STATION. — VILLIERS-LE-BEL
15 kil. de Paris, 4 kil. de Pierrefitte, 2 kil. d'Arnouville, 3 kil. de Gonesse. — Le village est à 3 kil. de sa station, à 1,200 met. d'Écoaen, à 2 kil. de la station et du village de Sarcelles.
ViUiers-le-Bel*, 1,735 hab., situé à g. (2 kil. 1/2), sur le premier plan d'une colline, était, au xii^ s., le fief d'une famille de chevaliers du nom de Lebel, vassaux de l'abbaye de Saint-Denis. Au xvi*^ s., cette sei-
gneurie fut possédée par tme branche de la maison de Montmorency; à l'époque de la Révolution, elle appartenait aux Condés.
L'église^ commencée, dit-on, dans les premières années du xii® s., par Radulph le Bel, fut alors donnée à l'abbaye de Saint- Victor, de Paris.
Toutefois les parties les plus anciennes de l'édifice actuel (le transsept à l'intérieur, le mur du bas côté S.
et la façade occidentale) datent seulement du XIII*. Le reste est du xvi® s., et certaines parties, notamment les arcs-boutants, offrent le style de la Renaissance. Le long du mur du bas-côté N., à mi-hauteur, règne intérieurement une frise de même style dont on ne s'explique pas l'existence.
Les orgues furent données à l'église en 1664 ; mais un des claviers, lé positif, date de 1789. L'ancien bourdon du clocher pesait 7,000 livres; en 1818, il se détacha de sa barre, effondra la voûte, brisa la chaire et tua trois ouvriers.
Exoarsion à Qonesse.
Gonesse, 2,526 hab., à 3 kiL E.
de la station de Villiersle-Bel (omnibus), sur la rive dr. du Crould, est un ch.-l. de c. dont la juridiction s'étend au S.-E. jusqu'au-delà de la Marne, sur des communes dont la plus éloignée, Noisy-le- Grand, est à une distance de 26 kil.
Gonesse appartenait en propre à Hagaes Capet. Philippe Auguste y naquit en 1165. François l*% voulant un jour tourner en dérision les longs protocoles de titres que Charles Quint joignait avec emphase à se.^ manifestes diplomatiques, se qualifia simplement, dans une réplique moqueuse , de « seigneur de Vanvres et de Gonesse. »
Au XIV* s., les pelleteries et draperies de Gonesse avaient à Paris une halle spéciale, très-achalandée par la cour et les riches bourgeois. Au xvi* et au XVII* s., les boulangers de Gonesse envoyaient tous les jours à Paris une quantité de pains blancs très-renommés, dont on attribuait la saveur à l'emploi des eaux du Crould.
DE PARIS A COMPIEGNE.
L^église (mon. hist.), restaurée en 1866, et de nouveau en 1872, après des dégâts causés par le siège de Paris, est un édifice assez original de la fin du xii® s. Elle se compose de trois nefs précédées de trois belles portes (celle de dr. est la plus mutilée), et d'une abside avec tribunes et déambulatoire, sans chapelles. Les huit travées de la nef devaient recevoir une voûte sexpartite, dont le projet fut abandonné dès le xiii* s., car on se contenta, à cette époque, d'établir un triforium à jour, qui ne pouvait nullement supporter une voûte en pierre. Les voûtes du chœur sont soutenues par des arcs-boutants.
Le clocher (xi° et xin® s.) est situé au S. du chœur. Au-dessous de cette tour, à l'intérieur, est un tableau sur bois du xvi® s. Les sculptures et les peintures du buffet d'orgues datent de la Renaissance (1508 et fin du xvi° s.).
Les omnibus qui desservent Gonesse vont jusqu'à (9 kil. de la station) Roissy, 826 hab., dont le château, presque entièrement détruit, appartint au banquier Law, puis à la famille Riquet de Caraman.
4« STATION. — GOUSSAINVILLE.
20 kil. de Paris, 5 kil. de Villiers-le-Bel, — Le village est à : 1 kil. de la station, 2 kil. du Tbillay, 4 kil. de Gonesse.
Goussainville, 546 hab., situé à dp. du chemin de fer, renferme une source d'eau minérale peu importante et une heUeéff lise de la Renaissance. Un nombre assez considérable de femmes s'y occupent de la fabrication des dentelles de fil et de coton.
Le Thillay, 555 hab., à 2 kil. S.
de Goussainville, à la source du Crould, possède un château du xviii® s. et une importante minoterie. LVglise, peu intéressante, ei^t de la fin du XVI® s. — Vaudherland, 56 hab., à 1 kil. E. du Thillay, ne mérite pas une visite. — Bouquevol , 126 hab., à 3 kil., et le Plessis-Gassot, 75 hab., à 4 kil. 1/2 de la station de Gous-
sainville, à rO., ne possèdent également aucune curiosité. Bouqueval a été en partie détruit durant le dernier siège de Paris.
Des voitures de correspondance conduisent de la station de Goussainville à (7 kil.) Mareil-en-France, par (4 kil.)Fontenay-lès-Louvres. — Fontenay, 512 hab., est signalé de loin par la flèche effilée, en ardoises, de sa curieuse église, injustement négligée par la Commission des monuments historiques. La porte occidentale de cet édifice rappelle d'une manière frappante, par ses proportions et les sculptures de son tympan, les portes latérales de la façade de Notre-Dame, à Senlis. Le tympan, empâté dans une couche épaisse de badigeon, a été mis à jour en 1875, ses ornements sont d'un grand caractère ; au XVI® s., une main qui n'était certes pas celle d'un archéologue y a écrit en chiffres arabes la date menteuse de 1309, qui ne peut se rapporter à aucune partie de l'église. Deux arcades aveugles accompagnent la porte ; cette disposition est assez rare aux environs de Paris. Les trois nefs sont dépourvues de voûtes et couvertes d'un toit unique qui cache extérieurement les fenêtres de la grande nef. Jadis la toiture des bas-côtés se composait d'une suite de pignons entre lesquels s'ouvraient ces fenêtres, percées à cheval sur l'axe des piliers. Une disposition semblable a existé à Fosses, près de la station de Survilliers (V.
ci-dessous), à Saint-Gervais de Pontpoint, à Terny, près Soissons, et dans plusieurs autres petites églises de l'Ile-de-France, de la Champagne et de la Picardie datant du xii® s. Le chœur de l'église de Fontenay fut construit, comme la nef, à la fin du XII® s., mais il a été complètement remanié et voûté au milieu du xiii* s.; le mur supérieur de l'abside et celui du déambulatoire, comprenant chacun trois pans coupés, ne sont que du xvi® s. (Renaissance). Le clocher, comme ceux de Gonesse et