‹ Les environs de Paris illustrésChapitre 226 sur 562 · SAINT-CORNEILLE-AU-BOIS. — PIERREFONDS · texte numérisé non relu

SAINT-CORNEILLE-AU-BOIS. — PIERREFONDS

boysnt. Enfin le clocher, trèE-élégant, est de 1552. Plusieurs pierres funéraires, notamment celle de Gautier Bardin , bailli de Vermandoia, et quelques vitrauï datent du xiv^ s.

Les fonU baptismaux, en marbre blanc, sont ornés de jolies sculp-

Au's. de l'é^liae. îl reste, des bâtiments du prieuré de Pierrefonds,

quelques arcades, et des caves toû-

muniquait, dit-on, avec le château primitif de Pierrefonds, mainlenaot détruit et qui , s'élevant i 300 met. du château actuel, occupait, sur le plateau qui domine l'église, l'emplacement de la ferme du Rocher.

Pour aller visiter le château, on prend à g., et l'on passe devantl'ft*!-

(eldes Ruines. Un peu au-dessus, on arrive au pied de l'escarpement du château ; deux chemins se présentent qui conduisent tons les deui sur la plate-forme, en contournant les hases de la forteresse ; le premier est escarpé et (aillé dans le roc : le second, d'une pente aisée, fait un plus long détour, mais aboutit seul à la porte principale.

arési- ; laju-

t fort étendue. . Presque

uen kPierrefoniis,

DE PARIS A COMPIEGNE.

droit de justice haute et basse ; un jugegruyer exerçait la police dans leurs bois, et ce juge avait sous ses ordres de nombreux sergents. La ligne directe des premiers seigneurs de Pierrefonds s'étant éteinte, les rois de Franco parvinrent à se rendre possesseurs de cette forteresse et à s'y faire représenter par des officiers de la Couronne. Philippe Auguste renouvela l'ancienne charte des bourgeois de Pierrefonds et fit cession d'une grande partie des bâtiments du château, qui tombait de vétusté, aux Bénédictins de Saint-Sulpice et de Saint-Mesmes , desservants de l'église. Ces religieux finirent par les posséder tous et les convertirent en ferme.

Le premier château de Pierrefonds avait été bâti au xi« s. Louis, duc d'Orléans, habile constructeur de forteresses, devenu seigneur de Pierrefonds, éleva, vers 1400, sur une autre assiette mieux choisie, le château actuel, qui dès lors fut cité comme une merveille. C'est, dit un historien du xv« s., « un chastel moult bel et puissamment édifié, moult fort défensable et rempli de toutes choses appartenantes à la guerre. »

En 1411, Bosquiaux, commandant du château, défendit Pierrefonds, au nom du fils du duc d'Orléans, contre les Bourguignons, qu'il repoussa ; plus tard, il le rendit moyennant 2,000 écus d'or comptant. A la paix, en 1413, le comte de Saint-Pol, auquel le château avait été remis en garde, dut le restituer au duc d'Orléans ; mais, celui-ci ayant refusé de lui rembourser aucune indemnité, au moment de rendre la place, Saint-Pol y alluma un incendie qui consuma une partie de la toiture et endommagea quelques tours. Bosquiaux reprit son commandement. Après divers exploits, ce capitaine dut céder Pierrefonds aux Anglais, qui lui permirent de se retirer dans le château délabré de Choisy-sur- Aisne. L'année suivante, il y fut assiégé par le duc de Bedfort, et s'y défendit jusqu'à l'extrémité ; il fut pris et mené à Paris, où ses ennemis le firent décapiter et ensuite écarteler. Le château de Pierrefonds , rendu à Charles Vil en 1429, puis réparé par Louis XII, tomba en 1588 au pouvoir des Ligueurs : le commandement en fut donne en garde par les Seize à un sieur de Rieux, personnage assez important pour avoir eu part aux souvenirs acrimonieux des autours de la Satire Ménippée. Il était à la tête d'une bande d'aventuriers avec lesquels U s'élançait de

temps à autre sur les troupes rojraliatea. Par ordre d'Henri IV, le duc d'Épemon assiégea, en 1591, le château de Pierre fonds et se retira sans l'avoir forcé. L'année suivante, le maréchal de Biron vint avec un train de grosse artillerie et tira 800 coups de canon contre les épaisses murailles de cetto forteresse sans être plus heureux; foudroyé par le feu des canons de Rieux, il se vit également contraint de se retirer. En 1593, Rieux faillit enlever Henri IV un jour que le roi était venu, mal accompagné, voir à Compiègne Gabrielle d'Estrées. Rieux, surpris lui-même par un détachement de la garnison de Compiègne, dans une embuscade où il attendait, pour les piller, deux voitures publiques, fût pendu à Compiègne et remplacé, au nom de la Ligue, par un nouveau gouverneur qui vendit le château à Henri IV. Sous Louis XIII, la défense du château de Pierrefonds avait été confiée par le parti des Mécontents à un capitaine du nom de Villeneuve qui, manquant de vivres, se mit, comme précédemment Rieux, à rançonner le pays, à piller les coches de Normandie, de Flandre et de Picardie. Des plaintes arrivèrent de tous côtés au conseil du jeune souverain. Il envoya le comte d'Angouléme, gouverneur de Compiègne, assiéger Pierrefonds. Le comte, à la tête d'une petite armée, ouvrit le , feu d'une manière si habile, qu'une partie du donjon ne tarda pas à s'écrouler. Villeneuve, qui jusque-là se confiait à la solidité des murs, s'effraya de cetto chute inattendue et battit la chamade. Ordre fut envoyé au comte d'Angouléme, l'année suivante, de renverser une forteresse trop souvent occupée par des rebelles.

Mais la solidité et l'épaisseur des matériaux opposèrent une telle résistance, qu'il fallut se contenter d'enlever les toitures et d'entailler çà et là les murs et les tours (1622). Ces ruines, qui, au moment de la Révolution, appartenaient à la maison d'Orléans, furent vendues en l'an XII pour la somme de 8,100 fr. Napoléon les fit racheter, en 1813, pour 12,750 fr. Elles appartiennent encore au Domaine.

Depuis le commencement de Tannée 1858, sur l'ordre de Napoléon III, la restauration du château de Pierrefonds a été entreprise. Les travaux, conduits d'abord avec lenteur, ont été poussés très-activement de 1865 à 1869 et de 1872 à 1877. La grosse maçonnerie est terminée. II ne reste qu'à décorer quelques salles dans leur style primitif et à rétablir les lices.

Le ohMsan da Herrelondi {Veuceinte principale) forma un quadrilatère irrégulier de 6,270 met. de surface, présentant au milieu et aux angles de chaque front de grosses tours de défense, et séparé au S.

par UD fossé du plateau dont il occupe reitréinité. Cette partie S., pour le dire dès mainlenant, est la partie faible, en ce que les approches ea sont faciles pour battre la

place avec le canon et la réduire

par des feux convergenle. Au N., à l'E. et & l'O., le cbâteiLU domine au contraire des escarpements assez prononcés au bas desquels s'étend le bourg de Pierrefonds. Deux portes donnent entrée du dehors dans la baille ou basse-cour, au S., qui renferme des communs. L'une de ces portes, accessible seulement pour des personnes fipied,ests)1uéeauS.;

l'autre, principale, et s'ouvpant au S.-B., conduit à une lice qui se replie sur elle-même autour d'une muraille au pied des défenses du flanc E. Arrivé dans la basse-cour, on doit franchir une porte sous un ouvrage avancé, puis un pont de bois soutenu par deux piles, pour atteindre les ponts-levis d'une porte et d'une poterne. L4 on est dominé à dr. par une des grosies tours du donjon, et à g. par une tour de guel.

Le donjon, à trois étages sur rexde-chaussëe. présente la ligure d'un irapèie. La grosse tour demi-cylindrique dont nous venons de parler, la tour cylindrique qui flanque l'an-

dans l'enceinte, dépendent du donjon, auquel on accède par un beau perron, surmonté de la tourelle d'es-

Au milieu du front oriental, une des (ours renferme les deux étages

DE PARIS A COMPÏEGNE.

d'une chapelle très-originale et d'un fort beau style, signalée au loin par le groupe de Saint-Michel, en cuivre repoussé, qui couronne sa toiture ; les côtés N. et 0. étaient occupés par de vastes corps de logis, et la tour du S.-O., près de la salle où se rendait la justice, renferme les oubliettes, dont M. VioUet-le-Duc lui-même reconnaît ici l'existence.

Les parapets des remparts présentent deux étages de défenses, et le sommet des tours est garni de deux ou trois rangs de créneaux.

Sur le front antérieur du château, deux statues de grandeur naturelle figurent V Annonciation; neuf autres statues, qui ornent les tours, représentent les neuf Pretix. Les neuf Preuses étaient sculptées sur la cheminée de la grande salle.

Napoléon III avait établi à Pierrefonds sa magnifique collection d'armes; elle lui fut partiellement restituée en 1 87 1 et sa famille la possède aujourd'hui.

Pierrefonds possède une source d'eau minérale hydrosulfatée, hydrosulfurique calcaire, dont la température est de 9^50 à 10® centigrades.

Cette eau sort de terre avec une certaine abondance par plusieurs orifices, à l'extrémité d'un petit lac.

Très-limpide à son point d'immergence, elle aune odeur et une saveur sulfureuses ; elle devient lactescente à l'air, en se décomposant et laissant précipiter du soufre. On la réchauffe artificiellement pour les bains et les douches; cette opération, habilement conduite, ne lui fait presque rien perdre de ses principes.

L'eau de Pierrefonds s'emploie en boisson, bains, douches, vapeurs fumigatoires, inhalations respiratoires. Elle réussit principalement dans les affections de la peau ou des muqueuses, dans les engorgements abdominaux, les rhumatismes, les maladies de l'appareil respiratoire, et notamment dans le catarrhe chronique du larynx et des bronches.

L'analyse faite par M. 0. Henry

pour un litre d'eau de Pierrefonds a donné les résultats suivants >:

Azote traces.

Acide sulfhydrique libre 0» , 0022

— carbonique libre indét.

Bicarbonate de chaux I q 2400

— de magnésie \ *

Sulfure de calcium 0 , 0156

Sulfate de chaux I q osoO

— de soude i '

Chlorure de sodium I q 0220

— de magnésium } '

Sel de potasse . , \

Acide silicique et alumine. > 0 ,0300

Fer, matière organique l

Médecin inspecteur, M. Sales-Girons.

Au N.-E. de Pierrefonds s'étend le mont Berny, sur lequel des fouilles récentes ont fait découvrir les restes très-curieux d'un petit oppidum gaulois.

Page 1