‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 216 sur 562 · MONTATAIRE · texte numérisé non relu

MONTATAIRE

cernant du xv' s. Il appartient à M. le baron de Condé, qui l'a fait restaurer trës-habileruent. De la ler-

fort étendue sur la vallée de l'Oise, celle du Thêrain et les diverses lignes de chemin de fer qui aboutissent à Creil. Suivant la tradition locale. César, en entrant dans le Beniivaisis, se serait orrèté à Montataire pour ailmirer In vue que l'on

décoiivre de cet endro

en effei

l'Ermit

de Montataire. Cette église (mon. hist.) appartient à trois époques : le portail de la fncade et le portail latéral de dr. sont romans ; dans la nef, des chapiteaux historiés remontent au xii° s., ainsi qu'une cheminée qui servait à fiiire chauffer l'eau

du baptême', lorsque était administré par immersion. Le chœur et le clocher datent du xiii''a., ce dernier est couronné de quatre écbaueuetles. restes d'un ancien système de défense. Au ivi" s., Odet de Châtilton, évèque de Beauvals, célébra son mariage dans celte église , peu après avoir jeté bas sa mitre pour adopter les doctrines de la Réforme.

En arrivant à la gare couverte de Creil , on rejoint le chemin de fer

33 kil. de Compiègne.

Creil*, cb.-l. de c. de 4,998 hah., situé sur la rive g. de l'Oise, communique avec la rive dr. par nn pont dont le milieu repose sur une île.

Celte petite ville est le point de raccordement de cinq lignes de chemin de fer, venant: deux de Paris; une de l'Allemagne par Saint-Quentin et Compiègne; la quatrième de la Bel-

DE PARIS A COMPIEGNE.

^ique, par Douai et ValeDciennes ou par Lille et Roubaix, et de TAngleterre par Amiens et Boulogne, ou par Arras et Calais; la cinquième, «nfin, de Beau vais.

Creil, qui fait un commerce considérable de grains, de farines et de bestiaux, possède en outre des carrières exploitées et un certain nombre d^établissements industriels , entre autres une manufacture de faïence, façon anglaise, dont les produits annuels sont évalués à plus d*un million.

Au temps où Dagobert I*^ y possédait, assure-t-on, un château royal, Creil s'appelait Credulium, et ce nom se trouve encore dans les chroniques du ix* s. Creil fat à cette époque prise et dévastée par les Normands. En 1358, cette ville est occupée par le roi de Navarre; en 1435, après six semaines de siège, par les Anglais, dont elle devient la place d'armes, et qui en sont chassés par Charles VII, en 1441. En 1567, les calvinistes y pillent les églises.

La seigneurie de Creil, distraite du domaine royal par saint Louis , au profit de son fils Robert, dont la fille l'apporta en dot à Jean de Luxembourg, roi de Bohême, fit retour à la couronne sous Charles V, et désormais n'en fut plus séparée.

L*//e renferme quelques débris d'un château commencé en 1370 par Charles V, et achevé seulement à la fin du xv° s. ou même plus tard. Un pont que protégeait im fortin y donnait accès ; Tédifice, flanqué de nombreuses tours, offrait en avant-corps des pavillons d'habitation. Charles VI, pendant sa longue maladie, fut habituellement gardé dans ce <>hâteau, abandonné dans la suite, et démoli un peu avant 1789. L'île présente encore vers TE. un édifice mutilé, presque croulant, l'ancienne église canoniale de Saint -£vremond (mon. hist.), type très-pur du style ogival rudimentaire ; elle sert aujourd'hui de magasin à la manufacture de faïence; mais on obtient facilement la permission d'en visiter l'intérieur. Près de là, derrière la

mairie, subsistent les débris d'une tour ronde à créneaux.

L'église paroissiale se fait remarquer de loin par sa tour carrée, dont la flèche en pierre date de 1551.

Près de l'entrée, à dr., on aperçoit les vestiges d'une cheminée qui, comme celle de l'église de Montataire (F. ci-dessus, p. 287), servait autrefois à faire chauffer l'eau nécessaire au baptême par immersion.

La plus grande partie de l'édifice offre le style des xii®, xiii° et xv® s. L'intérieur est d'une bizarre irrégularité.

Presque au sortir de la gare de Creil, et après avoir croisé la route de terre de Paris à Amiens, le chemin de fer se bifurque. Le bras de g. remonte, jusqu'au-delà de Clermont, la vallée de la Brèche, petit cours d'eau qui coule à dr. de la voie dans des prairies' ombragées d'arbres. Le bras de dr. est celui que nous suivons. A g., près de l'embranchement, se montre Nogentles-Vierges (1,407 hab.), où Clovis campa, dit-on, et où les rois de la première race avaient, suivant Lebeuf, un palais dans lequel Thierry III fut surpris en 673 par Ébroin, révolté contre lui. On remarque à Nogent-les- Vierges , sur la route de Creil, l'ancienne maison de campagne de M. Houbigant, dont la façade principale est formée d'importants débris (arcades, médaillons sculptés, etc) du château de Sarcus, bâti au xyi° s. dans le village du même nom (arrondissement de Beauvais, canton de Grandvilliers) et démoli en 1834. M. Houbigant, mort il y a quelques années, a légué à la Société Académique de . l'Oise une riche collection d'antiquités celtiques, romaines et du moyen âge, trouvées dans le départ, de l'Oise.

Une grotte sépulcrale, contenant près de 200 squelettes, a été découverte, en 1816, à 600 met. de Nogent, au lieu dit le Retiro, et M. Houbigant a reconnu dans un marais voisin du village une voie romaine

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