‹ Les enveloppes des testicules [electronic resource]Chapitre 1 sur 15 · Les enveloppes des testicules [electronic resource] · texte numérisé non relu

Les enveloppes des testicules [electronic resource]

On donne le nom de « tunique vaginale » (vagina-gaine) à la membrane séi'euse qui entoure le testicule et l'épididyme.

Si Ton veut être en mesure de bien comprendre comment celte vaginale se dispose sur le testicule autour duquel elle s'enroule, sur l'épididyme qu'elle invagine en partie, sur le canal déférent et le paquet vasculo-nerveux contre lesquels elle se réfléchit et qu'elle laisse en dehors de sa cavité, il importe qu'on étudie, tout d'abord, comment elle se développe ; or, cela implique la connaissance préalable des bourses et des diflérentes couches qui entrent dans leur constitution.

A. La donble assise de tissns qu'on trouve dans les bourses.

On appelle « bourses » les enveloppes des testicules. Ces enveloppes sont formées de deux assises de tissus, l'une superficielle, l'autre profonde. Ces deux assises contiennent l'une et l'autre plusieurs tuniques régulièrement superposées: à Tensemble des couches qui composent l'assise superficielle on donne le nom de couches communes ; il l'ensemble des couches qui composent l'assise profonde', celui de couches propres. Couches communes, cela veut

dire qu'on les rencontre aussi bien sur loule la surface du corps, la paroi abdominale, par exemple, que sur les bourses. Couches propres, cela signifie qu'elles appartiennent exclusivement aux enveloppes des testicules.

A. Les couches communes sont disposées en plusieurs plans, et ces plans forment un double système. Le système cutané y est représenté par la peau, dans le derme de laquelle sont incrustées quelques fibres musculaires lisses, par une traînée très mince de tissu cellulaire sous-dermique, et, enfin, par un muscle peaussier auquel on donne le nom de dartos. Le système muscaio-aponévroiique y est représenté par la nappe celluleuse,plus profondément par la tunique érythroïde formée de faisceaux musculaires striés qui s'éparpillent sur les bourses, et qui, au niveau du canal inguinal, se ramassent en un muscle appelé crémaster externe ou crémaster strié ; enfin, plus profondément encore, par la couche fibreuse.

B. Les couches propres sont constituées, de la superficie vers la profondeur, par une sorte de gangue musculaire à jour appelée crémaster lisse, et par une membrane séreuse à double feuillet appliquée contre le testicule et nommée tunique vaginale. Les auteurs écrivent que le crémaster lisse peut être dédoublé en deux lamelles, l'une externe, collée contre la face profonde de la couche fibreuse, l'autre interne, plaquée sur la face superficielle de la vaginale : la première forme ce qu'ils appellent le crémaster moyen ; la seconde, ce qu'ils désignent sous le nom de crémaster interne.

Barrois (1), dans une thèse où il y a de très bonnes choses, réunit dans un même groupe, sous l'étiquette de tame externe, la peau, le dartos et la tunique celluleuse ; il englobe le crémaster strié, la fibreuse, le crémaster lisse et la séreuse dans un autre groupe qui forme la lame interne. Je trouve, naturellement, ma classification meilleure que la sienne, pour ce que celle-ci ne me paraît pas reposer sur des bases bien solides ; mais, au résumé, j attacherais peu d'importance à la chose, si Barrois ne considérait la tunique celluleuse comme l'homologue, dans les bourses, de la couche graisseuse sous-cutanée du ventre.

(1) Théodore-Charles Barrois: Conlribationà l'^tiide deynveloppes du testicule. Th. in- Lille, 1882, n° 34, p. 12. Chez L. Danel, à Lille.

Cotlc opinion n'est pas clcfcndablc, à ce qu'il me semble, et je pense que WiiUTUKi.AiEu (1) a eu raison de l'aLlaquer. Au reste, je reviendrai i)lus loin sur cette question qu'il me sera plus facile de trancher quand j'aurai décrit toutes les enveloppes du testicule et montré leur origine.

Pour bien comprendre la disposition du sac à feuillets multiples qui renferme le testicule, disposition dont les détails embarrassent quelquefois la mémoire, il faut s'imaginer que le testicule, situé, durant les premiers mois de la vie fœtale, dans la région lombaire, doit, pour sortir du ventre et se faire jour, refouler tous les plans de la paroi abdominale et s'en faire un bonnet à doublures superposées. Je dis « s'imaginer», car cette hypothèse, autrefois défendue par Garus, est, par certains côtés, schématique ; mais je la corrigerai plus tard, le moment venu.

J'admets donc temporairement, sous le bénéfice de celte restriction, que le testicule ^Dousse devant lui, pour émerger du ventre, les différentes couches de la paroi abdominale. Comment va-t-il s'entourer de ses enveloppes communes? Comment de ses enveloppes propres?

B. Comment le testicule s'entoure de ses enveloppes

communes.

Pour les enveloppes communes, la chose est bien facile à comprendre : tout ce qui, dans la paroi, est souple, élastique, extensible, le testicule l'enfonce et s'en fait une coiffe ; tout ce qui est dur, rigide, inextensible, le testicule le défonce et passe au travers. Ainsi se laissent refouler et se retournent en bonnet, la peau et sa doublure musculaire lisse, le tissu cellulaire sous-cutané, le peaussier abdominal (je dirai plus tard ce que j'entends ainsi désigner), la lame celluleuse qui est plaquée sur la face antérieure du grand oblique, les faisceaux charnus du petit oblique et du transverse, le fascia transversalis enfin; mais, au contraire, le large tendon du grand oblique, qui est dense, épais, fibreux, comme c'est le propre des tendons, fait barrière au testicule qui le perfore et passe. Tous les tissus de la paroi abdominale qui obéissent à la pression de la glande

iï)E. WkutiiivImku : Article Tesiiculc (Anutomie). In Dictionnaire encyclopédique (les Sciences médicales, S" série, t. XVI, p. 525. Chez Masson, Paris, 18H6.

génitale quand elle accomplit sa descente se retrouvent donc plus tard dans les bourses de l'adulte ; ceux qui lui résistent ne s'y retrouvent pas.

1° La peau des bourses et le muscle dermo-scrotal.

La peau du ventre est représentée par la peau du scrotum ; dans le derme de cette peau sont incrustés des faisceaux musculaires lisses à l'ensemble desquels on peut donner le nom de muscle dermo-scrotal. Il n'y a i-ien là de particulier.

2° La couche sous-cutanée et le dartos.

La couche sous-cutanée du ventre est représentée dans les bourses par une lamelle de tissu cellulaire ; mais cette lamelle est très ténue, très mince, et voici pourquoi : ici, le tissu s'est ennobli et l'élément conjonctif a disparu au profit de l'élément musculaire, sauf, pourtant, à la racine des bourses, où la substitution ne s'est pas opérée et où le tissu cellulaire sous-cutané a conservé ses qualités et ses marques distinctives. Ainsi s'est constitué le dartos. Je ne veux pas rappeler ici les diilerentes phases par lesquelles a passé l'histoire de celui-ci : il a été tour à tour considéré comme du tissu cellulaire, du tissu élastique, du tissu musculaire; il a même été différencié sous le nom de tissu dartoïque. Ces querelles sont aujourd'hui sans intérêt. Meckel (1) était en dessous de la vérité quand il disait : (( Je crois très probable que le dartos fait le passage du tissu muqueux proprement dit au tissu musculaire et qu'il existe entre lui et les autres muscles le même rapport à peu près qu'entre les muscles des animaux supérieurs et ceux des animaux inférieurs. » Le dartos est, en effet, un véritable muscle, ainsi que Dionis (2) l'a écrit depuis longtemps, et, je crois, le premier entre tous : « Selon les anciens, disait-il, c'était une continuité de pannicule charnu; mais, à présent, l'on reconnaît que c'est un muscle cutané et tissu de beaucoup défibres charnues : c'est par le moyen

(1) J -F Meckel : Manuel d'Anatoinie générale descriptive, traduit par A -j.-L. Jourdan et G. Breschct. Chez J.-B. Baillière, Paris, 182p, t. III, p. 622.

(2) DioMS : L'Analoinie de l'homme. Chez Laurent d'Houry, Paris, 1694, p. 225.

de ce muscle ([uc le scrotum se resserre et devient tout ridé. » Le procès est donc aujourd'hui jugé puisque rHoMSON(i) et d'autres encore ont dérinitivementdémontré la texture musculaire du dartos. Ce qui est jugé aussi, c'est (pie ce muscle se développe sous la peau indépendamment de la présence du testicule dans le scrotum, car je n'imagine pas que personne défende encore maintenant cette hypothèse autrefois soutenue, a priori d'ailleurs, par LobsTKiN (2), par BuESCHET (3) et par L vuxii (4), à savoir que le dartos n'apparait dans les bourses qu'après la descente complète de la glande et qu'il représente les restes du gubcrnaculum testis.

Le feuillet dartoïque est formé de fibres élastiques tassées contre des faisceaux de fibres lisses ; comme l'a fort bien démontré BARROis,il doit être considéré comme indépendant du muscle dermo-scrotalqui capitonne la peau. La direction des fibres du dartos est, en effet, perpendiculaire à celle des fibres du muscle dermo-scrotal ; il est vrai que les faisceaux de l'un et de l'autre s'allongent parrallèlement à la .surface cutanée ; mais le premier est orienté dans le sens antéro-postérieur, le second dans le sens transversal. Le muscle dermo-scrotal est un muscle intradermique, formé par une sorte d'épaississement et de condensation des fibres lisses qui sont, à l'état normal, incrustées dans la face profonde du derme et qui, dans certaines régions, le mamelon par exemple, deviennent très abondantes. Le dartos, lui, est un muscle sous-dermique, une sorte de peaussier à fibres lisses, inséré sur le scpielette ou les plans fibreux du voisinage. Barrois (5), ce pendant, lui attribue une autonomie et une indépendance que je ne m'explique pas. Cet auteur fait du muscle dermo-

(ï) TnoMso.N : Annales des Sciences naturelles, 1836, t. p. 158.

(2) J.-F. LoBSTEiN : Recherches et observations anatomo-physiologiques sur la position des testicules dans le bas-ventre et de leur descente dans le scrotum. Archives de l'art des accouchements, Strasbourg, 1801, t. 1, p. 269.

(îi) G. Breschet : Article Dartos. In Dictionnaire des Sciences médicales, en 60 vol. Chez C.-L.-F. Panckoucke, Paris, 1814, t. VllI, p. 10.

(4) E.M.-Ar,. Lautii : Nouveau Manuel de l'Anatomiste, 2° édit. A Paris, chez F.-G. Levrault, 1835, p. 628.

(b) Th.-Cii. Bahrois : Contribution à l'élude des enveloppes du testicule. Th. in Lille, 1882, n" 34, p. l.ô.

scrotal « un peaussier fortement déveloi^pé » et considère le dartos u comme une enveloppe spéciale, propre au testicule et dont on ne retrouverait Tanalogue dans nulle autre partie du corps humain, si ce n'est, peut-être, dans les grandes lèvres, dans cette lame musculaire que Broca et Sappey nomment le dartos de la femme ». Je ne vois pas, dis-je, pour quelle raison Barrois met ainsi le dartos hors la loi commune : tout au contraire, il est bien, ce dartos, un vrai peaussier, un peaussier banal mais puissant, et rien n'est plus facile que de lui trouver, dans le corps des animaux et dans celui de l'homme, une étroite et nombreuse parenté. Je m'explique.

On sait que chez les invertébrés à corps mou le système des muscles peaussiers prend une telle importance qu'il devient le système de la locomotion. Ces peaussiers se retrouvent, très atrophiés, chez les vertébrés inférieurs, les poissons, les batraciens et les reptiles ; ils se développent davantage chez les oiseaux, qui sont d'une classe plus élevée, et prennent, chez les mammifères, une étendue et une épaisseur quelquefois considérables. « Chez la plupart d'entre eux, en effet, tout le tronc est enveloppé par un muscle peaussier qui s'étend aussi sur le cou, sur une partie de la tête et de la face, et devient souvent aponévrotique le long de la crête dorsale et sur l'abdomen (1). » Ce pannicule charnu, « cet immense muscle large » comme dit Chauveau (2), dont on voit les faisceaux converger vers l'humérus et s'y attacher, se compose de plusieurs portions isolées ou réunies. Aussi bien reconnaît-on le peaussier dorsal, le peaussier ventral, le peaussier cervical, le peaussier fémoral, le peaussier fessier. Le développement de chacune de ces plaques charnues dépend, comme le fait remarquer Cuvier (3), de la mobilité plus ou moins grande des diverses régions qu'elles recouvrent et du rôle que remplit l'enveloppe cutanée dans le genre de vie et de défense de chaque espèce animale. Eh bien ! chez presque tous les mammi-

(1) C.-Th. Siebold et Stannius : Anatomie comparée. Chez Roret, Paris, 1850, t. U, p. 416.

(2) GjtAuvEAU : Traité d'analomie comparée des animaux domestiques, 4" édit., revue par Arloing, p. 248. Chez .T.-B. Baillière, 1890.

(3) Georges Cuvier : Leçons d'anatomie comparée, publiées par DuménU, 2» édit., t. III, p. 596, Chez Fortin, Paris, 1845,

fèrcs, le peaussier du ventre s'insinue sous la peau des parties génitales maies, « surtout chez ceux qui lancent leurs urines par bonds ». Chez les quadrumanes et les chéiroptères, il se glisse dans les bourses ; chez des carnassiers, comme le raton, il se prolonge jusque sur le prépuce dont il devient un puissant rélracteur: chez des édentés, comme le tatou, le peaussier ventral fournit quelques fibres charnues à la verge, et l'on voit partir de lui, sur la plupart des ruminants et des pachydermes, des trousseaux qui tirent le prépuce en arrière et d'autres qui ramènent celui-ci en avant. Sur les singes inférieurs, comme les cynocéphales, le muscle peaussier s'étale encore tout autour du tronc, mais il s'atrophie considérablement dans les espèces d'un ordre plus élevé. Chez l'homme, enfin, le pannicule charnu est réduit à sa plus simple expression; on ne trouve plus guère de fibres striées que sur l'épicrâne, le cou et la partie supérieure du thorax. Mais il reste, en d'autres régions de notre corps, des vestiges du peaussier des animaux; celui-ci, à la vérité, n'est plus le même ; son domaine est étroit, sa noblesse entachée; le muscle s'est dégradé; de strié qu'il était, il est devenue lisse ; très nettement sous-dermique chez les bêtes, il s'est collé à la peau de l'homme sur lequel il se laisse plus difficilement distinguer des faisceaux musculaires du derme : mais en changeant de forme et de structure, il n'a pas changé de signification ; il est devenu, au mamelon, le muscle sous-aréolaire de Sappey et le muscle radié de Meyerholtz ; il est devenu, à la verge, le muscle péripénien; au scrotum, il a pris le nom de dartos; au ventre, il s'est atrophié davantage encore et a perdu sa caractéristique, la fibre musculaire, pour ne garder plus que ses éléments conjonctifs : telles se présentent, sans doute, comme un vestige du puissant ventrier des animaux — c'était, au moins, l'opinion de Velpeau (1) — « ces fibres d'apparence jaunâtre, jouissant d'une élasticité particulière analogue à celle du dartos » , à l'ensemble desquelles Allen Thomson (2) a donné le nom de a couvercle

Ci) A. -A. Velpeau : Traité cCanatomie chirurgicale, générale et topographique du corps humain, 3" cdit. Paris, 1837, vol. II, p. 592.

(2) A. Thomson : Nouvelle recherches sur l'analomie de la région ingainale. In Annales de Médecine physiologique, Paris, 1838, 2° livraison, p. 13.

fibreux de l'anneau inguinal externe » et qui, « parties de la ligne médiane un peu au-dessus de la symphyse pubienne, se portent obliquement en bas et en dehors sur l'aponévrose du grêle interne de la cuisse, en passant audessous du cordon spermatique, en avant de l'arcade crurale (1). »

Voilà pourquoi je ne pense pas, comme Barrois, que le dartos soit « une enveloppe spéciale propre au testicule, sans analogue dans le corps humain » ; je le répète, ce dartos est un rudiment du grand peaussier ventral des animaux. Estevenet (2) signalait déjà sa continuité « avec le fascia superfîcialis ». Plus tard, Richet (3) montrait comment le tissu sous-cutané de la région inguinale s'infiltre « de fibres élastiques, origines du dartos ». Et, même, la continuité est si nette de ce dartos avec les fibres ventrières de Velpeau, que Blaise(4) a pu dire, avec raison, de celles-ci : « Elles me semblent n'être qu'une partie de l'appareil suspenseur des bourses décrit par M. Sappey ». Or, cet appareil suspenseur des bourses n'est pas autre chose, on le sait, que l'ensemble des tendons grêles du dartos. A une époque où il considérait encore celui-ci comme formé de tissu cellulaire, Robin (5) écrivait : « Le ven trier renferme des fibres semblables à celles du dartos ; celui-ci s'insère par de petits faisceaux dont l'ensemble ressemble un peu à celui des tendons au dehors du ligament de Fallope, etc., etc. ; les fibres les plus internes concourent à former le ligament suspenseur de la verge. »

On peut suivre, en effet, les insertions que prend ce ligament suspenseur de la verge, par de petits faisceaux fibreux (tendons de TRErrz), sur les plans ostéo-fibreux du voisinage, jusque sur les piliers de l'anneau inguinal extérieur, la branche ischio-pubienne et la symphyse du pubis. Ce sont ces petites languettes tendino-élastiques qui

(1) A. Richet : Traité pratique d'anatomie médico-chirurgicale. Chez Lauwereyns, Paris, 1877, 5° édit., p. 766.

(2) Laur. Estevenet : Anatomie de l'aine. Th. in Paris, 1842, n° 68, p. 10.

(3) A. Richet : Loco cilato, p. 738.

(4) Paul Blaise : Canal inguinal chez l'adulte. Th. in. Paris, 1894. n° 118, p. 19. Chez Steinheil.

(5) C.-Pii. Robin : Anatomie chirurgicale de la région de l'aine. Th. în Paris, 1846, n" 190, p. 14 et 29.

forment, dans leur ensemble, cet appareil que SAi'PiiY('l) a bien décrit sous le non\ appareil de suspension des bourses, et le ventrier, quoi qu'en pense Saiiazin ^2), est une tout autre chose qu'un artifice de dissection.

LA cLoiso?* DAUToiQUE f figurc sclicmalique).

FMD : Fibres moyennes du dartos. — FED : Faisceaux externes du dartos. — MPP : Muscle péri-pénien. — U : Urèthre.— CB : Cloison des bourses. — LSV : Ligament suspenseur de la verge. — VD : Veine dorsale. — CC : Corps caverneux. — S : Scrotum. — D : Dartos scrotal.

Ainsi détaché du détroit pelvien inférieur, le dartos descend et s'épanouit: une partie de ses fibres se répand tout autour de la verge [muscle péripénien, dartos pénien de Cjfahi'y (3)1; l'autre s'étale sous la face profonde du scrotum (cZar/os-scro^o/) ; quelques faisceaux enfin, originaires

Cl; Pn.-C. Sappky : Traité d'Analomie descriptive, 3° cdil., t. IV, p. 594. Chez Delahayc, Paris, 1879.

C2) Ch. Sabazin : Article Inguinal du Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, 1874, t. MX, p. 4. Chez Baillièrc.

Ci)) Adu. CitAiii'Y : Organes génito-urinaires, p. 168. Chez Cussaufils, Toulouse, 1890.

de la symphyse du pubis, euserrent la veine dorsale de la verge où ils forment l'appareil autoclave décrit par Pjkuue Delbet (1), embrassent la racine du membre viril et vont enfin, continuant leur chemin, cloisonner la cavité des bourses (darlos iiilerlesliculaire), si bien que chaque testicule est inclus dans un sac dartoïque tout à fait indépendant, contrairement à l'opinion émise par Sappey (2) et défendue par Riciielot (3). C'est à leur couche musculaire que les enveloppes des testicules doivent la contractilité lente, vermiculaire, dont elles sont douées. C'est aussi parce que la chaleur relâche les fibres dartoïques que les bourses sont volumineuses et tombantes chezles nègres, les Africains, les Arabes, et non point seulement, comme le prétend Louis Jullien (4), parce que les parties génitales de ces peuplades, non soutenues par le costume, « sont soumises aux stases et aux congestions » (5).

3° La tunique celluleuse.

L'aponévrose du grand oblique de l'abdomen se retrouve dans les bourses sous le nom de tunique celluleuse ou flbro-celluleuse. Quand je dis aponévrose du grand oblique, j'entends parler de cette lamelle conjonctive lâche, mince, terne, friable, qui est appliquée sur la face antérieure du muscle [aponévrose d'enveloppe de Richet (6) et de GuYON (7)] et non pas de cette vaste plaque fibreuse, épaisse, nacrée, dense et forte, qui forme le large tendon

(1) PiEunE Delbet : Mécanisme autoclave du corps spongieux de l'urè- Ihre pendant Véreclion. In Bulletin de la Société analomique de Paris, 1888, p. 2.

(2j Ph.-C. Sappey : Loco citalo, p. 596.

(8) L.-G. RicHELOT : Article Scrotum. In Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, t. VIII, l-^" partie, 3" série, p. 358. A Paris, chez Masson.

(4) L. Jullien : Article Scrotum. In Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie, t. XXXII, p. 757. Chez J.-B. Baillière, Paris, 1882.

(5) Rabelais disait : a Les prêtres qui ne portent point chausses foncées ont le membre qui s'étend en liberté à bride avalée, parce que dans ce triballement les humeurs du corps descendent au dit membre. » (L. Jullien.)

(6) A. Richet : Loco citalo, p. 759.

(7) P. GuYON : Article Aine, in Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. II, p. 230. Chez Masson, Paris, 1865.

du muscle [aponévrose d'inserlion de Ricuet et de GuyonJ et que, pur un abus de langage très malheureux, presque tous les auteurs appellent précisément l'aponévrose du grand oblique.

Bauhois (1) et, avec lui, Guarpy (2) considèrent cette toile conjonctive des bourses comme l'homologue de l'assise cellulo-graisseuse sous-cutanée ; c'est là, à mon sens, une erreur ; rien, en eflet, ne justifie une pareille interprétation et je la combats, à l'exemple de Werïheimer (3). D'abord, on peut suivre facilement la continuité de cette tunique celluleuse des bourses avec le revêtement aponévrotique du grand oblique ; ce revêtement du grand oblique, très lâche dans la partie supérieure du muscle, devient plus dense au niveau de l'orifice extérieur du canal inguinal, oii il prend le nom de fascia de Cooper, et se continue, d'une façon très évidente, sur le cordon spermatique. Et puis, comment admettre l'homologie du tissu cellulaire sous-cutané qui, sur le ventre, est souvent compact, massif et chargé de graisse, avec cette tunique fibro-celluleuse, qui est lâche, filamenteuse, lamelleuse et friable ? Au reste, et Charpy (4) le fait remarquer luimême, les insertions du dartos sur les branches ischiopubiennes établissent, entre le tissu sous-cutané de la cuisse et l'enveloppe celluleuse des bourses, une démarcation tout à fait tranchée et qui est comme la preuve de leur indépendance réciproque.

Je sais bien que J. Cloquet (5), dans son très remarquable mémoire sur les hernies de l'abdomen, signale, lui aussi, la continuité du fascia superficialis avec la tunique celluleuse des bourses ; mais il est facile de se convaincre, en lisant la description de cet auteur, qu'il y a là une simple confusion de mots. Ce que décrit Cloquet sous le nom de fascia superficialis, c'est bien l'aponévrose d'enveloppe du grand oblique, « cette membrane fine qui recouvre le muscle », mais non pointle vrai fascia superiicialis, et Cloquet

(1) Tn.-C. Baurois : Loco cilalo, p. 12.

(2) Adh. Ciiarpy : Loco cilalo, p. ILS.

(3) E. VVertheimeh : Loco cilalo, p. 525.

(4) Adr. Guarpy : Loco cilalo, p. 113.

(h) Jules Cloquet : Recherches sur les hernies de Vabdoinen, p. 10. Chez Méquignon-Marvis, Paris, 1817.

montre, précisément, de quelle façon cette aponévrose c( se porte sur le cordon, lui donne une gaine celluleuse et l'accompagne jusqu'au fond du scrotum, si mince et si diaphane qu'on peut voir, à travers, les fibres du muscle crémaster ».

J'ai déjà dit pourquoi le tendon du muscle grand oblique n'avait pas son représentant dans les enveloppes du testicule : trop dense pour être refoulé par la glande qui accomplissait sa migration, il a été troué par elle. Mais ceci demande une explication. Des auteurs pensent, Sappey (1), par exemple, que cette perforation précède la descente du testicule, que le canal inguinal est préformé, et que deux faisceaux du gubernaculura, alors que ce testicule est encore dans le ventre, « sortent par l'an neau du grand oblique pour s'insérer à l'épine du pubis et au fond du scrotum ». Sur les fœtus âgés de moins de cinq mois, j'ai toujours vu — et Braman (2) avait vu avant moi — que le tendon du grand oblique est mince et transparent, mais non point interrompu dans la zone où se creusera plus tard l'orifice extérieur du canal inguinal. Ce qu'on voit chez les avortons de cette époque, le voici : Sous la face profonde du grand oblique, sont étalés le petit oblique et le transverse qu'il est difficile de séparer l'un de l'autre. C'est sous le bord inférieur de ces muscles que s'engage le gubernaculum, dont l'extrémité renflée, blanchâtre et gélatineuse semble se confondre avec eux, ou se perdre, au-dessous de leurs dernières fibres, dans le tissu cellulaire de la région, mais qui, très certainement, ne perfore point, pour aller s'épanouir dans le fond du scrotum, la barrière que lui oppose le grand oblique. Sappey, réfutant la théorie de Carus, a pu cependant, non sans quelque raison, dire du testicule « qu'il enfonçait une porte ouverte » ; mais ici, il faut s'entendre. Il n'est point exact, comme je viens de le dire, que cette porte soit ouverte dans le cours des premiers mois de la vie fœtale ni, par conséquent, que le gubernaculum la traverse à cette

(1) Pu.-C. Sappey : Loco citato, p. 606.

(2) F. Braman, Iraduit par F. Tourneux et G. Heumann : Article Testicule du Diclionnaire encyclopédique des aciences médicales, 3° série, t. XVI, p. 6G2, chez Masson, Paris, 1886 ; — et par Paul Bezançon, in Elude sur l'eclopie lesticulaire du jeune âge. Th. in Paris, 1892, n° 231, p. 9. Chez Steinheil.

époque. Seuleinenl. peu à peu, l'cxlrémilé inlericure de celui-ci s'allonge, s'engage entre deux faisceaux tendineux du grand oblique et, vers le cinquième ou le sixième mois, émerge du plan musculo-tendineux, pour s'épuiser alors, non pas (ainsi que les auteurs ont accoutumé de l'écrire) dans le scrotum, mais bien sur l'aponévrose du grand oblique et dans le tissu cellulaire qui la recouvre. Le canal inguinal est désormais formé; le testicule, attiré par le gubernaculum, n'aura bientôt plus, pour franchir l'orifice extérieur, qu'à « jouer des coudes », si besoin est, sur les deux piliers qui limitent celui-ci. Si donc on tient à dire que celui-ci est préformé — et je n'y vois pas grand mal — il faut ajouter aussi que cette formation préexiste de peu de temps au moment où le testicule doit s'engager dans l'orifice. Je reviendrai, du reste, sur cette question des insertions inférieures du gubernaculum.

4° Le muscle crémaster strié.

Le muscle petit oblique et le muscle transverse sont représentés dans les bourses parle muscle crémaster externe ou crémaster strié (/psixaw, je suspends). Celui-ci forme une couche discontinue que beaucoup d'anatoniistes dénomment tunique érythroïde (spuôpo;, rouge; etSoç, apparence) et que Paul d'Egine, dit Louis Jullien (1), appelait capréolaris, sous prétexte « qu'elle ressemble aux jeunes pousses des plantes grimpantes ». André Vésale et plusieurs des anatomistes qui lui ont succédé disaient tout simplement: « muscle du testicule ». C'est Jean Riolan, rapporte A. Port.\l(2), qui l'a baptisé « crémaster ». On a beaucoup écrit, et, naturellement, beaucoup discuté sur ce crémaster. Voici son assez curieuse histoire :

A. L'histoire du crémaster.

Les anatomistes duxvii" siècle avaient remarqué et écrit que les testicules du fœtus sont situés dans la cavité abdominale, mais aucun d'eux ne s'était attaché à étudier le mécanisme du transport de ces testicules dans le sac scrotal ; à

(1) L. JtLLiK.N : Loco cUato, p. 756.

(2) AiVr. l'oiiTAj, : Cours d'analomie médicale ou Eléments d'analomie de l'homme, t. II (myolofrie), 1" partie, 2« classe, 3° section, p. 171. A Paris, chez Baudouin, an XII (l«03j.

plus forte raison, personne n'avait-il songé à interpréter par des troubles de cette migration la pathogénie de certaines hernies inguinales. Heniu Smetius (1), entre autres, avait trouvé le scrotum vide chez un fœtus de quatre mois. Après lui, ce pendant qu' Antoine Nuck (2) constatait que sur quelques femmes le péritoine se prolonge, sous forme de canal, jusque dans les grandes lèvres, Jean Riolan (8), William Harvey [A), Gérard Blaks [Blasius] (5), Alexis LiTTRE (6), observaient les mêmes faits, mis en éveil, peutêtre, par les affirmations des naturalistes de l'époque grecque et romaine, Aristoïe, Galien, Pliae l'Ancien, qui avaient vu, dit Lassus (7), que « dans quelques espèces quadrupèdes les testicules sont cachés dans le ventre audessous et près des reins ». Sarrazin (8). médecin de Québec, avait remarqué « que sur le rat musqué du Canada les testicules sont situés pendant l'été hors du ventre, à côté de l'anus, et que, pendant Thiver, les bourses et les testicules s'élèvent, rentrent dans le ventre et s'approchent des reins ». IIrhaiann Boeriiaave (9). enfin, avait constaté la présence des testicules dans l'abdomen d'un fœtus de sept mois, et l'on peut lire, dans les Prœlectiones du. fameux médecin de Leyde, le nom des savants qui, avant lui, avaient, à sa connaissance, observé la même disposition. C'est Jean Méuy (10) qui, fort de ses connaissances en

(1) H. Smetius : Miscellanea medica in libros daodecim digesta. Francofurti, 1611, lib. X.

(2) Antoine ISuck. : Adenog raphia curiosa cl ideri J'œminei aiialoine nova. Leyde, 1692.

(■8) Jean Riolan : Anlhropog raphia ex propriis et novis obserualionibus coUeda. l^aris, 161<S, livre Vl, dernier chapitre, cité par Lassus.

(4) William IIauvey : Harvey gêner, aniin. exercilationes. Londini, 1654, cité par Lassus.

(5) Géraud Blaes : Observ. anal, in hoinine. Lugduni Batav., 1674, p. 7, cité par Lassus.

(6) Alexis Littiik : Sur un J'œlas humain monstrueux. In .Mémoires Académie des Sciences, 1709, p. 9.

(7j ^^. Lassus : Essai ou discours anatomique cl critique sur les découvertes faites en analoniie par les anciens et les modernes, p. 4, 59, 252. Cliez Lambert et Baudouin, Paris, 1783.

(8) Sarrazin : fn Mémoires Académie des Sciences, 1725, cité par M. Lassus.

(9) Hermann Boeriiaave : Prœlectiones Acad. Trad. franç. de La Mettrie. 2 vol., part. I, p. 293, Paris, 1743.

(10) .Tean Méry : Mémoires de l'Académie des Sciences, 1701, p. 282.

anatoinie comparée, montra, le premier, comment l'épiploon peul. dans une hernie congénitale, descendre dans le scrotum et adhérer aux vaisseaux spermatiques. Et c'est seulement cinquante ans plus tard qu'ALiiKirr^ Hali.EK (1), célèbre disciple de Bokuha.wk, après avoir étudié les rapports du testicule fœtal avec le péritoine et les viscères de l'abdomen, tenta à nouveau d'expliquer la descente de la glande génitale, montra l'existence du gubcrnaculum testis et ébaucha une application chirurgicale des faits anatomiques qu'il avait découverts ou décrits. A vrai dire, A. H alleu se méprit sur les causes et l'époque de la migration testiculaire et n'en donna qu'une description très vague et très imparfaite: u J'ai vu, dit-il, sur des fœtus, même sur des fœtus âgés, que le scrotum était vide et que les testicules étaient enfouis dans une toile celluleuse de la région lombaire, tout près des reins : ainsi sont-ils disposés chez les oiseaux et quelques autres animaux dépourvus de scrotum. Les testicules descendent peu à peu: au bout d'un temps encore mal défini, ils arrivent dans le scrotum, toujours placés derrière le péritoine, et même, à la fin de leur migration, sous lui. Les causes de leur descente me paraissent résider dans les efforts respiratoires et dans la puissante contraction des muscles abdominaux. Sur deux fœtus, les testicules m"apparurent situés sous les reins, à la partie supérieure de l'os iliaque, entourés de leur albuginée rougie par les vaisseaux qui la parcourent, et flanqués de leur épididyme. Chaque testicule était placé à la partie supérieure d'une gaine cylindrique, dans laquelle il n'avait pas encore pénétré, de telle sorte que ce testicule, qui est situé, chez le fœtus âgé, en dehors de la cavité péritonéale, était positivement enfoui dans cette même cavité qui contient les intestins, tout à fait à l'embouchure de sa gaine cylindrique, creuse, vide, longue d'un doigt, annexée à l'os pubis, et qu'on peut considérer comme son ligament suspenseur. Ainsi s'éclaire, si je ne m'abuse, l'histoire de la pathogénie des hernies congénitales ». Et 1Lu.lek montra aussi comment. « après la naissance, toute communication cesse entre la cavité du ventre et celle des bourses, détruisant.

(1; Ai.it. IIallkh : Uerniic conijeniUv, la Opuscnla patholotjim. p. 54. '^hez Bou.sqiiet, Laiisanne, 17nn.

après I'kkdéric Ruysch (l), celle erreur qu'avaienl commise, avant eux, Andué Vksale, Gabuiel Fai.i.oi'h, PuiUHE KuANco, ANTOiNii; NucK, lesquels avaient conclu de leurs éludes sur les animaux que l'homme adulte possède un long canal péritonéal étendu de la région lombaire au scrotum.

Mais c'est vraiment aux frères Huntkh [John et William(2)] que revient tout l'honneur des notions relativement précises qui sont aujourd'hui les nôtres, sur le mécanisme de la migration testiculaire. Ils ont, en effet, découvert le gubernaculum testis et montré que, pour accomplir sa descente, la glande génitale obéit aux tractions exercées sur elle par ce gubernaculum attaché, d'une part, dans la région du pli de l'aine et, de l'autre, au pôle inférieur du testicule fœtal. On peut lire encore les mémoires de John Humer (3) ; depuis le jour où ils ont été publiés (1762 et IHOG), rien de plus parfait n'a été écrit sur le sujet.

Malheureusement, cette merveilleuse découverte [il est juste de dire qu'à la même époque (17(3^), Pet. Camper, en Allemagne, décrivait aussi le gubernaculum sous le nom de cylinder], cette découverte, dis-je, compliqua les choses et jeta le trouble dans les descriptions de l'appareil crémastérien. Avant les travaux des frères Hunter, les anatomisles ignoraient le gubernaculum testis : aussi dressaientils d'une façon très simple, sans s'inquiéter de leur origine ni de leur signification, la topographie des deux petits faisceaux musculaires rouges qu'ils avaient vus se détacher du bord inférieur des muscles abdominaux pour se porter, en s'épanouissant, sur les enveloppes profondes du testicule ; à ces faisceaux ils donnaient simplement le nom de muscle crémaster. Mais après les publications des frères HuM'ER, quand le gubernaculum fut connu, les anatomistes s'attachèrent à l'étude des relations qui pouvaient exister entre ce nouvel appareil et l'appareil crémastérien. Qu'était le crémaster de l'adulte par rapport au gubernaculum du fœtus? A cet endroit, il faut bien le dire, le mémoire de John Hunter n'étaitpas très explicite : il l'était

(1) M. Lassus : Loco cilato, p. 250.

(2 et;)) John Hunter : De la sUaalion des teslicuJes chez le fœtus et de leur migration dans le scrotum. In Œuvres complètes traduites par G. lUchelot, t. IV, j?. 63. Chez Firmin-Didot, Paris, 1841.

même assez pou pour ciuc, bien clos anuécs plus lard, un savant auteur IVanvais, Ciiaiu.ks Hoiun, qui, sans doute, avait lu trop vite, f ît dire à ranatomisle anglais toullc contraire de ce qu'avait dit celui-ci. Bref, la question n'était pas résolue: les descriptions s'embrouillèrent. Et aujourd"bui le procès reste encore pendant. Voyons donc les phases de cette curieuse histoire.

Page 1