‹ Les ennemis des curés [microforme]Chapitre 17 sur 25 · SEE TE · texte numérisé non relu

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Vierge connut que l’heure était arrivée où elle allait enfanter son Div et son fils. Elle en avertit saint Joseph, et tous deux préparèrent un pauvre petit lit d'herbe et de paille dans l’auge de

- pierre, puis dans la crèche. Ils prépa-

rèrent aussi quelques langes qu'ils avaient apportés. Suivant les saintes traditions, la bienheureuse Vierge se revêtit alors d’une longue robe de laine blanche et d’un voile blanc, symbole de son innocence. Le blanc est en effet la couleur parfaite, la couleur de Dreu.… Elle se sentit embrasée d’un amour extraordinaire, elle se mit à genoux, et les mains étendues vers le ciel, elle attendit le moment du Seigneur...

Au milieu d’une lumière ardente, elle vit bientôt apparaître son adorable Enfant devant ses yeux, comme suspendu en l'air, tout environné de flammes, et la regardant avec un doux

amour. Elle le prit dans ses mains très-pures, l’adora comme son Créateur, son Sauveur et son DIEu ; le baïisa mille fois comme son fils bien-aimé; puis elle le présenta à saint Joseph, qui n'osait approcher, se regardant indigne de lever les yeux sur le Verbe fait chair... Enfin, MARIE enveloppa l’Enfant divin dans ses pauvres langes, et, aidée de Joseph, elle le déposa coucement sur la paille.

Dans le temple de Jérusalem, deux Séraphins d'or, d’une grandeur colossale, étaient représentés en adoration de chaque côté de l'arche d'alliance :

ils figuraient MARIE et Joseph adorant l'Eufant-Jésus, dont l'humanité sainte est la véritable arche d'alliance et ie centre de toute la Religion.

Unissons-nous, mon cher enfant, aux adorations, aux prières et à l’amour de

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la Sainte-Vierge et de saint Joseph, lorsque nous nous trouvons dans nos églises au pied du Saint-Sacrement.

L'Enfant-JÉsus est là présent comme il l’était jadis dans la grotte de Bethléem, et, du fond du tabernacle, il nous bénit, il nous regarde, il nous aime, comme 1l bénissait, regardait et aimait au jour de Noël, sa bienheureuse Mère et Joseph son père adoptif.

Les Bergers et l’Enfant-Jésus

Pendant cette nuit sacrée, plusieurs bergers veillaient dans la campagne de Bethléem, gardant leurs troupeaux, comme le faisait jadis le jeune David.

La trdition nous apprend qu’il y en

avait trois : un vieillard, son fils et son petit fils.

Tout à coup l’Ange du Seigneur (sans doute l’Ange Gabriel, qui est l’Ange de la Sainte-Vierge et de l’'Enfent-J£sus) apparut devant eux, et ils furent enveloppés dans une lumière éclatante, et ils eurent grand’ peur. Cette lumière figurait JÉsus- CHRisT, qui est la vraie lumière des âmes, et aussi la foi, qui est la connaissance de Jésus-Carisr. Et l'Ange leur dit d’une voix toute céleste : “ N’ayez pas peur, car je viens ‘° vous annoncer un grand sujet de joie ‘° pour vous et pour tous les hommes:

‘ aujourd'hui même, le Sauveur vient ‘“ de naître dans la cité de David, 6 c'est le CHRisT, le Seigneur. Voici:

‘ à quel signe vous le reconnaîtrez :

‘ vous le trouverez petit enfant, enve- .

‘ loppé de langes, et couché dans une ‘“ pauvre crèche.”

Et aussitôt une multitude d’esprits célestes, se joignant à l’Ange, firent retentir les airs des louanges de DrEv, et entonnèrent ce cantique, que l'Eglise répète tous les jours à la messe : “ Gloyia in excelsis DEo. Gloire à DrEu ‘ dans le ciel, et sur la terre paix aux ‘6 hommes de bonne volonté,” Puis les Anges disparurent et rentrèrent dans les cieux.

Les bergers, remplis d'admiration et de joie, se levèrent aussitôt, se disant l’un à l’autre : “ Hâtons-nous, et allons à Bethléem, et voyons les merveilles que le Seigneur vient de nous anrioncer !” Et ils accoururent à la grott: de David, et ils trouvèrent Mate et Joseph, et l'Enfant-J£sus dans sa crèche...

Ds se prosternèrent devant lui, pleins

L'ENFANT-JÉSUS 131 nil

de foi et de boune volonté. Ils l’ado- l rèrent comme leur Sauveur, comme le hi.

Rédempteur du monde, comme le Christ Seigneur, comme le Fils de Dieu fait homme ; et leur foi leur fit découvrir, Li sous les humbles apparences de ce 4 pauvre petit nouveau-né, le Dreu vi- | | vant, Créateur et Seigneur de toutes ji. | choses, régnant avec le Père et ie Saint- | Esprit dans tous les siècles des siècles. | ê|

Il en est ainsi de nous, fidèles en- À

fant de l'Eglise, lorsque dociles aux noi

| enseignements de nos prêtres qui sont

; | les Anges, c'est-à-dire les envoyés de | Dreu, nous allons à J'ÉsuS, présent et | caché au Saint-Sacrement de l'autel, Sous l’humble apparence du Sacrement,

notre foi découvre et adore l'Enfant-

Jésus, vrai Drev et vrai homme. Lec |

bergers de Bethléem n'apercevaient

qu’un petit enfant, et ils adoraient le

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Fils de Dieu en cet enfant; et ils avaient bien raison : nous autres, héritiers de leur foi et éclairés comme eux de la lumière céleste, nous n’apercevons dans l’Eucharistie qu’une petite hostie, que l'apparence du pain, et nous adorons JÉsus dans son Sacrement ; et nous avons bien raison, car il est là tout entier présent, tel qu'il règne dans les cieux, et tel que nous le verrons un jour au Paradis.

Oh ! que l’'Enfant-JÉsus a béni de bon cœur ces bons bergers, ces chers pauvres qu’il appelait ainsi les premiers à l'honneur de le voir et au bonheur de le connaître ! Comme la Sainte-Vierge le leur a donné avec joie, pour qu’ils pussent baiser tout à leur aise ces petites muins, ces petits pieds qui devaient un jour être crucifiés pour nous | Heureux bergers de la crèche, priez

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pour nous dans le ciel, afin qu'après avoir, comme vous, reconnu, aimé et suivi JÉSUS dans ses anéantissements sur la terre, nous le voyions et adorions avec vous dans la lumière éternelle, où il se montre sans voile à tous ses Saints !

Les Mages et l’Enfant-Jésus

Le bon Jésus, qui est le Sauveur de tous les hommes, aime d’un égal amour les petits et les grands, les pauvres et les riches. Il appela d'abord les pauvres et les petits, parce que ceux-ci étaient plus sbandonnés, et avaient encore plus besoin que les autres des consolations de la foi; mais aussitôt après le

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voici qui du fond de sa crèche fait un second miracle pour appeler à lui les savants et les grands de ce monde.

La lumière céleste, qui avait enveloppé les bergers durant la nuit de Noël, figurait la foi, la lumière du ciel, qui amène les hummes aux pieds de JÉsus-CHRIST.

Une étoile miraculeuse, d’une grandeur et d’unesplendeur extraordinaire, qui, elle aussi, était une figure de la foi, apparut en même temps très-loin de là à trois riches et savants personnages qu'on appelait des Mages. Ils règnaient en qualité de princes sur une partie de la Chaldée ou de l'Arabie, C’étaient des hommes religieux, droits et sincères, non moins bien disposés que les bergers de Bethléem. Mais ils étaient riches ; et ies riches, même les bons riches, ont toujours beaucoup de

chemin à faire pour arriver à JÉSUS- CerisT. Les bergers, au contraire, étaient pauvres ; i!s n'avaient pas les embarras de l’opulence et des gran-.

deurs ; et libres de cet attirail, ils purent aller de suite à leur Sauveur.

Comme les bergers, les Rois-Mages réponc'irent à l’appel céleste : l'étoile miraculeuse leur fit connaître que le moment prédit par les anciennes tra-

ditions du genre humain était enfin arrivé, et que le Christ, Roi et Sauveur du monde, était né.

Dociles à la voix du ciel, ils se mirent bientôt en marche, bien assurés que le bc: Ehiru ne les tromperait pas, et que l'étoile :°s sonduirait au Messie nouveau-né. En effet, l'étoile céleste, dirigée par les Anges, avança devant eux, leur montrant le chemin ; semblable à la lumière de la vraie foi, qui

nous conduit, à travers les obscurités de ce monde, dans la vraie voie du ciel, dans le bon chemin qui mène à JÉSUS-CHRIST. |

Les Mages avaient avec eux de nombreux serviteurs, et ils emportaient pour le Christ-Roi de : ax présents, entre autres de la pouüre d'or, des grains d’encens et de la myrrhe,

Toujours condu'ts par l’étoiie, les Mages arrivèrent à Jérusalem. Et ils se présentèrent devant le roi des Juifs, qui s'appelait Hérode, Cet Hérode, tributaire de l’empereur romain, était un très-méchant homme, ambitieux, hypocrite, très-cruel, et qui voulait avant tout rester le maître. Les bons Mages, qui ne savaient pas cela, allèrent le trouver, et lui demandèrent tout simplement ! “ Où est le Roi des ‘ Juifs, qui vient de naître ? Du fond

“ de l'Orient, nous avons vu son étoile, ‘ et nous sommes venus pour l’adorer.”

A cette nouvelle, Hérode fut trèstroublé, et avec lui toute sa cour. Il dissimula cependant ses craintes et sa colère ; et après avoir consulté Îles prêtres juifs et les Docteurs de la Loi, il dit aux Mages ! “ C’est à Bethléem, “ en la tribu de Juda, que doit naître “le Christ, Roi d'Israël, suivant les ‘6 anciennes prophéties. Allez donc à ‘6 Bethléem ; adorez ce Rui nouveau- « né; et quand vous l'aurez trouvé, ‘6 venez aussitôt me le dire, afin que moi aussi j'aille lui rendre mes hom- ‘ mages.” Le traître ne disait pas cela de bon cœur: il voulait, sans se donner la peine de le chercher, se défaire à coup sûr de celui qu’il regardait comme un dangereux rival.

Quant aux excellents Rois-Mages,

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