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quérant servit à l'êdiflcatioD de la collégiale de Mantes; mais cette belle église (moa. hi$t.}fut rebâtie presque en entierà lafln du m* s-, en même temps que Noire-Dame de Paria, avec laquelle elle présente la plus frappante analogie. Malgré les remaniements nombreux qu'elle a subis à la fin du 1111' s. et au siècle suivaut, Notre-Dame de Mantes a conservé de ses dispositions primitives plus de
traces que son prototype ; et son frontispice, élevé sous le règne de Philippe Auguste, peut donner l'idée de ce qu'eût été la célèbre façade de la cathédrale parisienne, si' l'achèvement de celle-ci n'eut été retardé jusqu'à 123S ou 1240. A co'point de vue spécial, et outre sa valeur artistique très -considérable, l'église de Mantes mérite d'être soigneusement étudiée par les archéologues.
La façade occupe la partie la plus élevée d'une place inclinée trés-irrégulïère et assez mal entretenue. Des trois grandes portes, ilem, la principale et celle de g. , remontent seules au xii° s. ; elles ont eu jadis des statues ; la sculpture de leurs en- , cadrementB etles bas-reliefs de leurs tympans sont d'un style admirable.
La porte de dr-, qu'il serait urgent
fut
DE PARIS A MANTES
1300 avec statues et grand pignon à jour; le tympan est surmonté d'un gable à jour très-délicat, qui a été copié au portail S. de la cathédrale def Rouen. Au-dessus des trois portes sont percées sept arcades égales, dont quatre éclairent le premier étage des deux tours. Plus haut s'ouvre une large fenêtre dans chaque tour et , au centre , une charmante rose à douze divisions dont les colonnettes ont leurs chapiteaux appuyés à l'œil central et leurs bases posées sur le cercle d'encadrement.
Une galerie assez bizarre, mais trèsélégante, bâtie par M. Durand à la place d'un mur plein qui tombait en ruines, règne sur toute la largeur de la façade, au point où les tours se séparent de la masse. Les arcades en sont supportées par deux étages de colonnettes, dont les chapiteaux intermédiaires , au lieu d'être reliés entre eux, sont rattachés directement aux clochers par des linteaux. Cette ordonnance est de la plus grande hardiesse. Les tours, audessus des galeries, n'ont plus qu'un étage, fort long, totalement reconstruit par M. Durand pour la tour du S., et fortement remanié pour celle du N. Les couronnements en plateforme sont dépassés par les pyramides en pierre des tourelles d'escalier, dont la hauteur totale est de 66 met. Du haut des tours (s'adresser au sacristain ; pourboire) , lorsque le temps est clair, la vue s'étend jusqu'au Mont-Valérien.
« La collégiale de Mantes n'a pas de transsept ; primitivement elle était aussi dépourvue de chapelles rayonnantes et présentait, comme Notre- Dame de Paris, un simple déambulatoire. Les cinq chapelles à pans coupés qui entourent l'abside ne sont que du milieu du xiv° s. ; la plus ancienne est celle de l'axe , décorée • extérieurement de gables simulés audessous des balustrades; les quatre autres ont leurs gables saillants et dépassant en partie les corniches. Audessus des bas-cotés régnent des tri-
bunes, largement éclairées et que couvraient des voûtes transversales en berceau brisé reposant, entre les travées, sur de forts linteaux. De grands œils-de-bœuf y tenaient lieu de fenêtres. Cette singulière ordonnance, qui fut peut-être celle de Notre-Dame de Paris au xii® s., subit quelques modifications au xiii® s,, au moment où l'on remaniait aussi l'œuvre de Maurice et d'Eudes de Sully; mais il s'en est conservé, à Mantes, de nombreuses traces, surtout au chœur. » (A. Saint-Paul.)
Les grandes voûtes sont sexpartites. Les bas-côtés de la nef sont demeurés en partie intacts. Parmi les additions du xiv® s., M. Violletle-Duc cite, comme un des meilleurs spécimens de Tépoque, la grande chapelle de Navarre , qui flanque le côté S. de la partie rectangulaire du chœur, et dont les voûtes reposent sur un pilier central. Les vitraux de la chapelle de la Vierge, fabriqués par M. Lusson, imitent parfaitement le XIII® s.
Il y a quelques années, des otivriers, occupés aux réparations de l'église de Mantes, mirent à jour un petit caveau connu seulement par la tradition, dans lequel on trouva deux boîtes de plomb assez semblables à celles qui sont destinées, encore aujourd'hui, à renfermer le cœur et les entrailles des hauts personnages.
On a supposé que le cœur et les entrailles de Philippe Auguste étaient renfermés dans ces boîtes, la tradition affirmant (aucun document historique ne la confirme : Guillaume de Nangis dit positivement que ce roi fut enterré à Saint-Denis le lendemain de sa mort) que le vainqueur de Bouvines repose dans le chœur de l'église de Mantes.
La collégiale de Mantes est en restauration depuis vingt-cinq ans, sous l'habile direction de M. Alphonse Durand, architecte diocésain.
Dernier débris d'une église dé- I truite à la Révolution , la tour . Saint-Maclou (mon. hist.), que l'on