‹ Les ennemis des curés [microforme]Chapitre 23 sur 25 · SARA · texte numérisé non relu

SARA

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L’Enfant-Jésus obéissant

Quand on est doux et humble, on est bien facilement obéissant. L’obéissance est un parfum eomposé d’humilité et de douceur.

L’Enfant-Jéens était si parfaitement obéissant, qu’il semblait n’avoir d'autre volonté que la volonté de son Père céleste et celle de Marie et de Joseph, Tl ne faisait rien de lui-même. Il était Maître de tout et de tous, et il se comportait en pauvre serviteur, comme à tout et à tous.

Au moment où il descendit dans le sein de la Vierge Mare, il voulut que

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son incarnation dépendit, non pas de lui, mais d'elle. Pour naître à Bethléem, et accomplir aïnsi les oracles de ses Prophètes, il voulut se soumettre à un caprice de l’empereur romain, comme un sujet se soumet à son maître.

Dans sa crèche, le voici absolument

‘est soumis à toutes les volontés de sa nce mère, et à la conduite de son père é et nourricier. Il se laisse prendre et dé-

poser, envelopper de langes, coucher sur la paille de la crèche; les Bergers et les Mages le prennent et le reprennent ; il ne connaît qu'un seul mot :

obéir. De sorte que déjà on pouvait dire de Jésus la parole que nous rapportions plus haut, en racontant sa jeunesse à Nazareth, entre Joseph et Marie: “il leur était soumis.”

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Et toi, mon enfant, es-tu soumis, docile, obéissant, en toutes choses ?

Obéis-tu d’abord de tout cœur à la loi du bon Dreu ? Tout péché est une désobéissance. Es-tu doucement et humblement soumis à tes parents, à tes maîtres, à tous ceux qui ont droit de te commander ? Quand tu obéis, est-ce Joyeusement et de bon cœur? Car il ne suffit pas d’obéir, il faut de plus bien obéir, obéir chrétiennement et parfaitement. Obéis-tu par un sentiment de foi, parce que c’est la volonté.

du bon Dieu? Ou bien simplement parce que tu y es habitué et que tu as un bon naturel ? Tâches-tu, même en jouant, et avec tes petits camarades, de faire plutôt leur volonté que la tienne, ou, du moins, de leur céder facilement ?

Examine-toi sur tout cela, aux pieds de l’Enfant-Jésus, le grand Docteur de :

lobéissance et de la soumission.

L’Enfant-Jesus au Saint-Sacrement de l'autel:

Jésus est toujours au milieu de nous, réellement et corporellement, par le très-saint sacrement de l’Eucharistie.

L'Eglise, c’est l'immense Bethléem, où le Roi des cieux, caché et voilé sous une faible apparence, est adoré, reconnu, aimé, servi par les Anges et par les hommes fidèles. Bethléem, en hébreu, veut dire: maison de pain; l'Eglise est cette maison, composée de pierres vivantes qui sont, sur la terre les chrétiens, dans le ciel, les Saints et les Anges: et ce pain, c’est Notre-Sei-

gneur Jésus-Christ, qui est le pain des Anges, l'aliment éternel de tous les Bienheureux, et ici-bas notre nourriture spirituelle et divine, dans l’Eucharistie.

L'Eucharistie est en effet Jésus présent et voilé sous l'apparence du pain et du vin, c'est Jésus avec tous les mystères de sa vie et de sa gloire ; c’est Jésus avec tous les états par lesquels il a voulu passer pour opérer notre salut, et. par conséquent avec le mystère de l'état de sa sainte enfance.

Oui, nous avons toujours au milleu de nous l’Enfant-Jésus; “oui, nous sommes aux pieds de l’Enfant-Jésus, du même petit Enfant-Dieu qui a reposé jadis dans l’humble crèche de Bethléem, lorsque nous sommes à genoux devant le Saint-Sacrement. O le grand honneur et l’admirable chose ?

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Nous n'avons rien à envier aux Bergers et aux Mages : nous adorons, nous voÿons. nous touchons, nous possédons le même Dieu anéanti pour l’amour de nous dans le mystère de son Eucharistie, comme il était anéanti devant eux dans le mystère de son Incarnation.

Par l’Eucharistie, Notre-Seigneur continue donc à travers tous les siècles le mystère de l’Incarnation et celui de la Rédemption.

Dans l'Eglise, dans la grande Bethléem, le rôle de la Sainte-Vierge et de saint Joseph est continué par le Prêtre catholique, qui enfante sur l’autel Jésus, Dieu-homme.

Il le tient en ses mains consacrées :

il le présente aux bons fidèles ; il le leur donne avec amour.

Il le leur fait counaître par ses pa-

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roles et son enseignement ; il leur apprend à le bien servir, à le bien adoter ; il les aide tant qu’il peut à l'aimer parfaitement ; et il reçoit de leurs mains les aumônes destiné au eulte de Jésus, comme autrefois la Sainte-Vierge et saint Joseph recevaient avec joie les humbles présents des Bergers et les riches offrandes des Rois-Mages.

Il le leur donne dans la Communion, et alors ils deviennent la crèche vivente où l’Enfant-Jésus se plaît à reposer ; crèche douce et moelleuse, où le pauvre petit Jésus est bien mieux que sur la paille froide et dure de Bethléem ; crèche bien-aimée, que Jésus se -prépare dès le commencement du monde et qu’il glorifiera d’une manière admirable pendant toute l'éternité,

La lumière qui brille nuit et jour devant le Saint-Sacrement est la con-

L'ENYANT-JÉSUS 183 tinuetion de l'étoile qui brillait aux yeux des Mages et s’arrêtait au-dessus de l'endroit où était l'Enfant. Elle est le symbole de la foi toujours lumineuse et de l’amour toujours ardent que nous devons avoir pour notre cher Enfant-Jésus, présent au fond de nos tabernacles. Hélas, combien nos églises sont souvent solitaires et désertes ! Le mystère de Bethléem se continue malheureusement encore sous ce triste rapport: nos villes, nos campagnes sont pleines de Bethléémites, d’indifférents qui s'occupent de tout, excepté de l’Enfant-Jésus !... Et cependant c'est pour eux qu'il est là, pour eux seuls, pour leur salut et pour leur bonheur !

Allos donc à l’église, allons à Bethléem, mon cher petit enfant; aimons à visiter souvent, très-souvent, l’En-

fant-Jésus qui nous aime tan. Aimons à le consoler par notre présence, et à lui montrer que ce n’est pas pour rien qu'il descend ainsi sur la terre! Aimons surtout à le recevoir dans l’adorable Communion: rien ne réjouit autant le cœur de l’Enfant-Jésus. (Ceux qui l’aiment véritablement ont faim et soif de lui au Saint-Sacrement de l'autel, et ils le reçoivent le plus souvent et le plus amoureusement possible.

Prions la bonne Vierge de nous donner un grand amour pour son Fils, notre Sauveur, et unissons toujours nos prières et nos adorations à celles de cette Mère d'amour, afin qu’elles soient plus agréablement reçues du Dreu caché de la crèche et de l'Eucharistie.

L'Enfant-Jésus présent et vivant dans nos cœurs

JÉSUS, par sa grâce, habite dans nos âmes baptisées d’une manière bien plus parfaite que dans la grotte de Bethléem. À Bethléem, il n’a fait pour ainsi dire que passer: on ne sait pas au juste combien de temps il y est resté ; peut être deux mois, trois mois ; et puis, les fureurs d'Hérode l'ont obligé à quitter cet asile. Il n’en est pas de même de nos âmes : par le Baptême, il se les unit si intimement qu’il ne les quitte plus jamais, à moins qu'elles ne

le rejettent tout à fait, qu’elles ne .

rompent avec lui par l’apostasie de la

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foi. Nous devenons, par le baptême, les rameaux de ce cep divin qui s’appelle Jésus-Curisr ; “Je suis la vigne, ‘ nous a-t-il dit, et vous êtes les ra- ‘“ meaux.”” Nous lui sommes donc unis, et il est intérieurement présent à nos âmes, pour répandre en elles sa grâce et son Saint-Esprit, comme le cep de vigne répand dans les rameaux qui lui sont unis la sève qui fait pousser les feuilles et les raisins. Toutes les œuvres chrétiennes que nous avons le bonheur de faire, sont les raisins spirituels que J£sus produit en nous et avec nous par sa grâce.

Oh ! petit enfant chrétien, que tu es done grand et admirable! tu es le temple de Dieu; tu es le tabernacle vivant de J'Ésus-CHRIST; tu es le sanctuaire de l'Enfant-Jésus, du Roi des Anges, du Rédempteur du monde!

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