I. I.V PÉIUODE rllÉ-nUNTÉRTENÎSK
Les anatomistcs qui écrivirent sur le crémaster avant l'apparition des travaux des frères Hunter peuvent être classés en trois catégories :
a) Les uns ont considéré le crémaster comme absolument indépendant.
b) Les seconds l'ont décrit tout à la fois comme un muscle autonome par quelques-uns de ses faisceaux et tributaire par quelques autres de la sangle musculaire de l'abdomen.
c) D'autres, enfin, en ont fait un petit appareil entièrement annexé aux muscles de la ceinture ventrale.
i" Le crémaster est un muscle indépendant.
Parmi les premiers, je signalerai Ambroise Paré (1) : « Davantage tu entendras que les muscles suspensoires ou crémastères sont de même substance que les autres, fort petits et grêles, de figure oblique et large, sortant de la membrane du péritoine, qui eslèvent en haut lesdits testicules d'un mouvement obscur. La composition desdits muscles est telle que des autres ; et sont deux de chaque côté, situés depuis les extrémités des îles jusques aux testicules, ayant connexion avec l'apophyse du péritoine desdits testicules». C'est aussi l'opinion de Philippe Yekiievex (2) : « Huic tunicœ adnacitur musculus crémaster seu suspcnsorius, ortum habens a ligamento ossis ilii : hic musculus super testiculum expansus, illum quadanlenus investit. »
(1; Amrkoise Pabé : Œuvres, 13° édition, p. 77. Chez Pierre Valfiay, Lyon, 168.5.
(2) Piiiui'i'E VEftnKYKN : Corporis Iminani aaaloinire, 2'' ('dilioii, I. I, p. 109. CUc/A los Irorcs T'ScrsIevens, Bruxelles, 1710.
2" Le crémaster est un. muscle à la J'ois autonome et tributaire de la sangle abdominale.
Au premier rang des seconds, se place le célèbre Jacquks WmsLow (1) : « Le crémaster, dit-il, prend naissance en partie sur la bande ligamenteuse de Fallopk, en partie sur le bord inférieur du muscle oblique interne du basventre. C'est parla qu'il paraît naître quelquefois de l'épine deTos des îles. 11 semble que le muscle transverse contribue aussi un peu à sa formation » .
CuoissANT DE Garengeot (2) cst du mcme avis : o En effet, dit-il, ce muscle a deux attaches supérieures, une qui lui vient de l'oblique interne, et l'autre du ligament de F/\xLOPE. )) Gakengeot, qui a écrit une bonne anatomie, mais qui aimait la polémique, attachait môme une grande importance à cette double insertion du muscle crémaster. Le fameux Lorenz Heister, disciple de Frédéric Rotsch et professeur à Altdorf, « l'antagoniste perpétuel » (3) de CROissAiNT de Gareingeoï, ayant prétendu, après bien d'autres, que le a petit oblique et le transverse sont percés d'un trou ou d'un anneau pour assurer le passage du processus péritonéal, des vaisseaux spermatiques et du ligament rond, Garengeot répondit : « Nous ne pouvons nous empêcher de dire que M. Heister s'en est plus rapporté aux livres qu'aux cadavres, et nous le trouvons d'autant plus inexcusable de cette faute qu'il a cité la controverse de M. MoRGAGNi. Les vaisseaux cruraux avec leur allongement du péritoine, et celui qui accompagne les vaisseaux spermatiques ou les ligaments ronds passent sous ce bord charnu, sans qu'il y ait d'autre trou ou d'autre anneau au muscle transversal qu'un espace assez long et large de deux petits travers de doigt qui se trouve entre ces dernières fibres et le pubis. Quant au petit oblique, on apperçoit, à la vérité (p. 127), que l'allongement du péritoine qui renferme les vaisseaux spermatiques sort du ventre entre des fibres charnues : mais si l'on veut examiner ces fibres charnues sans prévention, on verra qu'elles ne doivent
(1) Jacques Bénigne Winslow : Exposition analoinique de la striicliire du corps humain, p. 565, chez Jullien Despre/, Paris, 1732.
(2) Ri;m2 Croissant de Gahangeot : L'analomie des uiscères, 2° édit., t. I; p. I.i37. Chez Ch. Osmont, Paris, 1742.
(?]) Louis Jarnouen de Villartay : Garengeot, sa vie, son œuvre, p. <357. Cliez Georges Carré, Paris, 1891,
point être regardées comme appartenanlù l'oblique iiilci iie pnisciu'olles sont les fibres du muscle crémaster. En ellel, ce muscle a deux attaches supérieures, une qui lui vient de loblique interne et qui est ce qu'on prend pour l'écartemcnt de ce muscle, et l'autre du ligament de Fali-opk : de sorte que le cordon des vaisseaux spermatiques entouré de l'allongement du péritoine, passant entre ces deux plans de fibres charnues qui sont les attaches supérieures du crémaster, en a imposé aux anatomistes et leur a fait dire que c'était un écartement de l'oblique interne qui formait im anneau au cordon des vaisseaux spermatiques ». Je reviendrai plus loin sur cette question.
5" Le crémasler est un muscle annexé à la ceinture ventrale.
Parmi les troisièmes se trouvent, entre autres. Pierre DiOMS (1) qui écrivait : « Les crémasters prennent leur origine d'un ligament qui est à l'os du pénil où les muscles transverses de l'abdomen finissent desquels ils paraissent être une continuité » ; Bernard Albinus (2), qui a donné du crémaster de l'homme une description parfaite, et dans la myologie duquel on peut lire : « Les obliques et le transvei-se de l'abdomen engendrent le crémaster n; puis, enfin, Jacques DU Verney(3) qui l'a figuré dans ses grandes planches.