses aventures de sa vie. Elle correspondait avec Saint-Évremond ; son salon était un des plus fameux de Tépoque, et, parmi les beaux esprits qu'elle y recevait, il faut compter Pellissori, Ménage, Subligny : tous passaient pour avoir part à ses œuvres. Ce n'était pas la seule relation que Subligny eût avec le grand monde ; car sa pièce contre Andromaque est dédiée à M"* la maréchale de l'Hospital. Avant cette parodie, il avait déjà rédigé une gazette en vers, intitulée : La Mme de la cour; et, chose curieuse, il fut un des panégyristes les plus enthousiastes de la tragédie d'Alexandre, Il fit représenter en 1670, sur le théâtre de Molière, une comédie intitulée : Le Désespoir extravagant. Robinet vante le mérite de cette œuvre

Éérite avec délicatesse Et d'un style très-élégant*.

Il n'y pouvait manquer, puisqu'il s'agit d'un homme connu surtout par la critique d'une tragédie de Racine et classé dès lors parmi les adversaires du poète. Au reste, cette comédie, comme toutes les œuvres de Subligny, est complètement ignorée : il en serait de même de son

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