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STATION. — DREUX

82 kil. de Paris, 12 kil. de Marchezais, 19 kil. de Houdan.

Dreux* est une V. de 7,418 hab., ch.-l. d'arr., située dans la v^lée de la Biaise, qui s'y divise en plusieurs bras et se jette dans l'Eure auN.-E.

Dominée au N. par un coteau que couronnent la Chapelle royale et les ruines entourées de verdure de l'ancienne forteresse des comtes de Dreux , elle offre , de la station , un aspect assez pittoresque.

On ne connaît pas la date de la fondation de Dreux, mais la plupart des historiens attribuent à cette ville une origine fort ancienne et prétendent qu^elle dut être sous les Romains un poste militaire très-remarquable. « Sous le règne d'Auguste , dit M. Lefèvre , la capitale des Durocasses et son territoire étaient le centre de plusieurs voies romaines qui correspondaient aux quatre grandes chaussées que cet empereur « lança », du milieu de la ville de Lyon, aux bords de TAtlan-» tique, du détroit Oallique et du Rhin, t Les chroniqueurs du xi* s., parlent du château de Dreux, qu?ils traitent de fameux et d'illustre,- famôsum et nobile caêtrum de Drocis.M est .'constant que, dès Tannée 1031, il existait nn comté de Dreux, et il parait même qiie i'on y battait monnaie avant cette époque. ; <"! - :

En 1188, Philippe- Auguste; vint ni^tU^e le siège devant Dreux et en expulsa Henri II, roi d'Angleterre, qui avait livré la ville au pillage et à l'incendie.

Dreux soutint encore deux nouveaux sièges, le premier en 1412, le deuxième en 1421 ; mais le plus: grand événement qu'elle ait vu s'accomplir, ions ses wxn est la bataille qui porte son nom. Cette

sanglante bataille se livra le 19 décembre 1562, sur le territoire de la commune de Màrville-Moûtier- Brûlé , entre les protestants, commandés par le prince de Condé et l'amiral Coligny, et les catholiques, k la- tête desquels marchaient le connétable de Montmorency et le duc de Guise. Les principaux chefs des deux partis se trouvaient en présence, et tout le monde connaît la haine dont ils étaient animés les uns contre les autres ; aussi, les deux armées se battirent-elles avec un incroyable acharnement depuis dix heures du matin jusqu'à cinq heures du soir. Huit mille morts restèrent sur le champ de bataille, et, au dire des historiens, la perte fut à peu près égale dans les deux camps; mais la victoire resta aux catholiques.

Brantôme prétend que le duc de Guise soupa dans une grange k Nuisement et coucha dans le même lit que le prince de Condé, son prisonnier.

Pendant longtemps il se lit tous les ans k Dreux, le 19 décembre, une procession commémorative k laquelle assistaient les magistrats, le corps de ville, les corps de métiers et la plus grande partie des habitants.

Henri IV assiégea Dreux une première fois en 1590 et une deuxième fois en 1593. Les assiégés lui opposèrent pendant dixhuit jours la plus opiniâtre résistance. Une grande partie des fortifications de la ville et du château fut détruite par l'artillerie du roi de Navarre. La misère des habitants de Dreux était extrême ; Henri IV en eut pitié et leur donna k chacun un écu avec la liberté de se retirer où ils voudraient. Avec ses murailles, Dreux perdit son importance politique.

Dreux a été la patrie de J. Rotrou, poëte du xvii« s. ; des Métézeau , architectes , dont les plus célèbres sont Thibaud et Louis, auxquels on doit une partie de la galerie du Louvre, et Clément, le conâtracteur de la digue de la Rochelle sous Richelieu ; du général Sénarmont , etc.

L'église Saint-Pierre (mon. hist.) appartient à plusieurs époques. Le portail et le croisillon N., le chœur, Je^ voûtes et les colonnes qui séparent, les, chapelles des nefs latérales, ^tenit du xii^ ou du xiii^ s. La grande h^f , les' chapelles des nefs latérales et ïe pourtour du chœur sont Tœuvre du commencement du zvi^ s. Là façade occidf^ntale offre : un beau jportail creusé en ogive (l'œuvre de

DE PARIS A DREUX

Tarchitecte Clément Métézeau, le trisaïeul du Cl. Métézeau qui dirigea les travaux de construction de la digue de la Rochelle) , et flanqué de deux tours inachevées, dont Tune a 36 met. de hauteur et Tautre i6 met. à peine ; une rose centrale et plusieurs charmants détails de statuaire et de sculpture, malheureuse-* ment bien mutilés. Le bas - relief du tympan (l'Entrée du Christ à Jérusalem) est à peine distinct , mais les culs-de-lampe et les dais qui ornent les. niches vides se font remarquer parla délicatesse de leurs sculptures. Le portail du N., autrefois très-orné, a été bien maltraité. C'est à peine s'il subsiste encore quelques débris des bas-reliefs qui le décoraient (le Jugement dernier),

A rintérieur, cette église, longue de 68 met. et haute de Ï7 met. env., se compose de trois nefs partagées par six travées jusqu'au transsept, et d'un chœur avec collatéral tournant et chapelles, dont l'une, plus profonde, est dédiée à la sainte Vierge.

Les verrières, quoique mutilées, attirent encore l'attention des connaisseurs. La grande nef n'a conservé que quelques restes de la série des Apôtres qui la décorait. On remarque, dans le chœur, plusieurs personnages de grandeur naturelle , entre autres sainte Anne et sainte Hélène, et, dans le croisillon S., la Descente de Croix et le Sacrifice d'Abraham. Les chapelles latérales ont gardé un Crucifiement, quelques traits de la vie de saint Crépin et de saint Crépinien, l'Ascension, le Baptême de Clovis, saint Jean, Notre- Dame de Pitié, saint Biaise, saint Sébastien, quelques fragments de rhistoire de Notre-Dame-de-Lorette, et l'histoire de saint Fiacre. Les vitraux de& sept fenêtres de la chapelle de la Vierge, habilement restaurés, représentent des traits de la vie de Jésus et de la Vierge.

« On remarque, dans deux chapelles latérales delà nef, dit M..., au

midi et au nord, des peintures murales qui, dans la première, conservent des souvenirs historiques : une longue suite de pèlerins à genoux, les mains jointes et munis de bourdons , et , au-dessous , les noms des habitants de Dreux qui, dans le xvii" et le XVIII® s., ont fait le pèlerinage de Saint - Jacques - de - Compostelle ; puis, sur la muraille en face de l'autel, un cavalier armé de pied en cap, et au-dessous , l'épitaphe de Mercœur de France, mort en 1562.

(c Dans la chapelle parallèle, du côté du N., toute la muraille est occupée par une grande peinture, dont le sujet parait être la Glorification des élus. On croit cette peinture de la fin du XV® s. »

Noms signalerons aussi aux visiteurs : un bénitier du xii® s., provenant de l'ancienne collégiale de Saint-Etienne; le buffet des .orgues, exécuté en 1614, par un menuisier de Dreux, nommé Fortier; les stalles ; plusieurs pierres tombales ; et deux plaques de marbre (chapelle de Notre-Dame-de-Pitié ) , érigées , l'une en l'honneur de Nicolas Lecomte, bienfaiteur de l'église, décédé en 1614; l'autre, à la mémoire du général Alexandre-François Hureau de Sénarmont, mort le 25 septembre 1805, et du général Alexandre- Antoine Hureau de Sénarmont, fils du précédent, tué au siège de Cadix, le 26 octobre 1810.

Du château de Dreux, qui fut un des principaux boulevards des domaines de la Couronne de France contre les incursions des Anglo- Normands, il subsiste toute la partie N., avec de belles tours, et quelques ruines du donjon, entourées de massifs de verdure et d'un aspect très-pittoresque. Les courtines et une partie des tourillons de la grande enceinte ou place d'armes furent abattus, en 1593, sur l'ordre d'Henri IV; mais l'enceinte de cette antique forteresse, (( qui n'offrait, au commencement de ce siècle , que l'image d'un désert inculte et jonché de dé-

bris, a, bien changé d'aspect; il a sufa, dit M. LefËvre, d'un souffle rojal pour ranimer cette nature

Dans l'eDceinte du chiteau fort s'élevait jadis, sur le plateau de la colline qui domine la ville, au N-, BOUB le vocable de saint Etienne, une église foHégiale qui, selon quelques auteurs, remontait au régne de Childebert. Sur l'emplacement même

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