octobre
. Troisième dialogue. Éloquence et poésie.
» reproche ne regarde pas moins les pièces de théâtre, » où l'on prendrait les Cyrus, les Alexandre et les Mi- » thridate pour des Céladons et des Silvandres, s'ils ]» n'avaient pas une épée au côté. Quand on a dit que les » auteurs de ces comédies avaient mis tous les héros de y^ l'antiquité à la sauce dcmce, il me semble qu'on ne » pouvait mieux dire. » Cependant Perrault se décide ailleurs à parler € des excellents hommes qui ont été choisis pour écrire les belles choses qui se font de nos jours », et, sans aller jusqu'à nommer Racine, il daigne, dans un passage sur la tragédie française, écrire une phrase générale qui peut s'appliquer à l'auteur d*Andr(h maque et de Phèdre : « Nos premiers poètes, dit-il, ont }> fait passer des tragédies insupportables, en les donnant » comme l'œuvre de Sophocle et d'Euripide ; enfin est » arrivée la Sophonisbe de Mairet, la Mariamne de Tris- » tan et les pièces de M. Corneille, le Cid^ Horace^ Cinna^ » Polyeucte, Rodogune, et une infinité d'autres, tant du :» même auteur que de quelques autres encore y qui ont » eu de si grands applaudissements et qui ont fait tant T^ d'honneur au théâtre français et dans la France et dans » toute l'Europe. » Cet hommage si indirect ne dut guère contenter Racine ; il ne compensait pas la critique, cette fois bien précise, des héros de son théâtre. Si l'on en croit Niceron*, c'est pour se venger de ces procédés, qu'il excita Boileau à réfuter les Parallèles de Perrault, prêt à lui dire comme le prince de Conti : « Tu dors, Brutus ! » La querelle était dans toute son ardeur quand Racine rentra dans la carrière par les tragédies dUEsther et A'Athalie. L'aigreur de ce débat explique en grande partie le nombre et Tanimosité des critiques qui s'élevèrent contre ces pièces, les épigrammes, les chansons nju-