II. Le gubernaculum testis
De rexlrémilé intérieure du leslicule et de l'épididyine se détache un cordon ligamenteux arrondi, blanchâtre, de consistance molle, qui se porte en bas et en dedans vers l'arcade crurale; ce cordon est situé en avant du psoas auquel il est lâchement adhérent, et en arrièi^c de l'intestin grêle dont les anses le recouvrent : c'est le gubernaculum de lluM-KH, la vagina de 11 alleu (1), le basis de Giu vuDi (2), le cylinder de Campku (3). Quand on examine le gubernaculum par l'intérieur de la cavité abdominale, on le voit, un peu au-dessus de Farcade de Fallopk, dans la région inguinale, pénétrer dans l'épaisseur de la paroi, puis disparaître. Aussi peut-on lui décrire trois segments : le premier, supérieur, forme la portion intracavitaire; le second, intermédiaire, forme la portion inlrapariélale; le troisième, inférieur, forme la portion soustéguinenlaire.
Sur sa face antérieure, le gubernaculum est tapissé par le péi-itoine ; mais ce péritoine s'enroule autour du gubernaculum comme il s'enroule autour du testicule : au lieu de le plaquer contre la paroi abdominale postérieure, il se réfléchit sur ses faces latérales et lui forme un lâche repli beaucoup plus large en haut, près du testicule, qu'en bas, près du canal inguinal, repli qui s'insèi'e en arrière sur la région lombaire, se continue en haut avec le méso-testis et se termine en bas à l'orifice profond du canal inguinal, là où le gubernaculum parait s'enfoncer dans l'épaisseur de la paroi abdominale. En ce point, il y a adhérence intime entre le gubernaculum et son revêtement séreux : j'insiste sur ce détail.
Les anatomistes ne sont d'accord ni sur les insertions, ni sur la structure du gubernaculum: je ne veux point refaire ici (ce serait un vain travail) toute la bibliographie de cette question : on la trouvera dans le mémoire déjà
,1) Amiehïi Halmciu : Opuscula palholofjica, herniee congenitœ, p. 35. Chez Mich. Bousquet, Lausanne, 1855.
f2) GiRAHDi : In Septem^ tabulain de Sanloriid, p. 184. Parme, 1775.
C3) Camper : In Verhandelinqen van hcL Ilaarlemsche qenootschap, t. VI, cah. 1,1761. y z'. .
— (kS -
ancien do GouAUD(l)et dans lu llièse récente de Souliiî (2).
Portion abdominale du (jubernaculum. — On sait qu'à l'exemple de Curling et de C. Robin, Sappey (3) a décrit au gubernaculum trois faisceaux : « l'un central, composé de fibres musculaires lisses — faisceau principal — qui s'insère dans le fond du scrotum, les deux autres, périphériques, composés de fibres musculaires striées — faisceaux accessoires — , l'externe qui s'attache sur le ligament de Fallope près de l'épine iliaque antéro-supérieure, l'interne qui s'implante sur l'épine du pubis et la gaine du grand droit )). Je n'ai jamais vu ces deux faisceaux périphériques, ainsi que je l'ai déjà dit à propos du crémaster: le gubernaculum est un cordon arrondi, isolé, unique, absolument indépendant, qui pénètre tout entier, sans se diviser, dans le canal inguinal : il est formé de tissu conjonctif entre les éléments auquel s'infiltrent de nombreuses fibres musculaires lisses. D'autre part, John Hunter(4) et plusieurs auteurs depuis lui, Klaatsch (5) tout récemment, ont décrit des faisceaux musculaires qui se détacheraient du petit oblique et du trans verse et iraient — cône inguinal de Klaatsch — à la rencontre du gubernaculum testis; à la vérité Hunteu n'a observé, dit-il, cette disposition que sur un bélier adulte atteint d'ectopie. Pour moi, je n'ai rien constaté de pareil, ni sur les fœtus humains, ni sur les fœtus de nos animaux domestiques. Il faut remarquer qu'HuNTEU a fait une déduction imprudente quand il a écrit : « Chez le fœtus humain, tant que le testicule est retenu dans l'abdomen, le crémaster est si mince que je ne puis le suivre et déterminer s'il monte vers le testicule ou s'il descend vers le scrotum; cependant on peut admettre par analogie qu'il se dirige en haut vers le testicule ». Par analogie avec la disposition que présente le crémaster du bélier adulte atteint d'ectopie : voilà ce que veut dire John Hunter. Or, c'est là précisément qu'il y a erreur. Si
(1) E. G(iD.\.RD : Elude sur la monorchidie el la cryplorehidie che: l'homme. In Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de Biolofiie, 1856, t. III, p. .332.
(2) A. II. SouLiÉ : Recherches sur la migration des lesUcules, à Toulouse, chez Douladoure-Privat, 1895, p. 16 et suivantes.
(3) Pu. Sappey : Loco cilato, p. 604.
(4) John Hunter : Loco cilalo, p. 67, 68, 69, 70.
(5) Klaatsch : Loco citalo, p. 17.
le testicule ne desceiul pas, c'est qu'il csl retenu ; mais que le testicule descende ou ne descende pas, le gubcrnaeulum n'en subit pas moins la rétraction — quel que soit le mécanisme de celle-ci — à laquelle il est soumis ; et c'est précisément pour la raiso-i qu'ils sont sollicités par celte rétraction que. dans le cas particulier, les muscles abdominaux auxquels le gubernaculum adhère cèdent et rentrent dans l'abdomen. On peut, en exerçant sur le testicule une traction qui le rapproche du diaphragme et qui est comme l'image du raccourcissement physiologique qu'il subit, répéter cette expérience sur tous les fœtus animaux et humains: elle réussit toujours : c'est ainsi — artificiellement ou pathologiquement — que se forme le cône inguinal.
Portion pariétale du gubernaculum. — En effet, en pénétrant dans le canal inguinal, le gubernaculum contracte avec les fibres inférieures du petit oblique et du transverse des rapports très intimes : « On peut se persuader d'après les coupes, dit le professeur G. Weil(1), que les fibres musculaires du gubernaculum se trouvent à un tel point en connexion avec la musculature abdominale qu'on ne peut pas distinguer ce qui appartient à l'un de ce qui appartient à l'autre ». DEBiERREet Pravaz (2) écrivent aussi : « A ce niveau, le gubernaculum est intimement mélangé à des fibres du petit oblique qu'il semble avoir entraînées dans son parcours. Ces fibres lui forment une sorte de filet qu'il enfoncera de plus en plus jusqu'à s'en coiffer ». Je le répète, c'est seulement quand elles traversent la paroi abdominale que les fibres musculaires lisses du gubernaculum s entourent de fibres striées.
Au reste, les études faites sur la femme, chez qui le gubernaculum, au lieu de s'atrophier, se développe pour former le ligament rond, corroborent cette airirmation. « Dans l'origine du trajet inguinal, écrivent Doléris et Ricard (3), le ligament rond reçoit quelques fibres détachées du petit oblique avec lesquelles il se confond ou plutôt avec lesquelles il paraît se continuer ». De son côté.
Cl) C. Wkil : Ueber den Descensus lesUculorum nebsl Demerliungen. Chez G. Freytag, Leipzig, 1885.
(2) Cir. DF.ntKniiE et .T. I'uavaz : Loco cilalo, p. 170.
(S) DoLÉhis et HicAHL : i nion médicale, 24 novembre et 29 décembre
Bkuunikk (1) luoiilrc que clans aucune de ses |îortions le ligament rond ne contient de fibres striées, mais qu'en avant et au-dessus de lui, s'étale un petit trousseau musculaire (faisceau inguino-pubien) qui s'étend de l'épine pubienne à la face supérieure de l'arcade crurale, un peu en dehors de son milieu, trousseau qui n'est pas autre chose, sans doute, qu'une languette des muscles abdominaux séparée de la masse principale par une traînée triangulaire de tissu cellulo-adipeux. L'anatomie comparée, enfin, parle dans le même sens : « Il est très évident chez le plus grand nombre de mammifères, écrit Ch. Rouget (2), insectivores, rongeurs, ruminants, carnassiers, que les faisceaux musculaires du ligament rond ne traversent pas la paroi abdominale antérieure, qu'ils s'étalent tout simplement à la face postérieure de cette paroi, dans la région inguinale, et se fixent sur l'enveloppe celluleuse du muscle transverse, comme le fait le ligament rond lombaire. Dans tous ces cas, on ne trouve pas autre chose dans le ligament rond que des faisceaux de fibres lisses- »
Porlioii ex Ira- inguinale du gubernaculum. — Que devient maintenant le gubernaculum après avoir franchi la paroi abdominale ? La plupart des auteurs écrivent qu'il va se perdre dans le fond du scrotum. Debierre et Pravaz (3) ont mieux étudié ce détail : a A ce moment, la terminaison du gubernaculum est mal définie ; la poche scrotale est à peine indiquée; au delà de l'anneau externe du canal inguinal, le gubernaculum se dissocie et semble se perdre dans une toile celluleuse chargée d'îlots graisseux occupant la cavité commençante des bourses : cette toile celluleuse contient des fibres élastiques et des fdares musculaires lisses; en réalité, c'est elle qui tient lieu du faisceau scrotal des auteurs ». On lit dans le mémoire de G. Weil (4) : « Le segment inférieur du gubernaculum s'effde en pointe ; les deux gubernaculums se confondent à la partie médiane et se perdent finalement au bord infé-
(1) Beuunier : Ligaments ronds de l'utérus. Th. in Paris, 1886, p. 25, 26, 105. Chez Steinhell, l^aris, 1886.
(2) Ch. Rouget : Loco citalo, p. 489.
(3) Debierue et Pravaz : Loco citato, p. 170, 171.
(4) G. Weil : Loco citato.
rieur du pubis, daus le lissu sous-culané ». J'ai examiné, sur ce point, de nombreux fœlus, et je ne suis pas encore lixé sur les insertions vraies du gubernaculum. Il est certain qu'il se dissocie; un de ses laisceaux, sur quelques sujets, m'aparubien certainement plonger dansle scrotum et se perdre dans la masse cellulaire qui en remplit la cavité; mais chez la plupart je n'ai pas pu en suivre les traces au delà de la paroi abdominale. Gela est une aflaire d'âge : dans les premiers mois le tendon du grand oblique n'est pas perforé, le gubernaculum se confond alors avec la paroi; mais plus tard, quand s'est creusé rorifice inguinal extérieur, le gubernaculum s'allonge, émerge du canal iuguinal et se perd dans le scrotum ou au voisinage de l elui-ci. Avant Debierre et Pravaz, Jules Cloquet (1) avait dcjli bien montré cette fusion du gubernaculum et de cette espèce (qu'on me passe l'expression) de cellulôme intrascrotal. « Lefascia superficialis, dit-il, forme chez le fœtus, au-devant de l'anneau inguinal, une poche celluleuse qui reçoit le testicule lorsque cet organe sort de l'abdomen... Avant la descente du testicule, la poche dont il est question se confond avec le gubernaculum testis. 11 semble qu'elle se retourne sur elle-même à sa partie inférieure pour envoyer dans l'anneau un faisceau blanchâtre à fibres rayonnées qui va se fixer à Tépididyme en même temps que le gubernaculum lui-même ». Les autres faisceaux gubernaculaires m'ont paru s'attacher d'une façon variable, comme le ligament rond, « sur les fascia et tendons aplatis qui constituent la charpente abdominale » et même à la face profonde « du derme cutané de la région inguinale » .
Je pense que les analomistes qui ont essayé de disséquer la portion terminale du gubernaculum ou seulement celle du ligament rond, comprendront mes réserves : en réalité, cela est très dilficile à voir. Jules Cloquet qui a a travaillé » un grand nombre de fœtus et qui a écrit, sur l'anatomie de l'aine, le très remarquable mémoire dont j'ai déjà parlé, a éprouvé, avant moi, les difficultés que je signale : « Chez les fœtus de cinq à six mois, dit-il, les recherches de ce genre sont fort dilficiles; les fibres inférieures du petit oblique sont molles, d'une couleur rougeâtre, comme le tissu cellulaire environnant, qui est infiltré
(l) Cil. Debierre et J. Pravaz : Loco cilato.
Iiii-mème à celte époque d'une humeur visqueuse, au mi lieu de laquelle les vésicules adipeuses sont disséminées ». Et cela est si vrai que Juliîs Cloquet déci-it le gubernaculum comme s'attachant, non seulement au scrotum, mais encore à riscliion.
Au résumé, le gubernaculum testis est composé d'un seul faisceau qui, au nÏA'^eau de la région inguinale, se dissocie pour s'attacher sur les plans osseux et iibreux du voisinage. Il ne possède point de faisceaiix périphériques striés; les fibres musculaires du petit oblique et du transverse ne vont point au-devant de lui, dans l'intérieur du ventre. Il est composé de libres musculaires lisses et, dans son épaisseur, ainsi que Bviuiois (1) l'a démontré récemment, il n'existe point de fibres striées.
Voilà les faits. Reste maintenant à donner l'interprétation des trois phénomènes suivants : 1° Comment le testicule descend-il? 2° Quelles modifications sa migration imprime-t-elle au gubernaculum ? S° Comment sa migration entraîne-t-elle la formation de la vaginale ?
a) Comment le testicule descend-t-ll ?
On ne sait encore quel est l'agent véritable de la descente du testicule: que le gubernaculum soit pour quelque chose dansée phénomène, cela n'est pas douteux: mais ce gubernaculum est-il un simple repère, un u fil d'Ariane » que suit le testicule pour ne pas s'égarer, ou bien, au contraire, conduit-il lui-même ce testicule, du fait de son activité propre, du ventre dans les bourses ? Ici, l'ignorance est absolue, et comment ne le serait-elle pas puisque la structure du gubernaculum est mise elle-même en discussion ?
Acceptons, pourle moment, que legubernaculumsoitune simple corde tendue sur le chemin que doit suivre le testicule ; il faut alors admettre, avec Cleland (2), que ce testicule ne descend qu'en raison d'un inégal développement des organes; Tabdomen et le bassin croissent, mais le gubernaculum ne s'allonge pas; il se passe là, disent très heureusement Debierre et Pravaz (3), «ce qui se passe pour
(1) Th. -Ch. Babrois : Loco citalo.
(2) Cleland : The mécanisme of Ihe gubernaculum testis. Edinburgh, Médical Journal, 1856.
(3) Debierre et Pravaz : Contribution à l'étude du muscle crémasler, etc. Lyon médical, 30 mai 1886, n- 22 p. 136.
la nuielle rpinicrc, qui, au fur el à mesure du clcveloppeuient du lacliis, reuioule dans le canal rachidien ». Ainsi, dans l'espèce, il s'agirait d'un raccourcissement apparent ilu gubcrnaculum, car je crois qu'on peut tenir pour des quantités négligeables la pression atmosphérique, la tension de la paroi abdominale, le poids du testicule et la pesée que les viscères et le liquide péritonéal exercent sur lui, malgré l'importance qu'ont attachée à ces causes (luelques grands anatomistes, G. Weil, en particulier, dans le mémoire que j'ai déjà plusieurs fois cité.
El si, au contraire, le gubernaculum est bien, par son raccourcissement réel, le vrai conducteur du testicule, comment s'opère ce raccourcissement ? Par contraction musculaire lente, disent les uns ; par une sorte de rétraction conjonctive, disent les autres. Et les premiers n'en savent pas plus que les seconds.
Pour ma part, je crois (mais il s'agit là d'une conception a priori) que, dans la migration du testicule, le grand rôle est joué tout à la fois par l'inégale croissance des organes et par le raccourcissement inodulaire du gubernaculum. Sans doute, s'il y a des fibres musculaires, c'est qu'elles ont une tâche à remplir; mais laquelle et dans quelles proportions?... Je le répète, nous n'en savons rien.
h) Quelles modifications la descente du testicule Imprimet-elle au gubernaculum ? — Le crémaster lisse.
Au milieu des éléments du cordon d'une part, entre la tunique vaginale et la fibreuse d'autre part, sont répandues, très abondamment en certains points, des fibres musculaires lisses. Je crois qu'elles ont été signalées pour la première fois par Rouget en 1855. On peut lire, en effet, dans une courte note imprimée dans les Bulletins de TAcadémic des sciences de 1857 (1), les quelques lignes
(1) Ch. Rouget : Recherches anatomiques et physiologiques sur les appareils érecliles ( noie complémentaire sur les appareils musculaires et creclilcs des glandes séminales). In Comptes rendus hebdomadaires des séances de r.Vcadémie des sciences, 1857, t. 1, p. 902. — J'ai cherche le premier mémoire de Rouget dans les Comptes rendus de l'année 18.')5. Il n'y est pas inséré. A la page 1229 du vohime l'on trouve cette .soûle indication : « M. Hougel présente pour le concours do médecine et de chirurgie de IHôfi : l)t's recherches anatomiques el phYsioloi/iqucs sur lex appareils érecliles ».
suivantes: « Dans le mémoire que j'ai présenté à l'Académie en 1855, mémoire où se trouvent résumées mes recherches sur les appareils érectiles, j'annonçais l'existence d'un système de muscles non encore décrit et destiné à accomplir chez le mCde l'acte de l'excrétion du sperme » . En liioé, M. Lannei.oingue (1) a donné des faisceaux de fibres musculaires lisses contenus dans le cordon une description assez détaillée : ces faisceaux, qui sont visibles à l'œil nu, forment une couche assez épaisse vers la partie moyenne de Tépididynie; de ce point, les uns descendent en s'éparpillant et s'attachent sur la tête de l'épididyme, sur le bord postérieur du testicule, sur la face extérieure de la séreuse; les autres montent le long du cordon, dans l'intérieur de l'étui fibreux qui le contient, au-devant des vaisseaux, dans les intervalles celluleux qui séparent leurs branches: on les trouve de moins en moins nombreux à mesure qu'on s'approche du canal inguinal ; ils disparaissent tout à fait là oti le cordon pénètre dans l'abdomen.
C'est à cet ensemble de fibres lisses qu'HENLE (2), qui les avait observées avant le professeur Lannelongue, donne le nom de crémaster lisse. Ce crémaster interne, décrit aussi par KoLLn<EU (3) et divisé en deux couches — crémaster moyen et crémaster interne — par Klein (4), a été très bien étudié par Bauuois {5j.
Le crémaster lisse n'existe pas seulement au niveau du cordon; ses faisceaux se retrouvent encore dans presque toute l'étendue des bourses, entre la vaginale et lafib|-euse ; il pénètre même, sous la séreuse, dans la cloison qui divise ces bourses. Ce crémaster lisse n'a pas la même épaisseur dans toutes les régions: en certains points, il se divise
fl) 0 LvNNELONGUE : Rechefclies sur l'appareil musculaire annexe au lesHcnie et sur ses fonctions. In Archives de physiologie normale et palhologique, mai 1868, n° 3, p. i551-:555.
(2) .1. Henliî : Ilandbuchder syslematischcn Anuloniie des Menschen, zweiler Band, p. 441. Chez Friedrich, Braunschwcig, 1874.
(3) \. KoLLiivEBi : Ueber die glallen Muskelfasern der Geschlechlsorgane. Zeilung fiir wissenschaflliche Zoologie, Band I. Cite par Bauuois, p. 18.
(4) KiEi\ • nie aiisseren mcrnnlichen und lueiblichen Genitalien. In Slriiker-s Hnndbuch der Lehre von den Geweben des Menschen und der Thiere, 1. I, p. 734, 1871. Cité par Bauuois, p. 20.
(5) ïii. Cii. Bauuois : Contribution à l'élude des enveloppes du testicule. Th. in Lille, 1882, n» 34, p. 18 et suivantes.
(111110 lavou Irès cvidculc eu deux couches séparées l'une de l'aulre par une mince traînée de tissu cellulaire : la couche superliciclle, formée de faisceaux verticaux, forme le créiuaslcr moyen de Ki-kin et de B.vunois ; la couche profonde forme le crémaster interne; celte dernière est composée, elle aussi, de libres Acrticales sous lesquelles s'insinuent quelques fibres transversales peu nombreuses et interrompues, si bien que le crémaster interne luimême peut être décomposé en deux lamelles. Le crémaster moyen est appliqué sous la face profonde de la fibreuse : le crémaster interne sur la face superficielle de la séreuse : entre eux on ne trouve pas toujours la mince couche cellu- Icusc qui les sépare en quelques points; alors ils se confondent et forment alors à la vaginale une doublure indivisible.
Par une série de coupes transversales très bien étudiées, Bakrois a déterminé la richesse respective en fibres musculaires lisses des diflerentes régions des bourses.
Au-dessus de la tête de l'épididyme, les fibres lisses sont rares en arrière; en avant et en dehors elles sont peu abondantes encore, mais on y peut cependant reconnaître la trace de leur stratification en deux couches.
Au niveau de la tête de l'épididyme, les fibres musculaires deviennent plus nombreuses autour du canal déférent et des vaisseaux; en avant et en dehors, on reconnaît les deux crémasters hsses, très minces, réduits à quelques faisceaux.
^ Au niveau de la partie moyenne du testicule et de fépididyme, les fibres sont devenues très abondantes et très tassées dans le tissu cellulaire du cordon; sur la paroi antérieure et sur la paroi externe, les deux crémasters lisses sont très apparents; ils se continuent d'une façon évidente avec les faisceaux qui remplissent les intervailes situés entre les vaisseaux du cordon. Les fibres du crémaster interne apparaissent jusque dans le cul-de-sac que la séreuse forme autour de l'épididyme. Sur la face interne, elles sont beaucoup plus rares, celles du crémaster moyen surtout: à cet endroit, au niveau du cul-de-sae interne, les deux crémasters se confondent.
Au niveau de la partie inférieure du testicule et de fépididyme. les faisceaux sont beaucoup plus serrés, beaucoup plus riches autour du cordon et de ses vais-
seaux: en avant cl en dehors, les deux ciémaslcrs sont épais.
Enlin, au niveau du ligament crémastérien, c'est-à-dire au point oii le testicule adhère aux hourses, on trouve, en arrière, un très riche emmêlement de fihres musculaires qui se continuent, en avant et en dehors, avec deux lames crémastériennes très développées.
Au résumé, les faisceaux de fibres lisses augmentent dans le cordon dès que celui-ci approche du testicule ; ils deviennent de plus en plus abondants à mesure qu'on les examine plus bas et qu'on se rapproche davantage du ligament crémastérien. Ces fibres péri-vasculaires qui forment aux vaisseaux, là où ils pénètrent dans le testicule, une véritable gangue, «un feutrage » dans les mailles duquel ils cheminent, se continuent avec des fibres qui se répandent tout autour de la vaginale ; là, elles sont très abondantes en avant et en dehors oîi on peut les diviser en deux couches, et beaucoup plus rares en dedans où elles n'atteignent pas le cul-de-sac interne... Tous ces faisceaux sont, à n'en pas douter, comme un épanouissement du ligament crémastérien: ils sont évidemment les restes du guberiiaculum testis. Chez le cheval, ils sont très volumineux et forment, sous la fibreuse, une couche très épaisse; à l'œil nu, on les étudie facilement; ils sont représentés dans la figure qui montre la disposition de la vaginale chez cet animal.
Telle est la disposition du crémaster lisse; je reviens maintenant à la discussion qui fait l'objet de ce chapitre : Quels rapports peut-il y avoir entre le crémaster hsse et le gubernaculum ? Quelles modifications la descente du testicule a-t-elle imprimées à celui-ci P Comment, au résumé, l'un est-il, chez l'adulte, le vestige de l'autre chez le fœtus ?
Trois mécanismes, me semble-t-il, peuvent être, dans l'espèce, invoqués.
Voici le premier :
J'ai dit qu'à la sortie du canal inguinal, le gubernaculum se dissociait en plusieurs faisceaux. On peut supposer ceci : à un moment donné, le faisceau scrotal, continuant d'exercer sa traction sur le testicule et restant toujours tendu, les faisceaux voisins, au contraire, qui descendent moins bas, deviennent, pour ainsi dire, trop
longs, se relâchent et flottent sur les flancs de la glande ; celle-ci, poursuivant sa marche, obéit au faisceau central qui la sollicite vers le scrotum; puis elle tombe dans les bourses en se drapant des faisceaux périphériques qui se retournent, se renversent et descendent avec le testicule, tête en bas. Je répète ici que, sous le nom de faisceaux périphériques du gubernaculum, j'entends parler seulement des faisceaux de fibres lisses qui ne s'attachent pas dans le fond du scrotum ; j'ai montré que les trousseaux striés, appelés par les auteurs « faisceaux accessoires du gubernaculum », n'existent point. De ceux-là il n'est donc plus question.
Yoici maintenant le second mécanisme :
Pendant cjpie Fabdomen et le bassin s'allongent, le gubex'naculum se raccourcit; mais au lieu de se raccourcir par simple rétraction inodulaire, il rentre en lui-même et s'auto-invagine : ainsi se formeraient les deux couches dont se compose le crémasler lisse.
Yoici, enfin, une troisième interprétation : D'après G. Weil, — j'ignore la langue allemande et j'ai dû faire traduire, sans vérification personnelle, le mémoire de l'auteur — il se forme, au sein du gubernaculum composé de tissu muqueux, de véritables petites cavités produites par la désagrégation et la fonte des éléments anatomiques : c'est dans l'intérieur de ces cavités préformées, en totalité ou en partie remplies par des extravasats sanguins et des détritus cellulaires, au milieu de ce tissu ramolli, en plein tunnel intragubernaculaire par conséquent, que le testicule chemine, poussé par la pression des intestins. S'il en est ainsi, l'on peut admettre que les fibres périphériques du gubernaculum, résistant à la destruction, forment plus tard, sans retournement ni invagination, le sphincter lisse des bourses.
En fait, je ne sais ce qu'il y a de vrai dans tout cela ; mais Barrois me paraît avoir fait une constatation de haute portée, qui compromet singulièrement la valeur de toutes les hypothèses précédentes.
(I Chez le nouveau-né, écrit-il, on ne trouve guère (entre la tunique vaginale et la tunique fibreuse) de fibres lisses qu'à la partie inférieure du testicule, au point d'attache primitif du gubernaculum; avec l'âge, ces faisceaux musculaires deviennent de plus en plus abondants. Chez
l'adulte, ainsi que nous avons pu le voir, ils ont envahi la presque totalité de la séreuse et de la fibreuse, quoique existant toujours en plus grande quantité que partout ailleurs à la partie inférieure du testieule ».
Si cela est vrai, et les recherches de Barrois paraissent très consciencieuses, la migration lesticulaire et l'origine du crémasler lisse deviennent beaucoup plus faciles à expliquer. Le gubernaculum se rétracte, se raccourcit et attire le testicule au fond du scrotum; chez l'enfant, il ne reste de ce gubernaculum qui disparaît, en quelque sorte, au fur et à mesure de la transformation inodulaire qu'il subit, il ne reste, dis-je, que le ligament sur lequel, au pôle inférieur du testicule, le feuillet viscéral de la tunique vaginale se réfléchit de la glande vers les enveloppes pour former le feuillet pariétal. Plus tard, quand l'enfant devient pubère, des fibres musculaires naissent autour de ce ligament testiculo-pariétal et rayonnent de lui dans l'épaisseur des bourses, entre la vaginale et la fibreuse. Ces fibres, qui forment en quelques points une couche assez épaisse pour qu'on puisse la diviser en deux lamelles, lamelle crémastérienne interne et lamelle crémastérienne moyenne (j'ai déjà dit que le crémaster externe était strié et descendait des muscles larges de l'abdomen), ces fibres, dis-je, ne seraient donc point les vestiges du gubernaculum tcstis, dévoré tout entier par le processus qui assure son raccourcissement; ce seraient simplement des cellules de néoformation, liées peut-être, comme le croit le Lannelongue (1) et comme le pense aussi Baurois, « au fonctionnement des organes génitaux et à l'excrélion du sperme ». Par certains côtés, on pourrait comparer cette génèse d'éléments musculaires survenant au début de la vie génitale à celle qui, dans l'utérus de la femme, précède la puberté ou accompagne la grossesse.
(1) Lannelongue : Recherches sur l'appareil musculaire annexé au testicule el sur ses fonctions. Archives de physiologie normale et pathologique, 1868, 1. 1, p. 354.
y) Quelles modifications la descente du testicule imprimet-eile au péritoine péri-gubernaculaire et péri-testiculaire? — La tunique vaginale.