AUX POMMIERS
C’est dans cet ordre que l’on rencontre les plus petits ennemis du pommier et non les moins dangereux. Nous ne nous occuperons ici que des deux plus terribles :
1" Le Puceron lanigère (Aphis Lanigera )
2' Le Kermès coquille ( My/ilcispts pomorum)
On rencontre également sur les pommiers : F Aphis mali et plusieurs autres petits pucerons, dont les dégâts, jusqu’à présent, n ont pas occasionné de dommages sérieux.
INSECTES HÉMIPTÈRES
LE PUCERON LANIGÈRE (Aphis lanigeral
A. Branches de pommier recouvertes de boursouflures causées par le Puceron lanigère
d’après M. Prillieux.
Le plus grand ennemi des pommiers, c’est le Puceron lanigère. Ce petit insecte se présente sous l’aspect de nombreux flocons blancs qui apparaissent en été sur les branches crevassées des pommiers. Or, ces insectes sont munis d’une trompe qu’ils font pénétrer dans l’écorce de l’arbre et qui leur sert à sucer la sève.
Cette piqûre détermine la déformation des canaux amenant la sève, ce qui produit des boursouflures et des crevasses énormes sur les branches et même sur les racines de l’arbre.
Dans ces conditions, les branches du pommier perdent de leur activité et sont vouées à la mort, qui souvent ne se fait pas longtemps attendre.
Mais le Puceron lanigère ne détruit pas seulement les branches du pommier, il détruit aussi les feuilles et leur donne indirectement la maladie appelée cloque , et voici comment :
Ces pucerons se promènent sans cesse sur les feuilles, où ils laissent suinter une liqueur sucrée qu’on reconnaît très facilement à l’aspect vernissé qu’ont les feuilles recouvertes de cette substance mielleuse qui ne tarde pas à boucher tous les pores de la feuille.
Les fourmis attirées par le liquide sucré, viennent à leur tour, et laissent suinter un liquide acide spécial appelé acide formique, qui brûle les feuilles en leur donnant des cloches, absolument comme ferait le feu, de là le nom de cloque donné à cette maladie.
Le Puceron lanigère attaque même les jeunes pommiers, et c’est avec le gui une des principales causes de ralentissement de la vie des pommiers rendus ainsi beaucoup plus attaquables par les autres insectes dont nous étudierons successivement les mœurs.
Pour détruire le Puceron lanigère, il faut surtout avoir soin des pommiers. Ii faut, pendant l’hiver et au printemps, couper toutes les branches mortes qui retiennent sous les interstices de leur écorce, les œufs d’insectes nuisibles, puis enlever au grattoir toutes les vieilles écorces et les brûler, ainsi que la mousse qui se trouve au pied des pommiers, et lorsque le tronc et les principales branches sont à peu près lisses, on les badigeonne avec un mélange de ehaux, de savon noir et d’eau dans les proportions suivantes :
Eau
Chaux
Savon noir.
10 litres 500 gr.
150 gr.
On opère le badigeonnage à l’aide d’un pinceau très rude, de façon à bien faire pénétrer dans tous les interstices cette sorte de peinture.
Puis, au mois de février, on fait au pied des pommiers, à environ 20 centimètres de terre, un anneau de goudron à l’aide d’un pinceau.
Cet anneau est destiné à engluer les insectes qui montent des racines vers la partie supérieure de l’arbre.
Tel est le cas de la femelle du Puceron lanigère.
Mais il ne faudrait pas croire que le Puceron lanigère soit le seul ennemi du pommier, il y en a bien d’autres, comme nous allons le voir; mais nous le répétons, le Puceron lanigère est un des plus dangereux, parce qu’il affaiblit immédiatement les pommiers et les rend beaucoup plus attaquables par les autres insectes.
INSECTES HÉMITTÈRES
LE KERMÈS COQUILLE (Mytilaspis pomorum J
Branche de pommier attaqués par le Mytilaspis pomorum (grandeur naturel!. ).
^ Id id. (grossi du double).
Mytilaspis pomorum grossi, vu en dessus.
Xd. id. vu en dessous.
Le Mytilaspis pomorum ou Kermès en coquille de moule, comme l’appelait Réaumur, est un insecte dont la femelle mesure de 1 à 2 millimètres de long, elle a la forme d’une petite coquille de moule allongée et amincie en avant, un peu arquée en forme de virgule ; sa couleur passe du brun au noir.
Ce petit Kermès, dont l’apparition en Normandie date de 1865, vivait depuis cette époque par petits groupes isolés, manquant du nécessaire pour élargir leurs domaines et augmenter leur famille. On rencontrait par-ci par-là quelques bohèmes vagabonds installant leurs demeures à l’extrémité des branches des pommiers, des poiriers, des pruniers et des cornouillers.
Mais l’année dernière, cet insecte s’est développé en quantité prodigieuse sur les vieilles aubépines des haies où il se plaît à merveille ; tous les vieux pieds d’aubépine en sont littéralement couverts, et il est fort probable que ces vieux arbrisseaux sont la source actuelle du grand nombre de Mytilaspis pomorum que nous avons constaté cette année sur les pommiers.
Ces insectes se développant de plus en plus, n’ont plus de place sur les haies, et vont sur les pommiers voisins de celles-ci ; on remarque, en effet, que les pommiers placés près des vieilles haies, en sont plus envahis que les autres.
La femelle aussitôt fécondée se fixe sur la branche des arbres, puis meurt après s’être collée à la branche, de façon à ce que sa carapace serve d’abri à ses œufs. Jamais l’instinct de la maternité n’a été poussé aussi loin. Le squelette de la mère sert de toiture imperméable à vingt-cinq ou trente œufs placés dessous.
Les œufs, placés sous ces sortes de boucliers, éclosent vers le 15 mai, et les petits se dispersent sur l’écorce, où ils apparaissent alors comme de petits points blancs faisant partie de -l’épiderme, puis ils enfoncent leur suçoir dans l’écorce et pompent la sève qui doit alimenter les feuilles et les fruits.
Dès la première année d’attaque les pommiers se flétrissent, et si l’on ne remédie pas aussitôt au fléau, on voit bientôt les pommiers ne plus produire et mourir.
Voici les moyens de destruction que nous avons conseillé jusqu’à présent, et qui ont donné de bons résultats :
D’abord les colonies de Mytilaspis pomorum étant établies presque toujours à l’extrémité des branches du pommier, il sera facile d'en détruire une grande quantité en taillant les arbres un peu court et en brûlant les branches coupées.
En outre, si l'on revoit l’insecte au mois de mai, il est bon d’asperger les pommiers atteints avec la solution suivante :
Eau
Chaux vive.
Savon noir .
10 litres 500 gr.
100 gr.
le tout bien délayé et envoyé à l'aide d’un pulvérisateur.
INSECTES LÉPIDOPTÈRES