MITHRIDATE. U
tiques de Visé. Certes elles sont graves, et Racine était bien loin d'y souscrire, lorsque, dans sa première préface, après avoir rappelé la célébrité de son héros « dont » la vie et la mort font une partie considérable de This- ^ toire romaine, » il écrivait cette phrase : < excepté » quelques événements que j'ai un peu rapprochés par » le droit que donne la poésie, tout le monde reconnaîtra » aisément que j'ai suivi l'histoire avec beaucoup de » Gdélitév » Il se croyait bien sûr de l'assentiment des lecteurs; car, sans s'arrêter à prouver celte assertion, il justifia seulement par l'autorité de Florus, de Plutarque, de Dion et d'Appien, le dessein moins connu de Mithridate, et signala l'influence de ce plan gigantesque sur Iti révolte de Pharnace et de l'armée, et sur la mort du héros.
Mais apparemment la critique de Visé avait trouvé des approbateurs; car Racine, dans l'édition de 1676, ajouta à sa préface plusieurs passages destinés évidemment, bien que le ton ne soit pas celui d'une apologie ni d'une réplique, à défendre les points contestés de sa tragédie. Le premier paragraphe fut fortifié des lignes suivantes : « Il n'y a guère d'action éclatante dans la vie » de Mithridate qui n'ait trouvé place dans ma tragé- » die. J'y ai inséré tout ce qui pouvait mettre en jour » les mœurs et les sentiments de ce prince, je veux dire » sa haine violente contre les Romains, son grand cou- » rage, sa finesse, sa dissimulation, et enfin cette jalou- » sie qui lui était si naturelle, et qui a tant de fois coûté » la vie à ses maîtresses. » A l'appui du dessein prêté à Mithridate, le poète apporta encore une citation de Dion Cassius*; enfin il passa en revue les trois autres personnages de sa tragédie, Monime, Xipharès et Pharnace,