‹ Les ennemis des curés [microforme]Chapitre 3 sur 25 · PERRET · texte numérisé non relu

PERRET

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Qu'il y a d’épiciers, de marchands, de petits boutiquiers, etc., qui n'ont d'autre motif pour crier après les prétres, que cet argument secret, caché au fond de leur cœur :

6 J'ai du bien d'autrui ; ie ne veux

qui mu pas le rendre ; donc, je ne veux pas me par- confesser ; à bas les Curés ! ” FAR L’impiété du jeune libertin vient du )IEU corps ; celle de l’ivrogne, du fond de la set bouteille ; celle du petit et du gros de voleur, du fond de la caisse. Et tout " cela se traduit en accusations de toutes ue couleurs, plus absurdes les unes que les Le autres, contre les Curés, qui n’en peuvent mais.

me és Examinons un peu ces balourdises, Et mes bons amis, et touchons du doigt a leur fausseté. Ce ne sera pas long.

le Nous avons vu ce que sont les en-

nemis des Curés ; nous allons voir ma'ntenant ce qu'ils disent.

Les Curés sont les ennemis du peuple

On vous le dit et vous êtes assez simples pour le croire.

Et qui vous le dit? Les gens dont nous parlions tout à l’heure, ‘“ les ennemis des Curés,” les mauvais sujets, les ivrognes, les gens tarés. Nous avons vu ce que valent leurs dires. Ce sont les voleurs qui accusent les gendarmes.

Qui vous dit cela encore ? et qui le leur dit à eux mêmes? Les mauvais journaux? Mais vous ne savez donc pas qui parle dans les neuf dixièmes des mauvais journaux ? Des individus sans

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foi ni loi, sans convictions, sans conscience, qui exploitent la crédulité de leurs lecteurs, qui mentent à tant par mois, qui Gisent du mal des prêtres parce qu’ils sont payés pour cela !

Et que vous disent-ils, ces docteurs de contrebande ? Qu'il n’y a pas de DIEU, qu'iln'y a ni ciel ni enfer, que la Religion est un tas de vieilles superstitions, qu'on n'est en ce monde que pour jouir, et que les prêtres, qui vous disent le contraire, sont vos ennemis, les ennemis du peuple, les ennemis du genre humain.

Si vous croyez cela, savez-vous ce qui arrivera? Vous irez en enfer, vous ircz brûler éternellement en enfer ; car il ya un enfer, quoi qu'on vous dise, Et voilà où vous conduisent tout droit ces fameux “amis du peuple.”

Pourquoi ces misérable-là vous ré-

pètent-ils chaque jour, sur tous les tons, que le prêtre est votre ennemi! Parce que, pour sauver vos âmes, pour vous empêcher d'aller aux enfers, le prêtre est obligé en conscience de vous dire juste le contraire de tout ce qu'ils vous disent. Au lieu de flatter, comme eux, voire orgueil et vos passions, 1l vous dit de les réprimer. À chaque instant, il est obligé de vous répéter ; il n’est pas permis de désobéir à Dieu. Il n’est pas permis de voler. Il n’est pas permis de s’enivrer. Il faut être chaste,” etc. ; en un mot, tous les commandements de Drru et de l'Eglise.

Or, tout cela n’est pas agréable à la nature. ‘“ Vous le voyez, disent les susdits, les prêtres sont les ennemis du peuple.”

Et cependant, s' vous écoutez le prêtre, c’est votre salut en ce monde et en l’autre, c’est votre vrai bonheur.

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En ce monde, vous éviterez toutes les misères, toutes les hontes de l’inconduite ; vous serez bons, aimés, estimés de tous les honnêtes gens. Vous aurez encore des peines, sans doute ; tout le monde en a; mais la Religion vous donnera la force de les porter avec patience et avec mérite. Dans l’autre monde, vous serez éternellement heureux avec le bon Dieu dans le ciel, au lieu de brûler éternellement en eufer comme les méchants.

Et le prêtre qui vous veut, qui vous procure ce bonheur, ce serait votre ennemi ! Quelle folie!

Mais ce n’est pas tout. Vos mauvais journaux, que vous prêchent-ils encore ? La révolte sociale, l'envie contre tous ceux qui sont au-dessus de vous, la révolte de l’ouvrier contre le

patron, la révolte du paysan contre le

château, le bouleversement de la société, le renversement de tout ; en un mot la Révelution. Sous des formes plus ou moins gazées, et sous prétexte de politique, de liberté, de progrès, voilà ce qu'ils ne cesse de vous prêcher.

Et, si vous les croyez, où vous mèneront-ils ? Aux émeutes, aux sanglantes barricades, à la mort, ou du moins en prison, au bagne, en Calédonie.

Les beaux “amis” que vous avez là !

Et ce sont eux qui vous ameuntent contre l'Eglise et contre les prêtres, parce qu’ils sentent très-bien que l’Eglise et les prêtres sont toujours et partout les adversaires-nés des passions révolutionnaires.

Oui certes, l'Eglise et les prêtres vous enseignent juste le contraire, De la part de Dieu, ils vous disent qu’il faut respecter L'autorité, qu'il faut obéiraux

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pouvoir légitimes, qu’il ne faut pas se fourrer dans la politique, qu’il n’en faut pas croire les mauvais journaux, que la souffrance est une conséquence inévitable et une punition du péché, et que les belles utopies des socialistes ne sont que des chimères.

Or, ces grandes vérités-là sont le secret du bonheur public, et par conséquent du bonheur privé. Là où ces vérités sont connues et pratiquées, là règne la paix de l'Etat, la paix de la famille ; l’agriculture, le commerce, l'industrie, que paralysent toujours les perturbations sociales, se développent sans crainte ; le paysan, l'ouvrier re chôment point; chacun s'occupe Ge ses affaires et tout va bien.

ple.”

Et voilà encore comment l'Eglise e* les prêtres sont ‘“jes ennemis du peu-

Un dernier mot : lquel intérêt personnel a le prêtre quand il vous dit de réprimer vos mauvaises passions, d'obéir, de souffrir patiemment ce que vous ne pouvez pas éviter ? Quel profit lui en revient-il? fl n'en retira guère que l'outrage, que la calomnie, que la persécution, parfois même de la part de ceux qu’il veut sauver.

Et les autres, au contraire, les prétendus amis du peuple, ceux qui vous mènent à la boucherie ou au bagne, et finalement en enfer, avez-vous remarqué où cela les conduit eux-mêmes ?

Sinon toujours, du moins souvent, au Couseil municipal, au Conseil général, voir même au fauteuil (et aux appointements) de député. On en a vu et l’on en voit qui, marchant ainsi sur le dos du pauvre peuple, grimpent encore plus keut et attrappent patrio-

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