‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 147 sur 562 · MANTES. — LIMAY · texte numérisé non relu

MANTES. — LIMAY

aperçoit en sortant de Téglise Notre- Dame , domine toute la ville. Commencée en 1340 avec les deniers provenant du halage des bateaux qui passaient sous le pont de la ville les dimanches et jours de fête, elle ne fut achevée qu'à Tépoque de la Renaissance, comme l'indique le caractère général de son architecture.

Elle était Ornée de nombreuses statues, dont les niches délicatement sculptées existent encore.

Le théâtre (xviii^ s.), situé sur la place de l'Eglise, offrait autrefois, sur sa façade, des sculptures' qui ont en partie disparu ; les bâtiments affectés au théâtre et au café de la Comédie dépendaient jadis de l'Hôtel- Dieu. — L'hôtel de ville est un ancien édifice restauré au xvii® s. — Le tHbunal occupe les bâtiments de l'ancien Auditoire royal (xv® s.), où se tenait la juridiction de Mantes, sous l'ancien régime; il contient de grandes et belles salles. La porte d'entrée est surmontée de sculptures mutilées, parmi lesquelles on distingue les deux écus de France et de Milan. L'écusson mi-parti de France et de Bretagne surmonte la première fenêtre, les armes de la ville de Mantes se voient au-dessus de la troisième. Une niche vide, placée au-dessus de la porte, renfermait la statue de saint Yves de Tréguier, patron des avocats et des procureurs. Au-dessus de la tête du saint étaient gravés trois vers latins, tirés d'une hymne qui se chantait en son honneur, et que M. Louis Enault a traduits ainsi :

Saint-Yves était Breton,

Avocat et pas fripon,

Chose incroyable.... assure-t-on.

Cette porte donne accès à un bel escalier en pierre datant de Charles VIII, et sous lequel sont des caveaux qui servaient autrefois de prison.

Entre la porte de l'hôtel de ville et celle du tribunal, à l'extrémité de la place du Marché , se voit une

belle fontaine du style de la Renaissance. Elle est formée de deux vasques superposées, d'où l'eau jaillit dans un bassin hexagonal. Les piliers sont décorés de figures et d'arabesques mutilées pour la plupart, mais parmi lesquelles on distingue très-bien un pélican abreuvant ses petits de sod sang.

L'hôpital général, situé près du chemin de fer, dans le voisinage de la première station, a été commencé en 1668 et terminé en 1854 par ]^. Durand. La petite chapelle de cet établissement, bâtie au fond d'un jardin, renferme quelques vieux tableaux , dont l'un , représentant la Résurrection, porte la date de 1694.

tlMAY.

Limay (omnibus), ch.-l. de c. de 1,333 hab., s'élève en face de Mantes, au pied d'une colline, sur la rive dr. de la Seine.

L'église de Limay (mon. hist.) comprend deux nefs presque égales, des XIII® et xv® s., avec une chapelle romane à deux travées (sur le flanc méridional) qui supporte un bel et curieux clocher du xii° s., couronné de lucarnes, de clochetons et d'une flèche en pierre assez bien conservée.

On remarque, à l'intérieur de l'église, des objets d'art de diverses provenances et notamment : une cuve baptismale du xiii^ s., richement sculptée ; le tombeau de Jean le Chenut, grand-écuyer du roi Charles V, et de son épouse ; un sarcophage avec inscription hébraïque regardée comme l'épitaphe d'un rabbin ; divers débris des XIV® et xv® s. provenant du couvent des Célestins; un dais du xii® s.

(ce dais, renversé, sert aujourd'hui de support à une statue); des vitraux modernes, dont l'un provenant de la manufacture de Sèvres, a été peint par M. Apoil, né à Mantes. — La mairie a été construite par M. Durand, dans le style du xiii® s. ^- Au sommet du coteau qui domine Limay, le châteati des Célestins, ancien

DE PARIS A ERMONT

couvent, fondé en 1376, par Charles V, et dont Regnard a célébré le bon vin dans son Voyage de Normandie, jouit d'une belle vue. Ce fut dans l'acte de fondation de ce monastère que Charles V apposa pour la première fois les armoiries royales réduites à trois fleurs de lis, (c en l'honneur de la Trinité » , comme la charte l'exprime elle-même.

Un petit chemin, tracé un peu audessous du château des Célestins, conduit à VErmitage Saint-Sauveur (environ 4 kil. de Mantes), taillé en entier dans un rocher dominant la Seine. On y voit : une modeste chapelle qui attire de nombreux pèlerins, un petit jardin, et la demeure de l'ermite, creusée dans la pierre vive. Au bas de la côte se trouve le château des Moussets, On descend de l'Ermitage sur le bord de la Seine, que l'on peut franchir sur un bac , pour aller au v. de Gassicourt, 343 hab. (3 kil. de Mantes par le chemin vicinal et 5 kil. environ si l'on passe par l'Ermitage Saint-Sauveur), situé sur la rive g. du fleuve, à l'extrémité d'une vaste prairie qui sert d'hippodrome à la ville de Mantes.

Uéglise de Gassicourt, en partie des XI® et XIII® s., appartenait autrefois à un prieuré de Cluny que Bossuet conserva toute sa vie. La tour (mon.

hist.), est percée, sur chaque face, de trois ouvertures romanes. La porte d'entrée offre des têtes grimaçantes, des rangs de zigzags et d*étoiles. On remarque à l'intérieur :

de grandes fenêtres ogivales, dont deux, celles du chœur, conservent des débris de vitraux donnés par Blanche de Castille; une curieuse statue de Vierge, en bois, représentant la reine, d'après la tradition , tandis que Jésus offrirait le portrait de saint Louis, enfant; de magniflques restes de peintures murales; des bas-reliefs; et surtout les charmantes boiseries' et les stalles du chœur, dont les panneaux et culsde-lampe représentent des personnages grotesques, des scènes comiques, etc. La chapelle Saint- Éloi renferme un joli lavabo sculpté et un bas-relief très-ancien (la Descente de Croix). La nef est en partie pavée de pierres tombales. Le bassin du bénitier mérite aussi d'être signalé.

On revient à Mantes , ou plutôt à l'embarcadère, par un chemin qui offre de jolis points de vue sur les collines de la rive dr. de la Seine, que couronne, en face de Gassicourt, un moulin à vent semblable à un donjon.

Pour la description des lignes de Rouen et de Cherbourg au-delà de Mantes, V. la Normandie,

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