MITHRIDATE
langes à M"» de Sévigné de l'admiration de cette dame et de l'enthousiasme de la cour, dont elle exprime les sentiments autant que les siens : « Mithridate^ éçrivait- » elle *, est une pièce charmante : on y pleure, on y est > dans une continuelle admiration; on la voit trente » fois, on la trouve plus belle la trentième que la première. » Robinet, sauf le style, ne s'exprime pas autrement. Il devait pourtant avoir sur le cœur la mauvaise fortune de Pulchérie qu'il avait célébrée dans sa Gazette^ et où il avait trouvé une si a noble critique» du genre et du poète à la mode. Cependant, il s'abstint, en parlant de Mithridate, de toute attaque, de toute insinuation, et il semble l'admirer aussi franchement que la cour ^.
Seul Visé resta fidèle à son système de dénigrement, et il retrouva, pour rendre compte de Mithridate, l'ironie dont il avait assaisonné sa critique de Bajazet « J'aurais, » dit-il, longtemps à vous entretenir, s'il fallait que je » rendisse un compte exact des jugements qu'on a faits )} du Mithridate de M. Racine. Il a plu comme font tous » les ouvrages de cet illustre auteur. » Ainsi Visé commence par reconnaître le succès de la pièce; mais cet aveu renferme une protestation rendue plus claire par d'autres passages voisins sur le Cléodate de Th. Corneille et sur le Démarate de Boyer. Visé, ne pouvant contester les triomphes de Racine, a pris le parti de les rejeter sur des cabales, sur un fol engouement, sur la bonne fortune de l'auteur. La tragédie de Mithridate prouve clairement, au jugement de Visé, la force de « la préoccupation favorable à l'auteur ». Il a complètement bouleversé l'histoire ; il a ridiculement travesti le carac-