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MANTES

Mantes^, ch. -1. d'arrond. de Seine-et-Oise, V, de 5,697 hab., est agréablement bâtie, en amphithéâtre, sur la rive g. de la Seine, en face du bourg de Limay, auquel elle est reliée par deux beaux ponts modernes (le premier, bâti par Perronnet en 1765 , avait été détruit en 1870), chacun de 3 arches, séparés par une île. En amont du second pont, entre File et Limay, se voit un pojit très-intéressant des xii® et XV® s., qui ne sert plus à la circulation.

Les documents relatifs à Thistoire de Mantes ne sont pas antérieurs au ix* s. En 865, les Normands, ^ous la conduite de Bioem Côte-de-Fer, traversent la ville et la pillent. Â la suite du traité de Saint- Clair-sur-Epte (912), elle devient une ville frontière, fait partie du Vexin français et forme le chef-lieu d'un comté, le Mantois, dépendance du domaine royal. Dès le commencement du xi* s., elle s'administre elle-même ; eu 1110, elle obtient une charte de commune. Guillaume le Conquérant réclama cette province de Philippe I""" ; mais, la réponse du roi de

France ayant été une raillerie sur Tem* bonpoint de Guillaume, ce dernier, plein de ressentiment, s'empara de Mantes, et la livra aux flammes en 1087. Comme il chevauchait orgueilleusement par la ville, dit un vieil historien, son cheval, ayant mis les pieds dans un fossé, s'abattit, et le blessa au ventre en le faisant tomber sur l'arçon de sa selle. On le transporta à Rouen, où il languit pendant quelque temps. Afin d'obtenir la rémission de ses péchés, il lég^a une forte somme d'argent pour la reconstruction de l'église de Notre-Dame de Mantes livrée au pillage et aux flammes par ses soldats, et mourut quelques jours après des suites de sa blessure. Philippe Auguste appelait Mantes sa flUe bien aimée ; il en flt son arsenal, y mourut en 1223, et demanda, dit-on, en mourant, que son cœur fût déposé au pied du grand autel de Notre-Dame.

En 1346, Edouard III, après avoir débarqué au cap de la Hogue, pour s'emparer de la Normandie, s'avança jusqu'à Mantes, et la saccagea, quelques jours avant la bataille de Crécy. — En 1364, Du Guesclin la flt rentrer sous la domination des rois de France, mais elle ne tarda pas à retomber au pouvoir des Anglais. Reprise en 1449 par les Français, elle n'a pas cessé depuis lors de leur appartenir.

« Le 24 février 1354, dit M. Lalanne, il fut signé à Mantes entre le roi Jean et Charles le Mauvais, roi de Navarre, un traité par lequel le premier pardonna à celui-ci le meurtre du connétable Charles d'Espagne, qu'il avait fait assassiner le 8 janvier précédent, et de plus, en échange de l'abandon de ses prétentions sur les comtés de Champagne et de Brie, lui cédait le Cotentin, le comté de Beaumont-le-Roger et les seigneuries de Breteuil et de Couches. » {Dict. histor. de la France.)

Henri IV allait souvent à Mantes rendre visite à Gabrielle, qui habitait une maison de la Grande-Rue. — Pendant les guerres de la Ligue, Mantes reçut plusieurs fois le duc de Mayenne; mais elle fut surprise par Henri IV, qui y flt une entrée triomphante (1590).

En 1609, Henri IV revint à Mantes avec la reine Marie de Médicis ; deux ans après la mort de Louis XIII, Anne d'Autriche y .passa quelques jours avec Louis XIV enfant, le duc d'Anjou et Mazarin. Louis XIV logea, dit-on, dans une maison de la rue au Pois. Le cardi-

i'étre «ppeléB Daniel la Mie, Le legH fait par Guillaume le Con-

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