‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 116 sur 562 · AINT-GERMAIN-EN-LAYE · texte numérisé non relu

AINT-GERMAIN-EN-LAYE

20 kil. de la gare de la rue Saint-Lazare, 2 kil. de la station du Pecq, 3 kil. du bois du Vésinet, 23 kil. de Paris par la route de terre, 5 kil. 1/2 de Chatou, 13 kil. de Versailles, 2 kil. de Port-Marly, 4 kil. de Marly-le-Roi, 3 kil. de B^ourqueux, 3 kil. de Mareil, 4 kil. 1/2 de Chainbourcy, 5 kil. 1/2, de Poissy,

DE PARIS A SAINT-GERMAIN

7 kil. de Maisons, 3 kil. de Carrières, 5 kil. du Mesnil, 11 kil. de Conflans, 20 kil. de Pontoise.

Sitaation. -- Histoire.

Saint-Germain *, ch.-l. de c. (arr.

de Versailles), V. de 12,876 hab., située sur un coteau de la rive g. de la Seine , à 84 met. d'alt. , s'est beaucoup assaini et embelli depuis Touverture du chemin de fer. L'air y est, du reste, salubre et vif. De beaux quartiers neufs se sont élevés entre le château et le pavillon d'Henri IV, ainsi que sur la lisière de la forêt. La rue principale, dite de Paris , part du rond-point , appelé place Royale , auquel aboutissent , d*un côté, Tancienne route de Paris à Saint-Germain et les rampes qui montent du Pecq , et de l'autre , l'avenue du Boulingrin, qui vient du Parterre,

Aux. premiers âges de notre histoire, tout ce territoire était couvert par une antique forêt, dans laquelle quelques moines portèrent les premiers la hache.

Mais on ne dut s'établir que lentement sur un sol privé d^eau. Sous Charlemagne, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés y possédait trois lieues de tour . Au commencement du xi« s., le roi Robert fit construire, sur un emplacement voisin de celui du château actuel, un monastère et une église sous Tinvocation de saint Germain. Vers 1021, il éleva un pavillon sur remplacement actuel des Loges. La forêt où ces bâtiments étaient situés portait le nom de Lida, Ledia, Leia, et en langue vulgaire Lée ou Laye, dont Tétymologie est obscure. Au xii* s., Louis le Gros se fit bâtir un château fort dans le voisinage du monastère. Les rois de France, et saint Louis entre autres, y séjournèrent fréquemment. Le château et le monastère furent en partie incendiés par le prince Noir. Vers 1367, Charles Vflt M réédifier notablement le chastel Saint- Germain -en-Laye », qui fut pris , en 1438, par les Anglais, sous la conduite d'un religieux de Nanterre qui avait fait fabriquer de fausses clefs. Le château de Charles V ne pouvait satisfaire aux besoins et aux mœurs du xvi» s. François !•% trouvant tt le lieu plaisant, feit a,hattre le viel bâtiment » (Du Cerceau), en conservant toutefois la Sainte-Chapelle de saint Louis

et le donjon, et reconstruisit le tout pour y loger la cour brillante dont il se plut à s'entourer. Les bâtiments de .l'ancien prieuré, abandonnés sans doute, devinrent des dépendances du château. Il fit aussi bâtir le château de la Muette dans le nord de la forêt. La plupart de ses enfants naquirent à Saint-Germain.

La première année du règne d'Henri II, un duel célèbre entre François Vivonne de la Châtaigneraie et Guy-Chabot de Jarnac, eut lieu, le 10 juillet 1547, en présence de toute la cour, en avant et à Î'E. du château.

Le vieux château de François I"' offrait encore l'aspect d'une forteresse. Henri II voulut avoir une résidence royale plus moderne et ât commencer le château neuf, sur le bord de la colline, au-dessus de la Seine, vers laquelle les jardins descendaient en terrasses soutenues par de coûteuses maçonneries. Sous ces terrasses avaient été ménagées des grottes garnies de coquillages et de figures se jouant au milieu des eaux, qui furent une des merveilles du temps. Les travaux ne furent sérieusement continués que sous Henri IV, qui les termina. 11 habita exclusivement ce château , ainsi que son successeur.

Sous Henri IV et sous Louis XIII, Saint- Germain commença, grâce aux séjours de la cour, à devenir une ville. Le château fut délaissé pendant quelque temps par Anne d'Autriche et par son fils, qui s'y étaient retirés pendant les troubles de la Fronde, puis habité par Henriette, veuve de Charles I" d'Angleterre.

A partir de 1661, Louis XIV fit de fréquents séjours au château de Saint-Germain et dépensa 6,455,562 livres pour l'embellir à sa façon. Il résida au château vieux, l'état de délabrement du château neuf l'ayant rendu inhabitable. Vers 1680, Saint-Germain fut abandonné pour Versailles ; et cette ville devint un lieu de retraite pour les anciens serviteurs de la cour et pour des rentiers. Louis XIV revint cependant plusieurs fois à Saint- Germain et fit commencer au château vieux de nouveaux pavillons qui, heureusement, ne furent pas terminés.

Après la révolution d'Angleterre de 1688, le roi Jacques II trouva dans le vieux château une noble hospitalité ofierte par Louis XIV. Il y eut alors, à côté de la splendide cour de Versailles, la cour anglaise de Saint-Germain. Jacques II y mourut en 1701, et Marie d'Esté, sa seconde femme, en 1718.

DE PARIS A SAINT-GERMAIN

Le palais de Saint-Oermain, délaissé par Louis XV et Louis XVL servit d'école de cavalerie sous l'Empire, de caserne s6us la Restauration, et, plus tard, de pénitencier ; Napoléon III en fit un musée, et la restauration en est presque terminée (V. ci-dessous).

Édifices poblios.

La ivieille église s*étant écroulée en 1 68 1 , Louis XIV la fit reconstruire en 1683 par H. Mansart. Laissé depuis 1766 dans un état de délabrement complet, cet édifice fut remplacé en 1825 par Téglise actuelle.

Le portique, soutenu par six colonnes doriques, porte un /fronton dont le tympan a été sculpté par Ramey filsJ Autour de la nef et du chœur règne une ordonnance de vingt colonnes ioniques. La chaire, faite d'abord pour la chapelle de Versailles, fut donnée par Louis XIV en 1681. Dans la première ch^ipelle de droite est un mausolée, élevé, aux frais de la reine Victoria, à la mémoire de Jacques II. On remarque surtout, à l'intérieur, des peintures à fresque par M. Amaury Duval.

L" hôpital de Saint-Germain renferme 220 lits, dont 45 pour militaires.

De beaux quartiers de cavalerie bordent la route de Paris.

Le château de Saint -Germain, dont nous avons résumé l'histoire ci-dessus, a subi une restauration complète, entreprise par la direction des bâtiments civils et qui aura coûté environ 2,500,000 fr. Cette restauration a été dirigée par M. Eug.

Millet. L'habile architecte a rétabli le château de Saint-Germain comme il était sous François I^'. S'il a conservé', la grosse tour de Charles V telle qu'elle fut remaniée par François I?', il a fait démolir les pavillons d'angle construits sous Louis XIV et terminés vers 1680. La belle chapelle de Saint-Louis, plus ancienne que la Sainte - Chapelle de Paris (12i0 env.), et remarquable par la disposition de ses fenêtres carrées, a été remise, de 1868 à 1877, dans son état primitif. M. Millet a retrouvé

la belle rose que le génie militaire avait fait boucher avec des moellons. Le château restauré de Saint- Germain renferme un musée d'antiquités nationales (F. ci-dessous).

M. Millet a rétabli dans sa forme primitive l'ancien parterre, qui n'était plus dans l'axe du château, et a fait disparaître l'espèce de petite terrasse qui, de la place du château, empêchait de voir l'extrémité de la grande terrasse.

Le château neuf. — Ce château, construit par Henri IV, n'était séparé du château vieux que par un espace d'environ 400 met. Des écrivains du temps nous ont conservé la description de ses merveilles, de ses terrasses, de ses grottes, de ses statues, de ses jeux hydrauliques, etc.

Il n'en reste plus aujourd'hui que quelques murs de terrasse et le pavillo?i Henri IV (mon. hist.),qui était autrefois la chapelle et où fut ondoyé Louis XIV (il forme actuellement une des salles du restaurant tenu par M. Bar botte).

Le musée de Saint - Germain n'est pas seulement destiné à recueillir des objets gallo-romains ; il renferme, classés chronologiquement, les types des objets d'art et d'industrie que chaque époque a produits depuis les temps préhistoriques les plus reculés jusqu'aux Carlovingiens , et sera le musée des antiquités nationales, authentiquement constatées.

Les galeries du musée actuellement organisées (il y aura une quarantaine de salles quand le musée sera complet) sont visibles les dimanches, mardis et jeudis, de 11 h.

1/2 à 4 h. Les mercredis, vendredis et samedis sont réservés à l'étude.

On n'est admis ces jours-là que sur une carte délivrée par l'administration. Les salles sont ouvertes, pour l'étude, à 10 h. 1/2. Le lundi, le musée reste fermé.

Hez-de-ohanssée. — Le rez-de-chaussée renferme trois salles consacrées provisoirement aux moulages de Tare de Cous*

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