‹ Les enveloppes des testicules [electronic resource]Chapitre 6 sur 15 · C. Correctif à la théorie de Cariis · texte numérisé non relu

C. Correctif à la théorie de Cariis

Je viens de montrer comment le testicule, en descendant des lombes vers le périnée, s'entourait de ses enveloppes communes ;. mais cette description, très propre à seconder la mémoire, est, en réalité, schématique à certains égards : il convient donc d'y apporter quelque correctif. La vérité est bien, je crois, qu'en effectuant sa migration, le testicule ou bien le gubernaculum — cela, dans l'espèce, est tout un — ciilraînc avec lui la partie musculoaponévrotiquc de la paroi abdominale; mais la A^érité est aussi qu'au moment oii il émerge du canal inguinal, ce testicule trouve un sac cutané tout développé, tout préparé, rempli d'vme espèce de masse molle et gélatineuse, et dans lequel il n'a qu'à se laisser tomber en glissant sous la peau du ventre. An reste, cela n'a qu'une minime importance, l'appareil tégumentairc pi-ésentant, à peu de choses près, sur toute la surface du corps, les mêmes grands caractères.

En quelques mots, voici comment se développe ce sac cutané scrotal. Au début de la vie embryonnaire, la portion terminale de l'intestin, rallantoïde, le canal de WoLFF et le canal de Mullku s'ouvrent dans une cavité commune qui porte le nom do cloaque. Vers le deuxième mois, se détache de la paroi supérieure de cette cavité un bourgeon mésodermique qui, sous le nom d'éperon périnéal, descend verticalement et forme une cloison transversale : celle-ci divise le cloaque en deux loges désormais séparées et indépendantes. La loge postérieure s'appelle anus; c'est dans son intérieur que débouche l'intestin. La loge antérieure porte le nom de sinus uro-génital; c'est à elle que confluent le pédicule allantoïdien, le canal de WoLFF et le canal de Mi llku. L'anus et le sinus uro-génîtal s'ouvrent l'un et l'autre au dehors, sur la peau; il existe donc un orifice extérieur ou cutané de l'anus, et un orifice extérieur ou cutané du sinus uro-génital. Cet orifice du sinus uro-génital est allongé d'avant en arrière: c'est une sorte de fente : on l'appelle fissure vulvaire. Mais au moment 011 commence le cloisonnement du cloaque, apparaît, au-dessus et en avant de cette fente, un renflement qui s'accroît rapidement : c'est le phallus. Ce phallus s'entoure bientôt d'un repli cutané droit et d'un repli cutané gauche qui se prolongent le long de la fissure A^ulvaire et

se iviiaisseiU en arrière d'elle. Chacun de ces replis esL divisé pur un sillon parallèle ù son grand axe en deux lèvres : la lèvre inlcrne est appelée pelile lèvre et la lèvre externe est appelée grande lèvre. Chez rhoniine, la petite lèvre droite, en se soudant à la petite lèvre gauche. clcM la lente vulvairc et va former la muqueuse de la région bulhaire de l'urèthre: la grande lèvre droite. . en s'unissant à la grande lèvre gauche, constitue le sac cutané du scrotum. Ainsi se comble le sillon génital : le raphé du scrotum et le raphé du périnée sont plus lard la seule trace qui reste de lui.

Chez l'homme, la formation du scrotum est donc indépendante de la migration testiculaire; elle l'est aussi chez les mammifères qui sont nos plus proches voisins; mais chez les rongeui-s et les insectivores, comme le font remarquer C. Gegenbaur (1), Klaatsch (2), le développement de la poche scrotale, qui n'est, du reste, caractérisée que par une légère voussure des téguments, est la conséquence évidente de l'apparition du testicule en dehors du canal inguinal. Chez quelques espèces de singes, même, le scrotum « ne se forme que par déiolacement du testicule n; à vrai dire, la peau, d'après Klaatsch, présente toujours dans cette région quelques caractères particuliers (absence de pigment, rareté des poils, présence de fibres dartoïques): mais, au total, il n'existe de véritable ébauche scrotale indépendante de la migration du testicule que chez les marsupiaux, les carnivores, les pachydermes, les ruminants, les prosimiens, l'homme, chez tous ceux, enfin, qui ne sont pas soumis au phénomène de la descente périodique.

Voilà donc comment le testicule s'em^eloppe dans ses tuniques propres. Au résumé, il trouve, en avant du périnée, un sac cutané tout préparé pour le recevoir; mais, à mesure qu'il descend, son giibernaculura et lui se font jour au travers du tendon du grand oblique et refoulent, pour s'en coiffer, les fibres du petit oblique ou celles du

a; Cmii, Gegk.mulii : Manuel d'analomie comparée, p. 84]. Cliez Heinwald, Paris, 1874.

C2i Kr.xATscit : l ebcr den Dcsccnsus lesUculoruin {Morpliol. Jalirbuck, \M, 4;. .Vnalysc dans Revue des sciences médicales dUavem, nar Pur- VANT. 1892, p. 17. ^

transverse et le l'ascia Iransvcrsalis. Il n'est pas besoin, pour cela, d'imaginer que ce testicule « voyage avec la puissance mystérieuse et le sans-façon d'un projectile » et je crois que Sappey a été un peu sévère pour Carus en jugeant la théorie de celui-ci « indigne de l'accueil qu'elle a reçu en France » (1).

D. Couiiiient le testieiile s'entoure de ses enveloppes

propres.

Je vais étudier maintenant comment le testicule se coiffe de ses tuniques propres : la vaginale et le crémaster lisse. Le sujet est obscur et difficile : c'est, au résumé, l'histoire de la migration qu'il faut écrire. Mais, avant tout, il importe de faire la topographie du testicule facial.

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