VI. JÉSUS souffrant
ne Station.
JÉSUS EST CHARGÉ DE LA CROIX
Nous vous adorons, etc.
Les Juifs s’imaginent rendre Jésus infâme en le chargeant d’une croix. Mais qu’est-elle en réalité cette croix, sinon le trophée de son amour ? Triumphi sui portabat iropliœum .*
O Sauveur adorable, vrai conquérant des cœurs I on vous charge d’une pesante croix ; vous l’acceptez avec amour ; car elle est l’instrument de vos conquêtes, le glaive qui transpercera le serpent infernal.1 2 C’est le sceptre sacré de votre royauté sur les âmes : bientôt d’un pôle à l’autre on s’inclinera devant vous, en adorant votre croix. Bientôt les cœurs les plus durs se briseront de regret, et les âmes les plus froides s’enflammeront d’ardeur, au contact de votre croix. Salut donc, ô Croix de mon Jésus 1 étendard de sa charité pour nous ! c’est par vous que je comprends combien mon Sauveur m’a aimé ; c’est vous qui me pressez de l’aimer sans réserve. Ainsi soit-il ! — Pater , etc.
(1) S. Léo. Serm. 8 de Pass. Dei
(2) S. Joan. Chrys. hom. 2. de Cruce.
TROISIÈME SÉRIE
IIIe STATION.
JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS
Nous vous adorons, etc.
Voici le nouvel Abel que l’homme son frère, nouveau Caïn, emmène pour le tuer 1 Voici le nouvel Isaac, chargé du bois de son sacrifice et qui s’affaisse sous son fardeau ! Hic educüur Abel in agrum a fratre ut perimatur ; hic adest Isaac cum lignis.1
O mon Rédempteur I d’où vient que la croix vous accable? Plus innocent qu’Abel et Isaac, vous êtes aussi plus puissant qu’eux, vous le Créateur de l’univers; néanmoins vous tombez sous le bois de votre sacrifice, comme la plus faible des créatures. Quel est donc ce mystère? Ah! c’est un mystère de tendresse pour nos âmes ! Connaissant notre impuissance au bien, vous avez voulu, par votre chute divinement méritoire, nous obtenir la force d’agir et de souffrir pour vous. Je vous en remercie, adorable Sauveur! faites que je vous aime avec ardeur et générosité, jusqu’à mon dernier soupir. Ainsi soit-il! — Pater, etc.
(1) S. Hieronym. in Marc. c. 15.