BQUAM MEMENTO REBUS IN ARDUIS « 8ERVARE MENTEM
L'usage était alors de prononcer le latin de telle sorte que xquam avait à peu près le même son que le mot Écouen ; rinscription offrait donc un jeu de mots de mauvais goût, il est vrai, mais autorisé par la mode de Tépoque.
Six ans plus tard, à Tavénement d'Henri II, le connétable, qui, depuis longtemps, était lié avec le nouveau monarque, remonta au faîte des grandeurs.
Sous Charles IX, il forma avec le duc de Guise et le maréchal de Saint-André un triumvirat redoutable aux calvinistes.
C'est au château d'Écouen que le roi Henri II signa l'édit fameux de 1559, qui prononçait la peine de mort contre les luthériens. En 1567, le connétable gagna la bataille de Saint-Denis, mais il y fut blessé à mort.
Son petit-fils, le maréchal Henri, révolté contre Louis XIII, et vaincu à Castelnaudary par Schomberg, fut décapité à Toulouse (30 octobre 1632). Avant de mourir, il eut le caprice assez bizarre de faire don à l'homme qui le tuait, au cardinal de Richelieu, des deux statues de Michel-Ange, placées au château d'Écouen. Comme il ne laissait pas d'enfants, ses biens échurent à Charlotte, sa sœur, épouse d'Henri II de Bourbon, prince de Condé. La maison de Condé les conserva jusqu'à la Révolution.
A cette époque, le château d'Écouen était fort délabré ; une partie des bâtiments menaçait ruine, et l'architecte des Condés avait fait abattre la grande galerie, n'ayant pu trouver dix mille francs dans la caisse du prince pour des répa- ^^acions indispensables. Un jour que l'on avait voulu nettoyer les vitraux en camaïeu, l'opération fut conduite si brutalein«i»t qu'elle enleva les demi-teintes, de manière à laisser en beaucoup d'endroits le verre à nu. Devenu propriété nationale, le château servit d'abord de lieu de réunion aux patriotes du voisinage ; on lisait encore, il y a une trentaine d'années, au-dessus de la porte d'une des salles : Section Marat, et, sur une autre : Section Couthon. L'autel et les vitraux furent enlevés et déposés au
Musée des monuments français, avec le Christ de Rosso, maintenant au Louvre [Ecole italienne, n* 368). Au commencement de l'Empire, les vélites de la garde logèrent pendant quelque temps au château ; mais ensuite, en 1807, on y établit un des pensionnats impériaux pour les filles, sœurs ou nièces de membres de la Légion d'honneur. La surintendance d'Écouen fut donnée à M"* Campan.
Dès qu'elle entra en charge, la surintendante obtint que le château fût restauré : on releva la galerie abattue, en appropriant cette construction aux besoins nouveaux du service ; on refit en outre une porte extérieure, décorée de deux colonnes d'ordre dorique ; on réclama au musée des Augustins l'autel et les vitraux (quelques-uns de ces vitraux sont de J. Cousin) de la chapelle ; on organisa des parloirs; quatre dortoirs furent disposés avec luxe , chaque salle portant le nom d'une princesse de la famille impériale (Julie, Zénaïde, Charlotte et Catherine).
Trois années après, M"« Campan, quoique protégée par l'empereur Alexandre, ne put trouver grâce devant Louis XVIII : elle perdit ce poste qui lui avait valu, sous le gouvernement déchu, une faveur trop intime et trop marquée pour qu'on en voulût voir lès causes dans ses seuls talents d'institutrice. Le pensionnat d'Écouen fut supprimé, et l'on en transféra les élèves à la maison de Saint-Denis (19 juillet 1814). Au mois de mars précédent, ces jeunes filles avaient couru quelques dangers. On lit, en effet, dans une des lettres de M"« Campan à la reine de Hollande : « Je viens d'écrire au grand chancelier que nos paysans sont inquiets de maraudeurs, de brigands épars, formés par de mauvais sujets qui s'arment en prenant les fusils de gens tués... Je les crains presque à l'égal des Cosaques. » Une autre lettre dit : « Nous avons été bien près de recevoir les Cosaques, qui ont pillé Sarcelles ; heureusement que j'avais envoyé une lettre au général Sacken par le capitaine inspecteur de nos bois. Il m'a ramené trois hommes de l'armée russe et une sauvegarde écrite en cette langue. Je l'ai fait copier et coller sur nos portes. Nous n'avons pas vu un seul Cosaque... J'ai sauvé beaucoup de dames effrayées, qui ont été recueillies dans le château. »
Alexandre vint, peu après, visiter la maison d'Écouen, où la surintendante lui fit faire par les élèves une éception en-
d-Eoouen.
ir de Louis XVllI,
k goD Alleul le duc â'Anmale, qu fils ds Louia-Philippe. D'après le M.
du vieux priDCe.EcousD devait si
mbattu pour le trâas et l'ua- Actuellement , le château A'É-
ttlm,
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des filles de soldats et d'ofliciera (jusqu'au grade de capitaine) faisant partie de l'ordre de la Légion d'honneur. Des places d'élëves aux frais des familles peuvent être données aux niles, petites-fllles, nièces
Ch&leau d'Ëcoue
, légionnaires. Le prix de la pension est de 600 fr., payables par trimestre et d'avance; une somme de 200 fr. doit être versée au moment de l'entrée de l'éUve, pour prix du trousseau qui lui est fourni. La grande chancellerie fait les frais du trousseau des élèves gratuites. Les conditions d'âge, de santé, d'aptitude pour l'admission et la sortie «ont les mêmes que pour la maison de Sain^Deni3 (V. ci-dessuB, p. 220). La succursale d'Écouen est «leeserrie par la congrégation reli-
grégation de la Mère de Dieu.
L'entrée du château et celle de la terrasse sont inlerdites au public.
Sur te sommet de la colline, derrière le château, un nouveau fùrl a été construit en 1876 et 1877.
Vigtise d'Écouen (mon. hist.) se compose d'un beau chœur du xvi° s.
(stjle ogival), doublé d'un bas-cftté, et d'une nef de 1737. Le clocher offre le style civil de la Renaissance.
Dans les magnifiques vitraux, attribués i J. Cousin, qui ornent les Ion
DE PARIS A BEAUMONT
guee fenêtres du chœur et celles de son collatéral, se lit encore le mot gi?ec àTC>av(ô;, devise du connétable.
A 4 kil. N. d'Ecouen (par la route B9tionale) est situé le Mesnil-Auhry, 370 hab., dont V église (mon.
hist,), bel édifice de la Renaissance, offre un magnifique mur latéral du XV*, et cons'erve d'anciens vitraux.
De la station d'Ecouen à celle de Dompnt, le chemin de fer laisse à dr. Ézanville, 150 hab.