SCENE
Expérimentalions animales :
REICHLE a expérimenté sur des lapins. Après anesthésie, il injectait de minimes quantités d'encre de Chine dans la trachée des animaux, puis les sacrifiait et fixait les poumons au formol. Il insiste sur deux éléments :
— la nécessité d'employer de faibles quantités d’encre de Chine pour ne pas inonder les rigoles ;
— l’importance de la position de l’animal pendant l’injection, qui détermine l’imprégnation de tel ou tel territoire de la zone d’élection.
Déductions cliniques :
Enfin REICHLE apporte à son argumentation quelques faits cliniques concernant l’inhalation. de poussières ou de particules étrangères. Dans ce dernier cas l’auteur estime que très souvent se succèdent deux ordres de phénomènes :
Dans un premier temps, les particules étrangères sont inhalées dans la lumière des bronches et réparties de facon indistincte dans toutes les zones aérées du poumon, avec cependant une prédilection pour les régions basses. Maïs dans un deuxième temps, ces particules viennent se mêler au mucus et, quittant alors la lumière bronchique, sont plaquées contre la paroi. Dès cet instant, elles subissent la loi générale des ensemencements bronchiques et se répartissent dans la zone d'élection.
Pour notre part, nous pensons que la sommation des atteintes en un même point est sous la dépendance de divers facteurs. Il est vraisemblable d'admettre que, par suite d’une disposition anatomique particulière, la position du sujet et sans doute les différents types thoraciques interviennent pour localiser le point de chute des embolies bronchiques de façon permanente vers une zone d’élection. Les « rigoles » décrites par REICHLE jouent sans doute un rôle orienteur, mais ce rôle n’est pas exclusif. Nous aurons . occasion de revenir plus loin sur ces différents points.
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B) Points d'appel.
On peut se demander si certaines lésions stabilisées ou peu évolutives ne peuvent constituer un point d'appel pour le développement de lésions bronchogènes. I1 semble bien que des lésions encore fraîches sont parfois stimulées par des embolies bronchiques.
O8s. — Mme C... est venue le 12 juin 1944 pour une caverne de la zone dorsale supérieure droite, avec quelques nodules discrets sous la clavicule gauche. Un pneumothorax droit, d'emblée complet est créé le 15. Une radiographie du 17 montre que celui-ci, par expressoin cCavitaire, a entrainé une dissémination bronchogène sous la forme de volumineux nodules dans la lingula. Mais ce qui est intéressant à noter, c’est la présence sous la clavicule gauche d’une grosse poussée infiltrative, aux lieu et place des petits nodules notés sur la radiographie d’entrée.
Outre ces lésions fraiches, on peut aussi se demander si des lésions anciennes et même calcifiées ne peuvent pas jouer un rôle analogue. A. DurourT et J. BRUN, DÉPIERRE dans sa thèse, ont posé le problème : « Il semble que l’ulcération risque d’apparaître sous l'influence de ces disséminations bronchogènes au sein d'anciennes lésions primaires ou post-primaires avant fragilisé localement le tissu pulmonaire ». Ces cas existent indiscutablement et nous en donnons quelques observations parmi les plus typiques.
Os. — G.. est un jeune étudiant de 21 ans dont on connait l’histoire complète :
1948 : cuti négative ;
Janvier 1949 : cuti positive ;
Décembre 1949 : infiltrat rond de la partie moyenne du poumon gauche, ayant évolué vers la calcification (mars 1951) ;
Fin 1951 : histoire grippale typique ;
Mars 1952 : asthénie débutante.
Il est vu en mai 1952 avec une caverne antérieure rattachée au hile par une traînée, située dans la zone ventrale supérieure, exactement au même niveau que l’ancienne lésion d’Assmann. Il présente en outre une petite cavité sous-claviculaire très postérieure avec traînée la raccordant au hile. Cette cavité est le primum movens qui a provoqué le réveil de lésions post-primaires. :
— 26 — ‘ , | A | OBs. — B.., 22 ans, a été vu en 1947 pour une primo-infeetion avec ruptui e ganglionnaire dans la bronche-souche droite. H1 esf revu deux ans plus tard avec un infiltrat ulcéré du sommet gauche et infiltrat ulcéré: à l'endroit: des cicatrices laissées par la, peris= ration ganglionnaire. Ce sont les embols venus ide la cavité apicale gauche qui ont réactivé les cicatrices post-primaires.
Ors. I, 25 ans. Dzns ce cas, on à assisté à la fonte cavitairé dun hante de primo-infection calcifié de la base droite, sous. l'influence d’embolies bäcillaires venues d’une cavité importante du lobé supérieur gauche. Peux films, à huit mois d'intervalle, montrent d’abord la lésion ealcifiée, puis la cavité au sein” de tà (a: Icification. (Gf.: radio)! .
Il nous Data donc bien établi que dans certains cas, des lésions fraîches où même stabilisées, voire calcifiées, peuvent constituer un lieu de fragilité pulmonaire où se dé-. velopperont des ensemencements bronchogènes. On peut
parler dans ces cas d’un véritable phénomène de Kocx. Mais il faut s'entendre sur la fréquence de telles réactivations. Elles sont rares, surtout lorsqw’il s’agit. de lésions anciennes ou calcifiées.. Les observations où l’on note une : caverne avec son ensemencement bronchogène épargnentf, par exemple, un chancre calcifié, sont plus fréquentes que celles où Pensemencement provoque l’ulcération de ce chancre. | “
Lorsqu'il s’agit de lésions préexistantes ere pee réactivations peuvent se voir plus souvent, mais là aussi elles restent peu fréquentes. Sur un lot de 19:observations d’ensemencement bronchogène évolutif après création. d’un extra-pleural, que nous avons pris au hasard avant la période de la strepomycinothérapie, il y a exactement 5 cas où les disséminations ont évolué en des régions pulmonaires saines et 5 cas où elles se sont développées en-des résions antérieurement DES par des processus bronchogènes discrets.” | à
On peut donc conclure: que si une dissémination bronchogène doit se produire, le lieu où elle prendra pied est déterminé plus par la sommation des atteintes que par Ia