‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 191 sur 562 · MONTMORENCY. — L'ERMITAGE · texte numérisé non relu

MONTMORENCY. — L'ERMITAGE

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L'habiialion de l'Ermita^, agrandie et renouvelée dans ces dernières années, a perdu son aspect primitif.

La chambre de Rousseuu eMdevanue une salle de billard. Le petit mobilier très-modeste qu'ony voyait il j

DE PARIS A MONTMORENCY

a quelques années, composé de deux lits, d'une petite table de travail, d'un fauteuil, de deux cylindres de verre destinés à abriter du vent la lumière, quand Jean^acques travaillait le soir dans son jardin, a été enlevé en 1853. Il reste, dit-on, un rosier et un laurier plantés par lui, et des tilleuls d'une allée. Ce laurier est à gauche d'une pierre brute provenant d'un monument érigé en 1791, à l'entrée du bois d'Andilly, et portant cette inscription : Ici Jean-Jacques Rousseau aimait à se reposer.

De l'autre côté de la cascade est un autre laurier planté par Grétry.

Quelques débris du mobilier de l'Ermitage, que la mémoire d'un des plus illustres écrivains de la France aurait dû protéger, mais qui a été dispersé, pendant des mutations trop fréquentes de la petite propriété, avaient été recueillis, et sont réunis, dit-on, dans une petite chambre au rez-de-chaussée du restaurant de l'Ermitage (à l'enseigne des Trois-Mousquetaires). Cet hôtel, qui offre un abri aux promeneurs et des écuries pour reposer leurs montures, est situé à côté des célèbres châtaigniers sous lesquels a lieu le bal champêtre tous les dimanches dans la belle saison. Des balançoires, des jeux divers y sont réunis pour l'agrément des visiteurs dans le jardin du Casino (promenade libre la journée ; 50 c. d'entrée le soir pour un cavalier, 25 c. pour une dame). A quelques pas se trouve un autre restaurant tenu par M* Homo et ayant pour enseigne : A la châtaigneraie de VEr-^ mitage. Ces beaux arbres forment ici de magnifique» propylé's à la forêt. Mais la sauvagerie agreste de ce lieu, tel que le connut Jean-Jacques, a disparu. Des villas servent aujourd'hui, de ce côté, de lisière au bois.

Les horizons verdoyants seuls n'ont pas changé, et, quand les promeneurs y laissent égarer leurs regards, ils retrouvent presque intacts les paysages dont la vue causait de si douces émotions au grand écrivain

qui, le premier dans notre langue, sut parler avec éloquence de la nature.

La rue qui passe devant l'Ermitage conduit à (1,200 met.) Groslay (Section XIV). Celle sur laquelle s'élèvent les hôtels des Mousquetaires et de la Châtaigneraie mène à (2 kil.

500 met.) Saint-Brice (Section XIV).

Mont-Louis (au numéro 12 de la rue J.-J. -Rousseau) rappelle aussi le souvenir de Rousseau.

Après les misérables querelles qui s'étaient élevées entre M"" d'Épinay et Rousseau, Jean-Jacques reçut de son ancienne amie une lettre datée de Genève, dans laquelle se trouvaient ces mots : « Puisque vous vouliez quitter l'Ermitage, et que vous le deviez, je suis étonnée que vos amis vous aient retenu. Pour moi, je ne consulte point les miens sur mes devoirs.» Devant un congé si nettement signifié, Rousseau quitta l'Ermitage le 15 décembre 1757, et alla s'établir dans une petite maison située au bout d'un jardin, et faisant partie des anciennes dépendances du château. Le propriétaire lui laissa la libre direction des arrangements et des réparations. « Au rez-de-chaussée, dit Rousseau, étaient la cuisine et la chambre de Thérèse. Le donjon me servait de cabinet... La terrasse, plus élevée que celle du château, et sur laquelle j'avais apprivoisé une foule d'oiseaux, me servait de salle de compagnie pour recevoir M. et M"» de Luxembourg, M. le duc de Villeroi , M. le prince de Tingry, M"* la duchesse de Montmorency, M"»« la duchesse de Bouffie rs, M"« la comtesse de Boufflers et beaucoup, d'autres personnes de ce rang, qui, du château, no dédaignaient pas de faire, par une montée fatigante, le pèlerinage de Mont-Louis. » Et ailleurs ; « Pendant un hiver assea rude, j'allai tous les jours passer deux heures le matin et autant l'apriès-midi dans un donjon tout ouvert... qui terminait une allée en terrasse... Ce fut dans ce lieu, pour lors glacé , que , sans abri contre le vent et la neige , et sans autre feu que celui démon cœur, je composai, dans l'espace de trois semaines, ma lettre à d'Alembert sur les spectacles. » {Confessions, livre X.) C'est à Mont-Louis, habité par lui pendant quatre ans, que J.-J. Rousseau termina la Nouvelle Héloîse et qu'il écrivit \ Emile et le Contrat social.

Cette maison de Mont-Louis avait été

MONTMORENCY. - MONT-LOUIS. — LA FORET. 2î5

I, après diverses vicissiiades, par Lk forit.

lie lie paysages Bidault. KHe a y . .. j m. .

mu depuis » M Bonifaoe rédoc- ■ "* ïor&t da HontmoreDC; S e-

i ConxIUiiliBnwi EQUsaeaù quitta tend du S.-E. au N.-O., depuis Monl-

uuis le 9 juin 176S, pour se réfu- moreiicy jusqu'à Bessancourt, cou-

I Suisse. On peut voit, h. la fia du vraot lantùl de houls plateauï ri-

l des Confeniom. oommsnt la ma- ches en meulières, taiitôl les pentes

, de Luxembourg lui envoya au jes collines, et descendant jusqu'au

?V„*''^l'<''Mt^l'it^-i"'.îr'î«'" Iv fond des fraîches vallées qu'elles douinoticaD( que, malgré aes etlorts. . . c- ■ ■ ^ ■ . ,

iae de corps allait ètrs décrétée ""n^nt. Sur [ilusieura points, les

lui, par suite de la publication de bancs de aaiile y sont d'une ri-

et du Contrat sorial. chesse remarquable, comme à la Sa-

l'Hère, au-dessus de Montmorency.

Ces bancs de sable sont les analogues géologiques des grée de Fontainebleau, mais ils s'y montrent rarement à cet élol particulier d'agrégation. Cependant une cnrrifere de grès est eiploitée nu milieu de la forêt, au-dessus de Sainte-Radegonde.

La forêt de Montmorency a une contenance de 2,000 hectares. Elle forme un des bouquets de oette v.isle ligne de bois qui s'étend presque

de

sans interruption sur II l'Oise. Elle est divisée entre plusieurs propriétaires. La plupart des routes (la rareté de poleaui indicateurs y est d'ailleurs très-regrettable) laissent i. désirer sous le rapport de l'entretien, et deviennent impraticables aprës les fortes pluies.

Du reste, même nui beauï jours, c'est le plus souvent à cheval ou à âne que les promeneurs la parcourent. Ils se dirigent, en parlant de la place du Marché, dons deu» di-

DE PARIS A MONTMORENCY

rections opposées : les uns, du côté de la Châtaigneraie et de \ Ermitage ; les autres, du côté d'Andilly. Ces derniers (V, ci-dessus, p. 247, Direction) tournent Tangle de Thôtel du Cheval-Blanc, pour prendre la route qui s'offre à eux sur leur dr. et qui, après avoir franchi le chemin de fer (un peu au-dessous de la gare), descend jusqu'à la fontaine René (de là le chemin de dr., le long du mur en retour du parc, mène du côté de la Sablière), Au-delà de la fontaine René, si Ton veut aller à (3 kil.) Andilly par la plus agréable promenade des environs de Paris, il faut prendre la route qui monte en face pour longer la base de la colline en décrivant des courbes gracieuses, et «d'où Ton découvre les plus charmants points de vue. Arrivé en face d'une grille qui attire l'attention à l'angle du mur d'un parc, on peut gravir le chemin creux à dr. et gagner le plateau (Champeaux d' Andilly, i70 met. d'alt.). — N. B, Il vaut mieux monter seulement sur le plateau à l'extrémité du village en longeant la Grande-Sablière à g. — Si, au contraire, on continue à suivre le chemin qui vient de Montmorency, on entre dans le village.

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