C. Nymphe grossie de l'Anthonome
D. Anthonomus pomorum adulte, grossi
L’anthonome a de 3 à 6 millimètres de long, est d’un brun-noirâtre, avec une pubescence grise, et une bande transversale oblique, plus claire vers le milieu de chaque élytre, et un écusson blanc.
C’est un petit coléoptère de la famille des charençons, qui, dès qu’apparaissent les fleurs du pommier, s’empresse de pondre un œuf dans le bouton de la fleur.
Cet œuf donne naissance à un ver qui ronge le fruit, aussitôt qu’il est noué la fleur se flétrit ; on appelle cette maladie le «clou de girolle», parce que la fleur, dans ces conditions, ressemble au clou de girofle.
L’anthonome passe l’hiver et une grande partie du printemps dans la mousse, au pied des pommiers, puis la femelle fécondée sort de sa retraite vers le mois de mai, monte le long de l’arbre et va pondre ses œufs dans chaque bouton.
Or, si l'on arrivait à avoir des pommiers très précoces fleurissant de très bonne heure, ou ayant des fleurs se refermant presque aussitôt ouvertes, on aurait la solution du problème de l’anthonome. Eh bien ! les entomologistes sont actuellement sur la voie de cette solution.
On a remarqué d’abord qu’en semant au pied des pommiers du sulfate de fer et du sulfate d’ammoniaque, on obtenait le double résultat de détruire la mousse au pied des arbres, et de hâter la floraison.
La mousse détruite, les femelles n’ont plus d’abri pour passer l’hiver, et sont forcées de s’éloigner de l'arbre.
La deuxième partie du problème est trouvée : faire refermer la fleur aussitôt qu’elle s’est épanouie.
Cette question qui, au premier abord, parait difficile, est cependant des plus simples.
En effet, on a remarqué très souvent :
1“ Que les pommiers placés près des routes poussiéreuses rapportaient plus de pommes que les pommiers placés au milieu des champs ;
2" Que les pommiers placés près des ruches à abeilles rapportaient plus aussi.
C’est que dans ces deux cas les fleurs sont fécondées presque aussitôt qu’elles sont ouvertes, et qu’aussitôt les fleurs de pommier fécondées, elles se referment et deviennent inattaquables par l’anthonome.
Les fleurs de pommiers placés près des routes poussiéreuses reçoivent de petits grains de poussière qui, en frappant sur les étamines des fleurs, déposent le pollen sur le pistil.
Dans l’autre cas, ce sont les abeilles qui, en venant extraire le miel des fleurs les fécondent, en apportant sur le pistil le pollen adhérent à leurs pattes. Dans les deux cas les fleurs se referment aussitôt ouvertes, surtout aux environs des ruches, où toujours les abeilles sont en quête d’une nouvelle fleur à visiter.
La destruction de l’anthonome ne repose pas sur la découverte de tel ou tel insecticide.
Cet ennemi qui se développe de plus en plus en Normandie et en Bretagne, et qui actuellement détruit les deux tiers des récoltes, sera détruit lui-même si le cultivateur comprend enfin combien il lui importe que ses pommiers soient traités avec soin.
Le moyen de destruction qui semble actuellement le plus pratique, consiste à mettre de place en place dans le champ de pommiers quelques ruches à abeilles ; dès le matin les ouvrières en allant récolter le miel des fleurs, les fécondent et les sauvent ainsi, le plus souvent, des ravages de l’anthonome.